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Bestmile, qui roule pour les véhicules sans chauffeur, met le turbo

De nouveaux investisseurs vont permettre à la plate-forme lausannoise de gestion de flotte de véhicules autonomes d’accélérer son déploiement international. La jeune société compte engager quelques 70 employés dans l’année

La navette autonome qui sera testée dès cet été à Zoug par les CFF et ses partenaires, sera gérée dans le trafic et en interaction avec les utilisateurs par la plateforme de gestion de flottes mise au point par Bestmile
La navette autonome qui sera testée dès cet été à Zoug par les CFF et ses partenaires, sera gérée dans le trafic et en interaction avec les utilisateurs par la plateforme de gestion de flottes mise au point par Bestmile
Thomas Egli-CFF

Les images de l’accident d’une voiture autonome testée par Uber, couchée sur le flanc à Phoenix (Arizona), ont fait le tour de la planète sur les réseaux sociaux. Suspendus quelques temps, les essais ont rapidement repris. Car cette nouvelle industrie de la mobilité, dans laquelle les constructeurs automobiles chassent désormais les géants des technologies numériques, est en train de s’emballer. Et ce n’est pas un tel incident qui va freiner la course. Embarquée dans ce flot, Bestmile, qui développe l'intelligence des flottes de véhicules sans conducteur, est en phase de mettre le turbo afin de suivre la cadence.

La jeune société lausannoise annonce jeudi qu’elle a levé 2 millions de dollars (l’équivalent en francs) auprès de trois fonds d’investissement spécialisés, français et américains: Partech Ventures, Serena Capital et Airbus Ventures. Et elle prépare un autre financement majeur ces prochains mois qui lui permettra de renforcer ses équipes en engageant quelques 70 nouveaux collaborateurs, principalement des ingénieurs.

Croissance à Lausanne

Née en janvier 2014, l’entreprise issue de l’EPFL, compte déjà près d’une trentaine de collaborateurs, dont 25 dans un bâtiment du Parc de l’Innovation, sur le campus. Ils étaient moins de huit il y a un an avant ses premières levées de capitaux totalisant 3,5 millions de francs. Bestmile prévoit d’atteindre rapidement une centaine d’employés. La majorité sont des mathématiciens et ingénieurs pour la recherche et le développement, les software et le big data. Elle vient d’engager un spécialiste des ressources humaines ainsi qu’un nouveau directeur de la technologie, Zhao Lu, un ingénieur chinois de San Francisco qui a travaillé chez IBM et pour une solution de taxis à la demande. «Ces fonds nous permettent d’accélérer le déploiement de notre plateforme à l’échelle internationale. Mais l’idée est de continuer cette croissance depuis Lausanne», relève Raphaël Gindrat, CEO et cofondateur avec Anne Koymans.

Bestmile, qui recherche de nouveaux locaux sur le campus, a aussi des bureaux à Londres et San Francisco pour le suivi des projets et le marketing. La jeune société vient de signer un partenariat avec le plus grand site de tests de véhicules autonomes du monde, GoMentum Station, situé près de la métropole californienne. Le site a reçu récemment le feu vert pour tester des véhicules autonomes sans volant, ni pédales de secours. Une première!

Tour de contrôle

La startup lausannoise ne produit pas la technologie embarquée des véhicules électriques, mais l'intelligence des flottes de véhicules automatisés à travers sa plateforme cloud (stockage de données à distance) qui permet de gérer, comme une tour de contrôle, les navettes sans pilote à la demande des utilisateurs. Afin de fournir ce service de mobilité automatisé, elle a mis au point l’outil capable de suivre chacun des véhicules dans le trafic en temps réel et de les coordonner selon les besoins (délai d’attente, temps de trajets, facilité de réservation, etc.). Le produit doit être optimisé à moindre coût pour les opérateurs en adaptant constamment le nombre de véhicules en circulation, les circuits pour en diminuer la durée et le timing entre deux courses pour la recharge.

Raphaël Gindrat relève que «beaucoup d’entreprises sont en phase avancée de validation et pourraient déployer leur flotte autonome dans un avenir relativement proche». Beaucoup se fixent pour objectif 2020 avec deux évènements majeurs cette année-là: les JO de Tokyo et l’Exposition universelle de Dubai.

«Plus vite que prévu»

«Pour nous aussi, cela va plus vite que ce que nous avions prévu, observe le jeune manager de Bestmile. Mais c’est une industrie dans laquelle nous n’avons pas trop le choix. Si on souhaite travailler avec les grands groupes automobiles qui se lancent dans la mobilité autonome, il faut y aller à fonds et prendre un peu plus de risque». Sa société dit-il dispose encore d’une avance commerciale car elle est la seule plateforme destinée aux véhicules autonomes électriques qui n’est pas liée à un constructeur. Certains se sont approchés d’elle, pour entrer dans son capital, mais elle veut garder son indépendance pour travailler avec l’ensemble du secteur. Avec l’arrivée des nouveaux investisseurs, désormais représentés au conseil d’administration, les deux fondateurs restent majoritaires, mais le CEO ne cache pas qu’ils sont en train de réfléchir à la stratégie de participation au capital qui leur permettra de préserver cette indépendance tout en disposant des moyens financiers nécessaires.

Bestmile, qui a fait ses premiers pas dans le domaine il y a à peine trois ans lors d’essais de navettes autonomes sur le campus de l’EPFL, qui est aujourd’hui impliquée dans le test de CarPostal en zone piétonne à Sion, est désormais partie prenante de plusieurs grands projets dans le monde. En Suisse, l’entreprise participera dès cet été à deux tests de semblables navettes, l’un à Zoug avec les CFF entre la gare et le pôle technologique de la ville, l’autre à Marly avec les Transports publics fribourgeois (TPF). Encore à l’essai, et sous contrôle de pilotes, sur la voie publique, les véhicules automatisés peuvent déjà circuler dans des sites privés tels que des entreprises, complexes hôteliers, parcs d’attractions ou certains aéroports.

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