Le Credit Suisse voit son avenir se dégager

Etats-UnisL'amende est salée pour le Crédit Suisse, mais elle ne condamne pas l'établissement, qui tente maintenant de calmer le jeu. Décryptage.

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Le Credit Suisse peut désormais tourner la page du litige fiscal avec les Etats-Unis. Si l'amende ressort dans le haut des attentes, comme l'ont déclaré des analystes, elle ne met pas en danger l'existence de la banque.

«La banque s'en sort avec un œil au beurre noir», analyse dans le Tages-Anzeiger Peter V. Kunz, professeur d'économie à l'Université de Berne.

En raison de la charge annoncée de 1,62 milliard de francs au deuxième trimestre, un résultat positif pour cette période semble illusoire. A la même époque en 2013, le groupe avait dévoilé un bénéfice avant impôts de 1,53 milliard de francs suisses.

Bénéfice annuel assuré

En revanche, l'amende ne devrait pas mettre en péril le bénéfice annuel. Pour son exercice 2013, le Credit Suisse avait enregistré un résultat avant impôts ajusté de 5,58 milliards de francs.

Certains rappellent en outre qu'UBS avait pensé être tirée d'affaires après son accord avec la justice américaine à la mi-février 2009. Peu après, le fisc américain, le célèbre Internal Revenue Service (IRS) déposait une plainte civile. Impossible de savoir à l'heure actuelle si une répétition de ce scénario est possible pour le Credit Suisse.

Les réponses aux questions qui agitaient les marchés lundi:

Y aura-t-il un aveu de culpabilité comme l'exige le Departement of Justice (DoJ) américain? Les autorités américaines ont eu ce qu'elles voulaient: le Credit Suisse a plaidé coupable. Reste désormais à attendre les réactions des clients car certains, comme les fonds de pensions américains, ne sont pas autorisés à traiter avec des personnes ou des entités jugées coupables.

En cas d'aveu, qui se reconnaît coupable? La banque a reconnu sa culpabilité mais aucun des dirigeants! Le président Urs Rohner se sent «blanc comme neige» et pour le directeur général Brady Dougan, il n'a jamais été question de démissionner, comme il l'a déclaré lors d'une conférence de presse téléphonique mardi matin.

Quel sera le montant de l'amende? Le Credit Suisse paie près de quatre fois l'amende à laquelle UBS avait été condamnée en 2009, soit 2,815 milliards de dollars. Et comme l'a expliqué son directeur des finances David Mathers, une grande partie ne sera pas déductible des impôts. A moins qu'un tribunal n'en décide autrement.

Qui recevra cet argent? Dans le détail, la justice américaine recevra 1,8 milliard, et 196 millions iront au gendarme américain de la bourse, la Securities and Exchange Commission (SEC). En outre, 715 millions partiront au département des services financiers de l'Etat de New York et 100 millions au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (FED).

Qu'arrivera-t-il aux clients et à leurs données? Les autorités américaines n'ont rien dit à ce sujet mais elles peuvent toujours activer l'entraide administrative à ce sujet.

Quelles seront les conséquences personnelles? Pour le moment, c'est le statu quo. Malgré les appels à la démission, rien n'a bougé au sommet de la banque. La Justice américaine n'a pas exigé le départ du directeur général ou du président mais rien ne dit qu'ils ne devront pas répondre des agissements de la banque ces prochains mois.

Qu'adviendra-t-il des 13 autres banques également dans le viseur des Etats-Unis? Maintenant que le Credit Suisse, qui était considéré comme le gros poisson par les autorités américaines, a été ferré, ces établissements se retrouvent sous pression. Car contrairement au Credit Suisse, ils ne représentent pas un risque important pour l'économie américaine et rien n'empêcherait la justice américaine de frapper fort pour faire un exemple.
Une inquiétude qui ressort dans le communiqué de l'association suisse des banques (ASB) qui espère que ces établissements «parviendront à trouver rapidement un accord basé sur la proportionnalité et le principe d'équité».
Pour Alfred Mettler, professeur de finances à la Georgia State University, il est difficile d'extrapoler sur la base du Credit Suisse. «Je ne peux imaginer qu'une banque cantonale, qui n'emploie personne aux Etats-Unis, écope d'une amende comparable», estime-t-il dans le Tages-Anzeiger.

Créé: 20.05.2014, 15h53

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