Des capteurs intelligents au service des personnes âgées

Start-upDomoSafety lance la commercialisation de ses produits de prévention des accidents à domicile.

Sous la direction d’Edouard Goupy, DomoSafety prend de la hauteur.

Sous la direction d’Edouard Goupy, DomoSafety prend de la hauteur. Image: Vanessa Cardoso

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Jeune start-up lausannoise, Domo­Safety accélère le pas de son développement dans les services de prise en charge des personnes âgées ou handicapées. Après avoir développé et validé ses propres produits dans le cadre de l’EPFL, l’entreprise qui fournit des équipements permettant une surveillance personnalisée des risques, à domicile ou en institutions, entre désormais dans la phase de commercialisation.

DomoSafety a conçu un système de prévention des accidents domestiques et médicaux qui fonctionne grâce à une série de capteurs posés en divers endroits «stratégiques» de l’habitation. Les détecteurs ou censeurs enregistrent divers incidents (plaques de cuisson, fumée, incendie) ainsi que les mouvements dans diverses pièces comme la salle de bains. Dans la chambre à coucher, un capteur placé dans la literie permet de déceler une sortie inhabituelle du lit.

Posés aux plafonds ou sur la porte d’entrée, d’autres signalent lorsque la personne n’a pas bougé durant une période prolongée, tandis que celui installé sur la porte du frigo alerte des changements d’habitudes dans la prise des repas. A noter qu’il n’y a pas de capteur sur la personne, signalant directement une chute, mais celle-ci est suspectée suite à une absence de déplacements.

Alerte les proches
«Nous avons développé des systèmes intelligents qui analysent les données, relève Edouard Goupy, son directeur. Lorsque le système détecte une situation anormale, il active une alerte, qui est transmise aux proches, à la famille, aux soignants ou professionnels de la sécurité. On définit au préalable avec ces personnes ce qui est dans la normalité et le moment de l’alerte.»

Les données sont transmises à des serveurs qui les analysent en permanence, émettant une alerte en cas de nécessité par mail ou SMS. L’installation se caractérise par son «intelligence» dans le fait qu’elle analyse des habitudes et des activités quotidiennes de chaque utilisateur sur la base d’un profil personnalisé, établi durant une période de préapprentissage.

DomoSafety, fondée en 2009, a mis au point cette application de prévention grâce à des algorithmes développés par ses ingénieurs à l’EPFL. Selon Edouard Goupy, sa société est pionnière dans ce domaine, une grande majorité des appareils sur le marché ne fonctionnant pas dans cette forme d’«intelligence».

Phase pilote terminée
La phase d’étude et de validation, réalisée notamment dans un projet pilote de 52 appartements adaptés à Nyon et à Orbe, s’est terminée avant l’été dernier. Elle est maintenant suivie de la phase de commercialisation. «Des personnes utilisent maintenant notre système depuis plus d’un an et demi, dit-il. Nous ne sommes plus dans la recherche, mais en plein dans le monde des produits.»

L’effectif de Domo­Safety (14 personnes) a donc évolué, certains développeurs étant remplacés par des vendeurs et des installateurs. Une centaine d’équipements fonctionnent actuellement 24 heures sur 24. Six CMS ont récemment adopté le système en Valais, tandis que trois projets sont en cours en Suisse alémanique et un en Allemagne, ouvrant la voie à une distribution internationale. Ce service intéresse désormais des fournisseurs d’équipements médicaux pour particuliers. Le produit se présente sous forme de kits à 750 francs (standard avec détecteurs, bracelets d’alarme, une unité centrale GSM) ou 1000 francs (système étendu) avec un abonnement façon téléphonie autour de 60 francs.

DomoSafety, qui a emporté le Prix Lausanne Entreprendre PERL 2013, a bénéficié de l’aide d’investisseurs, mais elle cherche de nouveaux partenaires pour la commercialisation dans le but d’être rentable d’ici à mi-2016.

Créé: 15.02.2015, 21h26

Un service de «vigilance», non pas de surveillance

Pour répondre à certaines inquiétudes quant à l’analyse de données «intimes», permise par les produits DomoSafety, son CEO Edouard Goupy précise qu’il n’y a pas d’enregistrement des données fournies par les capteurs et que le type d’événements qui sont suivis et le moment de l’alerte sont du ressort des utilisateurs. La société a bien veillé à faire valider le système dans les milieux concernés, même si cela a pris du temps, afin d’éviter les soupçons d’intrusion du système dans la vie privée.

Edouard Goupy indique que le produit a fait l’objet d’évaluations et que des comités d’éthique dans la santé y ont réfléchi. De son côté, l’Institut de la Haute Ecole de santé La Source, qui étudie les nouvelles gérontotechnologies, n’a pas pris position sur le besoin de tels produits, mais il a validé la faculté du système de capteurs à répondre à sa fonction et l’efficacité de la procédure d’alerte en relation avec les pratiques des soignants.

Les tests ont montré qu’une partie des personnes âgées se sentaient, par ce moyen, plus rassurées de rester à domicile, oubliant parfois la présence des capteurs dans leur cuisine ou leur salle de bains. Plutôt que
de surveillance, le système introduit une «vigilance» dans
la prévention des accidents, dit-on à La Source. Il ne se substitue toutefois pas au personnel de santé.

Les tests, réalisés à partir de 2013 dans plusieurs centres médico-sociaux, ont ainsi permis de vérifier l’intérêt d’un tel système pour un maintien prolongé des personnes âgées
à domicile.

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