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VaudLa BCV fait de l'oeil aux petits porteurs

Après une année faste, la Banque Cantonale Vaudoise a décidé de rendre son action plus accessible aux investisseurs modestes.

Pour 2020, la banque s'attend à «des résultats annuels s'inscrivant dans la continuité des exercices écoulés».
Pour 2020, la banque s'attend à «des résultats annuels s'inscrivant dans la continuité des exercices écoulés».
archive/photo d'illustration, Keystone

La Banque cantonale vaudoise (BCV) a traversé l'année 2019 sans anicroche, augmentant ses volumes, ses recettes et sa rentabilité malgré la pression des taux négatifs. La performance, améliorée par la réforme fiscale, a incité l'établissement à augmenter son dividende. Une division par dix de l'action doit permettre aux petites porteurs d'acquérir des titres devenus très onéreux au fil des ans.

La décision de diviser («split») l'action par dix devra encore être avalisée par l'assemblée générale du 30 avril. Elle devrait ainsi coïncider avec le 175e anniversaire de l'établissement cantonal en 2020, a indiqué jeudi son directeur général Pascal Kiener. Le fractionnement doit ramener le cours à une niveau «raisonnable», vis-à-vis d'autres titres comparables du secteur bancaire. La valeur du titre sera mécaniquement divisée par dix.

L'objectif de l'opération est de rendre la nominative BCV plus liquide, afin qu'elle soit à la portée d'investisseurs modestes. M. Kiener a rappelé que lors de son arrivée, en 2003, l'action de la banque valait 60 francs. Jeudi, vers 14h, elle se négociait à 822 francs (-1,6%, SPI: -2,58%). «Pour les petits porteurs, acheter cinq actions à 800 francs, c'est plus difficile que cinq actions à 80 francs.»

Le directeur de la BCV a toutefois mis en garde contre une surinterprétaion de ce split. Répondant à une question, Pascal Kiener a affirmé en conférence de presse que la division ne préfigurait pas un désengagement de l'Etat, qui détient deux tiers du capital-actions.

Le canton de Vaud profitera d'ailleurs de la bonne performance dégagée en 2019 par «sa» banque. Le bénéfice net a gonflé de 4% à 362,9 millions de francs. Le conseil d'administration propose de relever le dividende d'un franc, à 36 francs par action. L'Etat devrait recevoir une somme de 207 millions de francs, sans compter 26 millions d'impôts cantonaux et communaux.

L'entrée en vigueur de la réforme cantonale de l'imposition des entreprises a permis à la BCV d'alléger sa facture. La réduction, de 31 millions par rapport à 2018, est à relativiser puisque la banque avait réalisé des produits extraordinaires avec un impact sur la note fiscale, créant une base de comparaison plus élevée, a expliqué le directeur financier Thomas Paulsen.

Résultats supérieurs aux attentes

Même sans ce coup de pouce, la performance de l'établissement cantonal s'est révélée bonne en 2019. Le produit d'exploitation a franchi la barre du milliard, à la faveur d'une hausse de 3%. Les deux principales activités ont largement contribué à cette hausse. Les opérations d'intérêt ont dégagé un résultat net de 506,7 millions ( 3). La pression des taux négatifs sur la marge d'intérêt a été compensée par la dissolution de provisions pour risque.

La BCV a maîtrisé ses charges, avec une hausse modérée de 1% à 504,5 millions. En résulte un bénéfice opérationnel de 418,9 millions ( 4%).

Revenus, résultat d'exploitation et bénéfice décoiffent les prévisions du consensus AWP. Le dividende est pile poil dans la cible.

Au bilan, les créances hypothécaires ont gonflé de 4% à 27,02 milliards de francs. La croissance se «situe dans le marché» vaudois. Elle est supérieure à celle de l'année précédente. «Nous n'avons pas relâché nos critères de risque, de qualité. Nous avons procédé à des offres commerciales plus agressives», a expliqué Pascal Kiener. Les dépôts clientèle ont pris 5% à 33,05 milliards. La somme au bilan a atteint 48,35 milliards ( 1%).

Pour 2020, la banque s'attend à «des résultats annuels s'inscrivant dans la continuité des exercices écoulés», sans donner davantage de précision, pour autant que la conjoncture et les marchés financiers ne se détériorent pas «significativement».

Sur le front du coronavirus, la banque a perçu un ralentissement dans le financement du négoce, mais faible, la Chine n'étant pas le débouché principal. Selon M. Kiener, l'activité de crédit des PME pourrait être concernée à l'avenir, pour les sociétés dépendantes de l'Asie.

ats

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