Avec ses bagues design, Mood s’ouvre un vaste marché mondial

Success-storyLa PME d’Orbe a réalisé une forte croissance en 2018. Son atelier de manufacture a doublé de surface

Stéphanie Pousaz et Arlette Bélat, les deux associées qui ont donné une nouvelle dimension à la marque Mood

Stéphanie Pousaz et Arlette Bélat, les deux associées qui ont donné une nouvelle dimension à la marque Mood Image: Jean-Paul Guinnard

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Au départ, la bague Mood était une création artisanale contemporaine personnalisée vendue sur commande. Aujourd’hui, la PME installée dans la zone industrielle d’Orbe, qui vient d’agrandir sa manufacture, est une entreprise en forte croissance qui affiche des ambitions mondiales. La recette de son succès? Une combinaison de marketing et de vente sur internet, une large communauté de fans et de suiveurs sur les réseaux sociaux qui s’identifient fortement au produit et un réseau de boutiques en plein développement permettant aux amateurs de ce «bijou intemporel et androgyne» de le découvrir «dans sa réalité physique». Chose singulière: la marque compte cet unique produit, la bague, qui se décline en de multiples collections.

Dans la manufacture, à Orbe.

Espoirs dépassés

Stéphanie Pousaz et Arlette Bélat, les deux associées qui ont repris en 2013 l’entreprise lancée neuf ans plus tôt par Cédric Chevalley – l’artisan-créateur de la bague interchangeable et personnalisable Mood – n’en reviennent pas de cette réussite. Les résultats dépassent de loin leurs espoirs, démontrant la justesse de leur pari de miser sur «un modèle d’affaires à contre-courant de ce qui se pratique sur le marché aujourd’hui».

Alors que le fondateur avait choisi d’écouler sa production en ligne en plus de sa propre galerie de bijoux, elles n’ont pas hésité à créer un réseau de boutiques en nom propre, à l’image de grandes marques de montres. Un pari osé de la part des deux femmes à l’heure où internet bouleverse les modes de consommation traditionnels, remettant même en question l’existence de magasins chez des marques de luxe.

«On avait le désir de pousser les limites en créant un magasin avec la seule marque Mood pour un seul type produit, mais qui se décline en milliers de possibilités à travers des gammes homme, femme, jeune, moins jeune, etc. explique Stéphanie Pousaz. Il y en a pour tout le monde, c’est pourquoi les gens se retrouvent autour de cette bague. On a réussi à créer une communauté de clients qui partagent une addiction pour la marque.» Selon elle, la croissance élevée de la société tient aussi à sa capacité à sortir de nouvelles collections chaque semaine, calquées sur des événements d’actualité ou sur le calendrier, créées par les bijoutières et les collaborateurs de la maison, et inspirées aussi par les clients eux-mêmes.

La base de la bague est faite d’un anneau simple en acier, sur lequel vient se greffer une pièce amovible de matériaux divers (du bois au diamant) et de designs personnalisés. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 3000 bagues, dont un tiers manufacturées, qui sortent chaque semaine des ateliers du Nord vaudois où elles sont assemblées – avec des éléments d’une trentaine de sous-traitants – ou travaillées par l’équipe d’artisans de l’atelier.

Dans cette zone d’industries multiples à Orbe, on découvre une manufacture digne des horlogers de la Vallée avec ses établis où les bijoutières façonnent le métal, liment, soudent, gravent ou sertissent des diamants sur les modèles les plus luxueux. Le prix moyen des bagues Mood se situe entre 150 et 200 fr. Les alliances ou les pièces avec diamants valent près de 5000 fr., et des bijoux d’exception montent jusqu’à 18 000 fr. L’an dernier, la société a vu ses ventes bondir de presque 70% par rapport à 2017, pour atteindre un chiffre d’affaires de 6,1 millions de francs. Celui-ci était dix fois inférieur en 2015, année où l’entreprise a ouvert le premier de ses cinq magasins à Orbe, avant d’en lancer un second l’année d’après à Martigny. Bien que la marque compte différents partenaires de vente en Europe, en Australie et en Amérique du Nord, fin 2016, un premier Mood Store est ouvert à l’étranger, à Barcelone. Peu après, c’est Carouge puis, il y a six mois, la griffe vaudoise débarque dans la banlieue de Zurich avec un show-room. En juin, elle s’installera face à la gare, dans une boutique toute neuve, à côté du premier shop Google!

Expansion fulgurante

L’entreprise compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs – il y avait un seul employé en 2015! –, dont une vingtaine dans la zone des Ducats, à Orbe. Ce développement fulgurant a été entièrement autofinancé grâce aux ventes. Ayant été embarquée dans l’aventure dès le début, Stéphanie Pousaz, spécialiste de marketing et de communication, dit prévoir deux ou trois ouvertures de boutiques cette année, en priorité en Allemagne et en Italie. 2019 sera aussi une année charnière où la société veut redéfinir sa stratégie d’expansion, bien que sa direction, qui estime «la croissance bien maîtrisée», vient de se renforcer avec deux nouveaux responsables. Chaque ouverture, dit-elle, représente une forte charge d’énergie pour l’équipe, au niveau logistique, stocks ou engagement de personnel.

Tout comme Stéphanie, Arlette Bélat, ancienne championne de natation synchronisée, designer d’intérieur et créatrice d’une ligne de bagagerie, ne s’imaginait pas destinée à diriger une fabrique de bagues. Mais la responsable de production dit partager la même faculté d’entrepreneure que sa collègue: la débrouillardise! Il faut dire qu’après avoir approché des stars du monde des sports extrêmes, la griffe Swiss made a réussi à se faire remarquer dans le showbiz à Hollywood!

Toutes deux affichent ainsi des ambitions sans frontières pour l’expansion de leur société. L’an dernier, celle-ci a acquis le statut de société anonyme, complété par celui de holding, afin de faciliter son développement. C’est sûr, la trajectoire de Mood n’est pas baguée!

Créé: 28.01.2019, 15h57

Articles en relation

Les bijoux chassent les armes à feu aux Escaliers du marché

Signé Lausanne L'armurerie a fait place à l'atelier-boutique d'un jeune bijoutier Plus...

La Brutte de la rue de Bourg façonne à l’œil des bijoux inspirés

Portrait La joaillière lausannoise Giulia D’Avenia a découvert la bijouterie presque par hasard. Aujourd’hui, sa griffe séduit des clients à travers le monde. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.