Le canton de Vaud champion de la nouvelle économie high-tech

InnovationLes start-up issues des nouvelles technologies ont levé près d’un demi-milliard de francs en 2016. Un record.

Lors des Swiss Startups Award, Adrien Briod, docteur en robotique à l'EPFL (G) et Patrick Thévoz, ingénieur en microtechnique de l'EPFL (D) de l'entreprise Flyability,ont présenté un robot volant.

Lors des Swiss Startups Award, Adrien Briod, docteur en robotique à l'EPFL (G) et Patrick Thévoz, ingénieur en microtechnique de l'EPFL (D) de l'entreprise Flyability,ont présenté un robot volant. Image: Philippe Maeder

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On sait que le canton de Vaud est un terreau fertile aux jeunes pousses issues des nouvelles technologies. Les chiffres des montants investis dans ces start-up en 2016 confirment tout le potentiel de cette nouvelle économie déjà créatrice de nombreux emplois. Selon l’étude Swiss Venture Capital Report 2017, les jeunes entreprises vaudoises ont levé l’an dernier des fonds pour un total de 461,7 millions de francs. C’est plus de la moitié du montant global pour ce type d’investissement en Suisse (908 millions)!

Le chiffre pour 2016 dans le canton de Vaud est en nette progression en comparaison de 2015 (173,3 millions de francs). Cela n’étonne guère Patrick Barbey, directeur d’Innovaud, l’organisme en charge du soutien à l’innovation. Il n’y voit d’ailleurs pas un pic exceptionnel dû à des conditions particulières. Au contraire, il prévoit que 2017 sera pratiquement au même niveau d’investissements.

L’Association suisse des investisseurs en capital et de financement (SECA) et Startupticker, qui ont fait cette étude, indiquent que Vaud est devenu leader incontesté devant Genève (124 millions) et surtout Zurich (108 millions), qui a vu les financements de start-up chuter de près de 40% en 2016, notamment à cause de conditions fiscales défavorables. Les auteurs ont même simulé la position de Lausanne – dans sa dimension régionale – dans les classements des principaux «hubs» européens pour l’investissement dans les start-up. Ils n’hésitent pas à parler d’un «champion caché» puisqu’elle n’est généralement pas prise en compte, alors qu’elle figure en 6e position selon leur classement, derrière Londres et Paris, mais devant Madrid et Dublin.

De jeunes pousses développent des robots agricoles, tel Ecorobotix avec son engin autonome solaire qui désherbe. DR Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Ambition: leader mondial

«Nous avons pour enjeu de devenir un des leaders mondiaux dans l’innovation, relève Patrick Barbey. Nous ne sommes pas encore dans le top 20, mais nous avons beaucoup progressé.» Comment expliquer cette rapide ascension du canton qui a vu, en trois ans à peine, se multiplier par quatre les fonds investis dans les sociétés innovantes? A entendre le directeur d’Innovaud, il y a surtout l’effet boule de neige autour de l’EPFL et son Parc de l’innovation, puisque plus de 80% des fonds levés concernent des start-up qui en sont issues. Mais les autres pôles technologiques ont pris le relais, tel Y-Parc à Yverdon lié à la HEIG-VD (par ex. dans le domaine des technologies financières ou fintech) ou le Biopôle à Epalinges, l’Institut Ludwig de recherche sur le cancer ainsi que le CHUV dans les sciences de la vie et les technologies médicales. Sans oublier le Technopôle de Sainte-Croix, le TecOrbe ou les Ateliers de la Ville de Renens. A fin 2015, on recensait 412 entreprises dans les technopôles vaudois cumulant plus de 3660 emplois.

Conditions-cadres

L’autre composante essentielle dans le canton, ce sont les conditions-cadres et le rôle de l’Etat. Zurich ne met pas à disposition les mêmes moyens, observe Patrick Barbey qui fut lui-même à la tête d’une jeune pousse. Innovaud est l’une des initiatives du canton qui booste la nouvelle génération d’entreprises. Lancée en 2012, cette plate-forme bénéficie d’un montant de 2,5 millions en moyenne par année pendant dix ans pour soutenir les projets d’innovation. Des spécialistes dans les technologies de pointe les accompagnent et cherchent des solutions de financement.

A ce titre, la Fondation pour l’innovation technologique FIT, née il y a plus de vingt ans, propose diverses formes de prêts. Lorsqu’une entreprise parvient à un stade de forte croissance – créant au moins 20% d’emplois en moyenne par an –, on ne parle d’ailleurs plus de start-up, mais de «scale-up» chez Innovaud! Et depuis l’été dernier, celles-ci profitent d’une nouvelle forme de soutien, notamment dans la recherche d’investisseurs plus importants. Car, à ce stade, il n’est pas rare qu’elles aient besoin de 20 ou 30 millions pour commercialiser leur produit dans le monde entier.

Il y a donc bien ici un écosystème propice à l’émergence des sociétés high-tech. Le paradoxe est qu’au stade de leur développement commercial, les trois quarts des fonds sont de source étrangère. Pourtant, estime Patrick Barbey, «il y a là des opportunités d’investissement fantastiques».

Mais qui sera le nouveau Logitech, dont les célèbres souris sont sorties des labos de l’EPFL? Elles sont nombreuses à pouvoir l’envisager. En 2016, cinq sociétés vaudoises figurent dans le top 20 des capitaux levés en Suisse, dont les numéros 1 et 2: ADC Therapeutics, qui développe des médicaments destinés à l’oncologie, établie au Biopôle, s’est vu accorder 104 millions de francs par des investisseurs, alors que Mindmaze, spécialisée dans la rééducation grâce à la réalité virtuelle, a levé 100 millions, record à l’EPFL.

Outre les secteurs biotech, medtech et fintech, Vaud se distingue par des «spécialités» qui pourraient voir naître une success story. Par exemple, les nouvelles technologies de robotique dans l’agriculture, tel le véhicule autonome solaire servant à désherber d’Ecorobotix à Yverdon ou certains drones. Ces derniers font de l’EPFL un pôle mondial: Gamaya, Fliability, Pix4D ou Sensefly volent déjà sur orbite… de leurs propres ailes. (24 heures)

Créé: 30.01.2017, 15h53

«Il y a là des opportunités d’investissements fantastiques dans ce canton»
Patrick Barbey, Directeur d’Innovaud

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