Sa carrière a pris de l’altitude avec le bar à vin lancé avec ses potes

Des femmes cheffes d’entrepriseElâ Borschberg, cofondatrice de Ta Cave, à Lausanne, s’investit dans de multiples projets, sur terre et dans les airs

Dans ses choix d’entreprises, Elâ Borschberg ne manque pas d’audace, à l’image des aventures de son père.

Dans ses choix d’entreprises, Elâ Borschberg ne manque pas d’audace, à l’image des aventures de son père. Image: Christian Brun

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le bar à vin lausannois Ta Cave, né en primeur suisse grâce au financement participatif et qui compte depuis peu une seconde enseigne à Genève, l’a aidée à s’envoler. Mais Elâ Borschberg occupe d’autres sièges de pilote dans sa vie, privée et professionnelle. D’abord celui de jeune mère, deux jours par semaine, une tâche qu’elle revendique fièrement. Sa troisième activité est prise par sa petite agence de communication Elâ & Co.

Avec Solar Impulse
Spécialisée dans le consulting digital, elle travaille pour une clientèle de la branche food & beverage (nourriture et boissons), mais également pour son père, André Borschberg, le pilote et ingénieur bien connu qui a partagé les commandes de l’avion solaire «Solar Impulse» avec Bertrand Piccard. Elle a travaillé durant cinq ans dans cette aventure. Chargée du site web et des réseaux sociaux, elle continue désormais à s’occuper du nouveau projet H55 de son père, qui développe à Sion un avion à propulsion électrique.

Le parcours paternel a naturellement marqué la trajectoire d’Elâ Borschberg. Née aux États-Unis, elle a vécu au Japon et à Zurich. Mais c’est à Nyon et Genève qu’elle a fait ses études, avant de rejoindre l’École hôtelière de Lausanne (ÉHL). Aujourd’hui, elle consacre seulement une partie de son temps à Ta Cave: gestion, comptabilité et ressources humaines. Comme ses deux coéquipiers fondateurs, son rôle se situe en dehors de l’établissement de la rue du Simplon.

«Je suis plutôt quelqu’un qui met sur pied des projets et, une fois que ça roule, je délègue»

«Je suis plutôt quelqu’un qui met sur pied des projets et, une fois que ça roule, je délègue», dit-elle. Ainsi le bar à vin, qui ouvre dès 16 heures selon sa vocation, est animé par un gérant et une spécialiste des vins, deux plein-temps, pour une équipe de dix à quinze personnes à temps partiel, composée de plusieurs étudiants de l’École hôtelière.

Cette entreprise est singulière, non pas dans l’idée du bar à vin, mais dans son accouchement. Guillaume Luyet et Yannick Passas, les deux autres fondateurs, se lamentaient de ne pas trouver à Lausanne, en fin de soirée, un endroit à l’ambiance conviviale pour boire un bon verre de vin accompagné d’une petite planche de fromages ou de charcuteries. Ils avaient repéré un local inoccupé sous-gare correspondant à leur rêve. Le premier, fils d’aubergistes valaisans, qui a fait connaissance avec Elâ à l’ÉHL, et le second, oenologue et vigneron à La Côte, producteur de vins naturels en phase de conversion biodynamique, ont l’idée d’associer à leur projet une communauté de gens qui seraient leurs futurs clients. Car ils sont sans le sou.

Nous sommes à l’automne 2014. Jusque-là, remarque la copropriétaire de Ta Cave, personne n’avait songé en Suisse à ouvrir un bistrot ou un bar à vin en faisant appel au crowdfunding, financement participatif à travers une collecte de fonds auprès du public via Internet. «Mon rôle a été de réorganiser ce rêve pour le rendre viable, explique-t-elle. Ça nous a pris six mois pour disposer du local et construire le site web permettant de faire notre propre communication.» Quelque 850 membres fondateurs «épicuriens» s’associent au projet pour un montant 250 francs chacun en échange de l’«Apéro à vie», autrement dit un verre de vin offert à lui et son accompagnant chaque jour de visite du bar… à vie.

Produits de terroir
C’était assurément la bonne mesure, puisque Ta Cave a trouvé ses fidèles et a pu ouvrir ses portes à Pâques 2015. La communauté de membres a même été associée à certaines décisions comme le choix des verres. La carte des vins, qui change chaque mois, se focalise sur une région, un cépage, un vigneron ou un thème à découvrir, avec des vins rares vendus au verre. La nourriture est également portée en priorité sur les produits du terroir de petits producteurs, avec des créations culinaires originales. Tant Yannick, pour les vins, que Guillaume, pour les aliments, font étalage de leurs coups de cœur dénichés lors de leurs périples. Si les sodas sont exclus, remplacés par des limonades artisanales, les bières de microbrasseries ont en revanche droit de cité dans le bar à vin.

Le modèle a en tout cas trouvé son public: au-delà de 25 ans et très éclectique, selon Elâ Borschberg. Même si elle ne suit pas ses compères dans le développement de l’enseigne, celle-ci est appelée à être répliquée dans de grandes villes, même hors de Suisse. Le privilège des membres fondateurs est valable dans tous les bars Ta Cave. Le genevois a ouvert il y a quelques semaines boulevard Georges-Favon, sur une surface de 100 m2, soit deux fois plus grande que l’original. Son but: garder l’esprit frondeur du «bar communautaire» lausannois. À vie! (24 heures)

Créé: 14.05.2018, 15h07

Articles en relation

Trois amis et 800 copains pour lancer un bar à vin

Lausanne Une opération de crowdfunding veut ouvrir Ta Cave au printemps prochain. Les financiers auront droit à l’apéro à vie. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Un chien accompagne une pasteure dans les EMS, paru le 23 mai 2018
Plus...