Daniel Vasella reconnaît avoir commis des erreurs évitables

AG de NovartisDaniel Vasella, président sortant de Novartis, a reconnu vendredi devant les actionnaires du groupe bâlois avoir commis des erreurs dans la cadre de la prime de 72 millions que le laboratoire avait prévu de lui verser.

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Les débats de l'Assemblée générale n'ont pas été aussi houleux que prévu.

Très attendue dans le contexte de la votation populaire sur les salaires abusifs du 3 mars prochain et la prime controversée que Novartis souhaitait offrir à son président sortant, l'assemblée générale de géant pharmaceutique a tout au plus donné lieu à quelques escarmouches. Une vingtaine de petites actionnaires ont ainsi critiqué dans la salle St-Jacques de Bâle le parachute doré de Daniel Vasella.

Mais l'homme fort de Novartis a su faire front aux reproches, laissant entendre que ces derniers, tout comme la polémique suscitée par la prime de non concurrence, l'avaient toutefois atteint. Devant les 2688 actionnaires représentés, le Fribourgeois, 60 ans en août prochain, a ainsi reconnu avoir «commis deux erreurs évitables».

Pour mémoire, après avoir confirmé il y a une semaine qu'il se verrait bien verser au total 72 millions de francs pour qu'il ne travaille pas pour la concurrence six ans durant après son départ de Novartis, Daniel Vasella avait indiqué qu'il ferait don de tout ou partie de cette somme. Mais face au tollé suscité par cette prime, le Fribourgeois y avait renoncé mardi passé.

Autocritique

La première erreur a consisté à accepter l'accord sur ce versement, a admis Daniel Vasella. La seconde est d'avoir cru que de verser le montant prévu à des oeuvres de bienfaisance serait salué par l'opinion publique.

Si plusieurs petits actionnaires se sont montrés sensibles à l'autocritique et à l'empathie affichées par Daniel Vasella, la plupart n'ont pas manqué d'appeler à voter le 3 mars pour l'initiative du conseiller national schaffhousois indépendant Thomas Minder visant à limiter les salaires des managers. Le président sortant de Novartis a contesté avoir apporté un quelconque soutien à ce texte.

Acceptant néanmoins les critiques et assumant sa responsabilité, Daniel Vasella a fait remarquer que l'initiative Minder bénéficiait déjà de l'opinion favorable d'une majorité de la population avant la polémique. L'assemblée n'aura ainsi pas donné lieu au tumulte attendu, quelques rares sifflets se faisant entendre durant la réunion.

Présentant Daniel Vasella comme l'icône des excès salariaux, un petit actionnaire a reproché à l'homme fort de Novartis de s'être au final confectionné pour lui-même ce parachute doré. D'autres ont critiqué le fait qu'il ait accepté autant d'argent. Une participante a elle appelé les dirigeants d'entreprises à ne pas céder à la «fascination de l'argent».

Pas de surprises

A l'origine de la fusion entre Ciba-Geigy et Sandoz, Daniel Vasella, est monté en puissance dans Novartis qu'il a dirigé de 1996 pour exercer ensuite en parallèle le mandat de président du conseil d'administration de 1999 à 2010. Le président sortant a mainte fois relevé que les actionnaires ont aussi largement profité des gains de cours et de dividendes ces dernières années. «Pour le reste, je vous laisse seuls juges».

Outre le conseil d'administration, Daniel Vasella a aussi reçu des lauriers de la part d'autres actionnaires, louant son travail dans l'expansion du groupe et les services «inestimables» rendus à la recherche pharmaceutique. Son engagement social avec la création de la Fondation Novartis a également été souligné.

Au final, les votes n'ont donné lieu à aucune surprise. La recommandation d'Actares de refuser la décharge aux organes dirigeants de Novartis est ainsi restée lettre morte, les propriétaires de la multinationale l'accordant à une majorité de 93,3% des suffrages. Le camp des opposants n'a réuni que 5,1% des voix et celui de l'abstention 1,6%.

Les actionnaires ont aussi accepté sans sourciller dans le cadre d'un vote consultatif le nouveau système de rémunération pour la direction générale de Novartis, malgré les critiques de la Fondation Ethos.

Succession entérinée

Et ils n'ont pas non plus marqué d'hésitation pour élire Jörg Reinhardt président du conseil d'administration. Agé de 56 ans, l'Allemand reprendra le 1er août prochain le fauteuil occupé par Daniel Vasella jusqu'à ce vendredi.

Longtemps pressenti pour succéder à ce dernier à la direction du groupe, puis écarté par l'Américain Joe Jimenez, il avait rejoint Sandoz en 1982, avant d'occuper divers postes à responsabilité croissante au sein de Novartis depuis 1996. (ats/nxp)

Créé: 22.02.2013, 10h22

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