Airbus Group se réorganise à l'interne

AéronautiqueLe groupe va fusionner sa branche d'aviation commerciale.

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Airbus Group a engagé une nouvelle étape de réorganisation.

Celle-ci prévoit une fusion avec sa branche d'aviation commerciale et une seule dénomination, «Airbus», pour toutes les divisions, afin de gagner en «agilité» et en efficacité.

«La fusion entre Airbus Group et Airbus est le prélude à une refonte structurelle qui simplifiera la gouvernance de notre entreprise, a déclaré Tom Enders. Elle supprimera également les duplications et améliorera la productivité, tout en poursuivant l'intégration de l'ensemble du groupe».

Possible restructuration

Cette réorganisation pourrait s'accompagner de suppressions de postes. «Vous n'excluez jamais rien quand vous parlez d'efficacité et de synergie», avait déclaré M. Enders à l'AFP le 19 septembre.

Le dirigeant allemand prendra la présidence exécutive (CEO) de la société. Fabrice Brégier, le patron de la branche d'aviation commerciale, prendra de nouvelles fonctions de directeur des opérations (Chief Operating Officer, COO) en plus de celles actuelles de président d'Airbus Commercial Aircraft.

M. Brégier supervisera la digitalisation des opérations, la chaine d'approvisionnement (supply chain) et la qualité.

Les deux autres divisions, Airbus Defence and Space et Airbus Helicopters, dirigées par Dirk Hoke et Guillaume Faury, «bénéficieront largement de cette fusion par un soutien commercial plus ciblé et des coûts réduits», a assuré Tom Enders.

Nouveau nom au 1er janvier

Le changement de nom prendra effet le 1er janvier 2017. Les détails de la fusion et ses répercussions doivent à présent faire l'objet de discussions avec les partenaires sociaux de l'ensemble du groupe et dans ses différents pays.

Cette nouvelle étape de la réorganisation du géant de l'aéronautique s'inscrit dans la continuité du processus lancé en 2012 pour parvenir à davantage d'intégration. Il s'agit de gagner en «agilité», a expliqué une source en interne.

Le groupe a déjà regroupé les directions des ressources humaines et financières et a établi son siège à Toulouse.

L'échec de la fusion avec le britannique BAE Systems en 2013 a ouvert une nouvelle étape avec la refonte de la gouvernance et de l'actionnariat, conduisant à réduire l'influence des Etats, la France et l'Allemagne notamment, et portant le flottant en Bourse à plus de 70 %.

A l'époque, le groupe avait abandonné l'acronyme EADS (European Aeronautic Defence and Space company) au profit d'Airbus Group.

Resserrer les liens

«Nous resserrons les liens de la Team Airbus, reconnaissant que notre division 'Commercial Aircraft' est de loin celle qui contribue le plus au chiffre d'affaires et aux résultats financiers de l'entreprise», a expliqué Tom Enders, en insistant sur la numérisation des processus opérationnels et des outils de l'entreprise.

Airbus, qui assemble les A320, A350 et autres A380, contribue à environ 70% des revenus du groupe. C'est Airbus qui en a fait un géant rivalisant avec son concurrent américain Boeing.

Mais le groupe, malgré un carnet de commandes record représentant 8 à 10 ans de production, doit réduire ses coûts alors que la branche hélicoptères souffre de l'atonie du marché et que deux de ses programmes phare affectent ses comptes.

L'A400M lui a valu près de deux milliards de provisions ces deux dernières années et l'A380 peine à se transformer en succès commercial. Le «Super Jumbo» va de nouveau plomber les comptes à partir de 2018 au moins, avec une réduction de la cadence de production des appareils à un par mois, contre plus de deux par mois en 2015.

Rationalisation

Tom Enders entend donc «délivrer un niveau de performance supérieur», «rationaliser» les structures internes et instaurer «une organisation plus simple et plus efficace» avec «moins de bureaucratie, une collaboration plus étroite et des processus plus rapides».

Reconnaissant que ce processus «peut inquiéter certains» en interne, il a tenu à rassurer en promettant «une approche constructive et responsable, dans le plus grand respect du dialogue et des pratiques sociales auxquels nous restons profondément attachés», dans un mémo aux salariés dont l'AFP a obtenu copie.

Tom Enders avait lui-même suscité ces inquiétudes en lâchant il y a quinze jours ne rien exclure en réponse à une question sur d'éventuelles suppressions de postes.

«Il semble évident que cette fusion aura des impacts potentiellement importants pour les salariés concernés», a donc logiquement réagi à ces annonces le syndicat Force ouvrière.

CFDT et CFE-CGC ont également fait part de leur «inquiétude» quant aux conséquences sociales à venir. La CFDT a critiqué «une transformation à marche forcée (qui) conduit aujourd'hui la majeure partie des salariés, quel que soit leur niveau hiérarchique, à se trouver désorientés», la CFE-CGC prévenant qu'elle «ne comprendra(it) pas que cette restructuration soit dictée par un seul objectif d'économies à présenter à nos actionnaires». (ats/nxp)

Créé: 30.09.2016, 09h00

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