Avenir incertain pour le site Vetropack de Saint-Prex dès 2018

Industrie du verreLe verrier suisse le plus important devrait encore produire sur son site historique. Tant que le four tiendra.

Fabrication de bouteilles chez Vetropack à Saint-Prex.

Fabrication de bouteilles chez Vetropack à Saint-Prex. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’avenir de l’industrie lourde est toujours plus bouché en Suisse, notamment à cause du franc fort, qui a donné un coup d’assommoir supplémentaire à sa compétitivité. L’usine de fabrication de bouteilles et de récipients en verre Vetropack à Saint-Prex en fait l’amère expérience.

Il est possible que la fabrique ferme ses portes autour de 2018, si la direction estime que la construction d’un nouveau four ne pourra pas être rentabilisée pendant sa durée de vie, qui s’étend sur une dizaine d’années. «Le four actuel tient sûrement jusqu’autour de 2018. Nous devrons ensuite prendre la décision d’y construire ou non un nouveau», a expliqué hier en marge de la conférence de presse annuelle Claude Cornaz, directeur et copropriétaire majoritaire de Vetropack avec les autres descendants de la famille fondatrice.

D’ici là, les mesures de réduction des coûts vont «non seulement se poursuivre, mais encore se renforcer», a poursuivi le directeur. Mais à quel rythme? Claude Cornaz n’a pas voulu fournir de chiffres, ni sur l’effort consenti en 2014 par les 204 employés, ni sur celui prévu pour l’année en cours.

«Encore presser le citron»

Malheureusement, il n’est pas certain que cela suffise. «Nous allons devoir encore presser le citron, mais il arrive un moment où il n’y a plus de jus dedans», a commenté le directeur. Alors, la fermeture de Saint-Prex pourrait être envisagée. «Même si cela serait très difficile à faire pour des raisons historiques et sentimentales,nous avons en fin de compte aussi une responsabilité d’entrepreneur», a précisé Claude Cornaz, durant l’apéro qui a suivi la présentation. Le groupe Vetropack est géré depuis Bülach, dans la campagne zurichoise. Son siège juridique se trouve toujours au bord du lac Léman, à Saint-Prex.

Double effet négatif

De quoi va souffrir Vetropack, qui détient la moitié du marché du verre en Suisse? En fait, la baisse de la valeur de l’euro va avoir un double effet négatif sur le verrier, qui «réduit à néant les baisses de coûts réalisées»: il va rendre encore meilleur marché les importations de ses concurrents les plus directs (le français Saint-Gobain, et l’américain Owens Illinois) vers la Suisse, et dans l’autre sens renchérir les exportations de la Suisse vers les autres pays limitrophes. Quoi qu’il arrive, la transformation du site historique de Saint-Prex en une plate-forme de revente est déjà amorcée. La filiale suisse importe des usines avoisinantes, d’Autriche par exemple, le verre de couleur brun et blanc, qu’elle produit moins. Contrairement aux autres sites de Vetropack qui en possède de deux à trois, «Saint-Prex ne possède qu’un four, pour autant de personnel» que les autres, a expliqué le directeur financier, David Zak. Cela réduit sa flexibilité.

Créé: 25.03.2015, 07h50

Articles en relation

Le bénéfice de Vetropack pénalisé par le climat économique

Emballages Le fabricant valdo-zurichois de bouteilles et récipents en verre a vu l'an dernier son bénéfice net fléchir de 7,2 millions de francs par rapport à 2013, à 49,2 millions. Plus...

Légère baisse des résultats en Suisse

Vetropack Suisse a enregistré une baisse de ses recettes de 2,2% à 87,6 millions de francs en 2014. La filiale suisse a dû faire des concessions sur les prix. Les volumes ont reculé de 8,6%, mais le nombre de pièces vendues est resté stable. En plus des problèmes de rentabilité, elle souffre de «l’embouteillage de vin, qui a toujours davantage lieu sur le lieu de vendange et toujours moins en Suisse», a expliqué le directeur financier David Zak.
Le groupe aurait connu une forte croissance, hors effets négatifs de taux de change, pour un chiffre d’affaires qui s’est affiché in fine à 603,7 millions de francs (–2,8%). Le résultat net a perdu 8,2% à 49,2 millions. Très solidement financé, Vetropack «veut gagner des parts de marché par acquisition, même en Europe de l’Ouest dans les pays limitrophes», a dit son directeur Claude Cornaz. T.T.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.