Swatch s’offre un centre futuriste et 100% durable

HorlogerieSwatch Group installe sa marque phare dans un écrin couplé à la Cité du Temps et au nouveau siège d’Omega.

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Le Swatch Group bénéficie-t-il d’une «ligne directe avec le ciel», comme l’a dit sa présidente Nayla Hayek, ce jeudi lors de l’inauguration à Bienne du nouveau siège de sa marque phare, Swatch? Ce qui est sûr, c’est qu’il a un sens certain du timing, ce qui est la moindre des choses pour un groupe horloger: entièrement durable, neutre en CO2, le bâtiment conçu par l’architecte japonais Shigeru Ban ne pouvait mieux s’intégrer dans l’esprit du moment. «Mais nous n’avons pas attendu que ça soit à la mode, a-t-elle poursuivi, car les premiers plans datent d’une dizaine d’années déjà».

Le bois, matériau roi

Pour ce qu’il appelle «le projet de sa vie», l’architecte a privilégié son matériau fétiche, le bois. «C’est la seule matière vraiment durable, contrairement à l’acier ou au béton, dépendant de ressources limitées». Au total, ce sont 4600 éléments en épicéa 100% suisse qui confèrent au siège de Swatch sa forme serpentine et ludique. «Nous voulions quelque chose de monumental, mais qui n’écrase pas le visiteur, un bâtiment qui soit en rupture avec le monde actuel, où l’on nous parle sans cesse d’intelligence artificielle, a précisé Nick Hayek, président de la direction générale du groupe. Nous avons privilégié l’authenticité, l’émotion et le savoir-faire des artisans».

220 millions de francs

De fait, au terme de huit années d’études, cinq ans de travaux, et 220 millions de francs dépensés («Dans les temps et dans le budget!» ajoute Nick Hayek), le bâtiment de Swatch, qui a coûté à lui seul 125 millions, rassemble sur 240 mètres de long, 35 de large et 27 de haut, la quintessence de ce qui se fait de mieux en matière de construction durable. Outre les 1997 m3 de bois (qui ont «repoussé» en deux heures dans les forêts suisses), le chauffage et la climatisation sont entièrement assurés par un système de pompage des eaux souterraines de la Suze.

Photovoltaïque

Ce système alimente aussi bien le siège de Swatch que les deux autres éléments du complexe, à savoir le nouveau bâtiment d’Omega et la Cité du Temps qui lui font face, reliés entre eux par une passerelle fixée à un renflement en mosaïque composé d’environ 1,5 million de tesselles. Le concept est couplé à l’énergie solaire, avec 442 panneaux incurvés intégrés à la structure en alvéoles de la façade. Au total, 1770 mètres carrés de surface photovoltaïque qui génèrent 212,3 MWh d’électricité par an, soit la consommation de 61 ménages.

Hommage au père

Les éléments en nid d’abeille, certains translucides, d’autres opaques, d’autres encore transparents, confèrent une grande luminosité aux quelque 25'000 m2 de surface utile, répartis sur cinq étages. Les finitions sont dans le même ordre d’idée, avec 120 arbres nouvellement plantés (il y a même cinq oliviers noirs du Mexique installés intra-muros) et des stations de location de vélos, le tout dans une zone 30 à l’heure. «Nous avons respecté l’esprit de notre père (réd: Nicolas G: Hayek), qui a commencé à réfléchir dans ce sens avec Shigeru Ban dès 2004», a tenu à rappeler Nayla Hayek. Cette collaboration avait déjà donné naissance en 2007 au Nicolas G. Hayek Center de Tokyo.

La Swatch a sauvé la branche

Le siège de Swatch présente à l’interne des aires ouvertes, ou «open spaces» en bon français, qui ont la particularité d’offrir un réel espace. Salles de conférences, alcôves de réflexion, et même un escalier qui ne mène nulle part reflètent le caractère iconoclaste de la marque. «N’oublions pas que sans Swatch, le groupe n’existerait pas, et peut-être même que l’horlogerie suisse aurait disparu», a lancé Nick Hayek. Cette journée était aussi l’occasion d’ouvrir officiellement les portes des musées consacrés à Omega et Swatch (voir encadré), dans la Cité du Temps.

Croissance satisfaisante

Ce projet se veut «un message à l’international», a-t-il ajouté. Un optimisme affiché alors même que l’une des principales portes d’entrée du marché asiatique, Hong Kong, connaît des turbulences qui mettent en péril l’univers du luxe. «On ne peut rien faire d’autre qu’attendre en espérant que la crise se résorbe, comme pour le Brexit. Mais il ne faut pas que cela occulte les 95% du marché qui connaissent une bonne croissance, aux États-Unis, au Japon ou en Europe». Nick Hayek a par ailleurs salué les jeunes qui viennent travailler à Bienne, «aimantés par la créativité qui règne ici», et souhaité une meilleure visibilité pour la ville. En lançant une petite pique au passage sur «l’absence d’hôtels convenables» pour accueillir les séances du groupe ou les visiteurs que ce centre ne manquera pas d’attirer.

Créé: 03.10.2019, 23h17

Un musée Swatch pour 6234 modèles

La Cité du Temps, couplée au siège de Swatch, abrite aussi deux musées qui ouvraient officiellement leurs portes ce jeudi, l’un consacré à Omega, l’autre à Swatch.

La petite montre en plastique, née le 1er mars 1983, bénéficie d’une mise en scène très colorée, à son image. Sur les 9154 modèles qui ont vu le jour en 36 ans, 6234 sont exposés, les autres sont visibles virtuellement. «Depuis des années on nous réclamait un endroit où elles seraient toutes réunies, c’est désormais chose faite avec le Planet Swatch», s’est réjoui le directeur de la création de Swatch, Carlo Giordanetti.

I.R.


Planet Swatch relate trente-six ans de folle créativité. Photo: Swatch

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