Une start-up lémanique s'attaque aux pollens grâce au laser

Nouvelles technologiesDomiciliée à Genève, Plair SA a séduit un institut de recherche catalan juste après un séminaire à l'EPFL.

Genève, le 11 janvier 2016. Plan-les-Ouates. Société Plair SA: rencontre avec Denis Kiselev, directeur général, et Svetlana Afonina, directrice du marketing et au centre le détecteur Plair PA-300.

Genève, le 11 janvier 2016. Plan-les-Ouates. Société Plair SA: rencontre avec Denis Kiselev, directeur général, et Svetlana Afonina, directrice du marketing et au centre le détecteur Plair PA-300. Image: Laurent Guiraud

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Plair SA, domiciliée à Genève, n’a vu le jour dans le Registre du commerce que le 15 août 2014. Avec un capital de 100 000 francs. Et cette jeune pousse de l’économie lémanique semble avoir déjà atteint l’âge de raison. Ce spécialiste de la surveillance de la qualité de l’air vient en effet de remporter une toute belle victoire, au terme d’une procédure d’appel d’offres public en Catalogne.

Plair SA retient en fait déjà l’attention du monde entier avec sa création: le PA-300. Cet engin intègre sa propre technologie laser, une bibliothèque de particules, un système de traitement de données et un tableau de bord en ligne. Doté de ces attributs, le PA-300 démontre actuellement ses talents contre une première cible: les pollens.

Ce détecteur compte et identifie déjà instantanément les diverses espèces polliniques avec une précision presque absolue (supérieure à 99%) et une sensibilité d’une particule par mètre cube d’air. Après avoir pu lui-même observer ces performances, l’Institut catalan des sciences du climat (IC3) vient de faire son choix: il a adopté le PA-300 pour mener ses recherches sur la propagation des microparticules biologiques dans l’air, liées aux effets climatiques.

Au secours de MétéoSuisse

Vu ses propres difficultés, MétéoSuisse avait manifesté un intérêt dans le même sens déjà en décembre 2014: «L’analyse manuelle du pollen au microscope correspond encore à la norme actuelle. Mais ce processus s’avère très chronophage. Afin de pouvoir à l’avenir délivrer des données en temps réel, MétéoSuisse a testé différents prototypes et décidé de poursuivre les essais avec un système prometteur, basé sur la diffusion laser et la fluorescence induite (ndlr: le PA-300). Les particules passant dans un flux d’air sont ainsi excitées par des faisceaux lasers et les grains de pollen, ainsi que d’autres particules, sont identifiés d’après leurs caractéristiques spécifiques. Si les essais sont concluants, il est possible que ce système puisse devenir opérationnel d’ici à quelques années.»

Et aujourd’hui l’heure semble à la satisfaction dans cet office dépendant du Département fédéral de l’intérieur. «Après plusieurs années d’attente et de tests, nous sommes heureux de disposer du PA-300. Cet outil révolutionne l’observation des pollens présents dans l’air grâce à son système de surveillance automatique et en temps réel. Les autres systèmes existants font appel à une collecte d’échantillons et à une longue identification des pollens au microscope. Le PA-300 offre en outre la possibilité de détecter simultanément différentes sortes de particules. Cette perspective ouvre un immense champ d’applications», se félicite Bernard Clot, spécialiste de MétéoSuisse.

Curieuse coïncidence ou prélude opportun? Benoît Crouzy, collaborateur scientifique chez MétéoSuisse, avait justement organisé un séminaire au sujet du PA-300 en octobre dernier, à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne). Les deux fondateurs de Plair SA, les docteurs Denis Kiselev et Svetlana Afonina ne voient en tout cas aucune raison de limiter leurs ambitions aux seuls pollens: «Les utilisateurs de notre détecteur peuvent développer leurs propres bibliothèques de particules grâce à la souplesse de cette technologie. Le PA-300 a d’ailleurs prouvé sa capacité à différencier divers polluants atmosphériques.»

Premiers postes créés

L’heureuse aventure de Plair SA confirme en outre le bien-fondé des espoirs de coopération fructueuse entre des entrepreneurs visionnaires et les pouvoirs publics. Le prototype du PA-300 a en effet été conçu à l’Université de Genève, avec le concours du Canton et de la Commission pour la technologie et l’innovation (organisme lié à l’administration fédérale).

La firme genevoise compte engager deux stagiaires et un ingénieur en informatique, ou en mécanique électronique, cette année. (24 heures)

Créé: 11.01.2016, 16h05

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