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Genève et Zurich à nouveau touchés par la grève d'Air France

Des négociations qui patinent et plus de la moitié des avions qui ne décollent pas: le week-end s'annonce compliqué pour les passagers d'Air France.

Air France a annoncé que seules deux liaisons sur neuf devaient être assurées de Genève vers Paris, et une sur cinq au départ de Zurich.
Air France a annoncé que seules deux liaisons sur neuf devaient être assurées de Genève vers Paris, et une sur cinq au départ de Zurich.
Keystone

Les pilotes et la direction de la compagnie aérienne étaient toujours embourbés dans le conflit ce vendredi 19 septembre.

Air France a annoncé une légère amélioration du trafic pour la journée, avec «plus de 45%» de vols assurés, contre 42% jeudi. Selon la direction, au cinquième jour de mobilisation, le taux de grévistes devrait passer pour la première fois en dessous de 60%.

Ces chiffres sont contestés par le premier syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa (majoritaire), qui affirme recenser 80% de grévistes et 85% de vols annulés après décompte des vols opérés pour le compte des filiales ou d'autres compagnies.

Genève et Zurich à nouveau touchés

Concernant la Suisse, Air France a annoncé que seules deux liaisons sur neuf devaient être assurées de Genève vers Paris, et une sur cinq au départ de Zurich. Les neuf vols en partance de Bâle-Mulhouse à destination de la capitale française étaient maintenus.

Samedi, la compagnie prévoit d'effectuer environ 45% de ses liaisons. La Suisse ne sera, à nouveau, pas épargnée. Deux vols, sur les huit prévus, auront lieu entre Genève et Paris, un sur quatre entre Zurich et Paris, tandis que tous les vols prévus entre Bâle-Mulhouse et la capitale française sont maintenus, annonce Air France.

Plus longue grève depuis 1998

Ni les propositions de la direction, ni les appels à cesser la grève, notamment du Premier ministre Manuel Valls, n'ont entamé la détermination des pilotes. Le conflit pourrait encore se durcir et dépasser la durée du mouvement social de dix jours de 1998.

Le deuxième syndicat de pilotes à Air France (Spaf) a d'ores et déjà décidé vendredi d'étendre de deux jours son préavis, initialement prévu jusqu'à lundi, portant la durée de la grève au 24.

Le SNPL AF Alpa doit de son côté annoncer samedi si ses adhérents décident de reconduire la grève jusqu'au 26, après un référendum auquel ont participé plus de 70% des pilotes, selon Jean-Louis Barber, président du syndicat. Le SNPL, dont le préavis courait jusqu'à lundi, a déjà déposé un nouveau préavis préventif du 23 au 26.

Dans un communiqué, la direction d'Air France a «déploré» vendredi soir ce nouveau préavis du premier syndicat de pilotes. «Air France n'a de cesse de dialoguer avec ses pilotes afin d'aboutir à un accord», a déclaré Frédéric Gagey PDG d'Air France cité dans le communiqué. «Je déplore que nos propositions concrètes de nature à rassurer nos pilotes n'aient trouvé aucune réponse raisonnable à ce jour», a-t-il ajouté.

Le conflit est cristallisé autour de la compagnie low cost du groupe, Transavia. Pour faire face à la concurrence, le groupe Air France-KLM veut développer la flotte de cette compagnie en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Craintes de «délocalisations»

De leur côté, les syndicats redoutent un «dumping social» au sein du groupe et des «délocalisations» au détriment des emplois français.

Après avoir proposé mardi de limiter temporairement l'extension de Transavia à 30 avions en France jusqu'en 2019, Air France a mis sur la table mercredi soir une deuxième offre: conclure avec les syndicats un accord délimitant précisément les activités de Transavia.

Un conflit si long impliquant les pilotes est rare pour la compagnie. Les précédentes grèves (2002, 2008 et 2012) ont toutes trouvé une issue au bout de quatre jours, sauf celle de 1998 qui avait duré dix jours.

Certains syndicats contre la grève

Au sein de la compagnie, la grève ne fait pas l'unanimité, plusieurs syndicats ayant notamment taxé le mouvement de «corporatiste», la CGT, premier syndicat de l'entreprise, ne récusant pas le terme mais appelant au rassemblement.

«Le personnel au sol d'Air France refusera de payer la facture de ce gâchis», a prévenu de son côté FO, appelant les pilotes et la direction «à prendre leurs responsabilités», face à un conflit qui est «en train de détériorer sérieusement les comptes de l'entreprise».

(ats)

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