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Le Credit Suisse va supprimer 4000 postes

L'établissement a essuyé une perte nette de 2,94 milliards de francs, sa première depuis 2008.

Tidjane Thiam inscrit des chiffres rouges vifs pour sa première année à la tête de Credit Suisse.
Tidjane Thiam inscrit des chiffres rouges vifs pour sa première année à la tête de Credit Suisse.
Keystone

Credit Suisse a plongé dans le rouge l'an passé, sous le coup de provisions, d'un amortissement de survaleur dans la banque d'affaires et de charges de restructuration. Le numéro deux bancaire helvétique, qui a accéléré le recentrage de ses activités, a essuyé une perte nette de 2,94 milliards de francs.

En 2014, il avait engrangé un bénéfice net de 1,875 milliard. La perte nette annuelle est la première depuis 2008. Pour le seul 4e trimestre, elle atteint 5,83 milliards de francs, ce qui reflète de nombreux éléments exceptionnels, a expliqué jeudi l'établissement zurichois. Credit Suisse a ainsi passé une charge de dépréciation de survaleur (ou «goodwill» dans le jargon) de 3,79 milliards de francs.

Cet amortissement de l'écart d'acquisition concerne essentiellement la banque d'affaires américaine Donaldson Lufkin & Jenrette (DLJ) reprise en 2000. Il est motivé par les changements de stratégie et de structure annoncés en octobre dernier.

Et au vu d'un environnement économique détérioré, le directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam, a décidé d'accélérer le réalignement de l'entreprise. La réorganisation, qui passe notamment par la suppression de quelque 4000 emplois, doit permettre d'économiser 3,5 milliards de francs d'ici 2018.

Le Franco-Ivoirien n'a pas voulu dire lors de sa conférence de presse combien de postes allaient disparaître en Suisse mais il avait prévenu fin octobre que 1600 étaient menacés. Il espère y parvenir par le jeu des départs naturels. Il n'a pas voulu indiqué non plus quels seraient les sites ou les divisions principalement concernées.

Charges de restructuration

Y compris le transfert des activités américaines de gestion de fortune à Wells Fargo, les mesures initiées à fin janvier permettront de réduire les coûts annuels de 1,2 milliard de francs. Ce montant représente le tiers de la somme totale visée.

La mise en oeuvre de la nouvelle stratégie a aussi entraîné des charges de restructuration de 355 millions de francs. S'y sont encore notamment ajoutées des provisions de 821 millions liées aux nombreux conflits juridiques en cours ainsi qu'une perte avant impôts de 2,51 milliards pour les activités considérées comme non stratégiques.

Ajusté des éléments exceptionnels et des activités jugées non stratégiques, le bénéfice avant impôts est ressorti à 4,2 milliards de francs pour l'ensemble de l'exercice, bien moins que les 6,3 milliards affichés un an auparavant. Pour le seul 4e trimestre, période marquée par des conditions difficiles, Credit Suisse a subi une perte ajustée avant impôts de 400 millions.

Outre une forte volatilité des marchés, les trois derniers mois de 2015, se sont caractérisés par des pressions sur la liquidité des marchés, une forte baisse des prix du pétrole et un élargissement des écarts de crédit. Les affaires ont également souffert d'importants rachats dans le domaine des fonds de placement, note la banque.

Entre octobre et fin décembre, les revenus ont chuté de 35% en l'espace d'un an à 4,19 milliards de francs. Dans le même temps, les charges d'exploitation ont plus que doublé ( 116%) à 9,47 milliards. Pour l'ensemble de l'exercice, les recettes se sont contractées de 7% à 23,38 milliards, les charges augmentant elles de 30% à 23,1milliards.

Importants afflux de fonds

Sur les cinq nouvelles divisions, seule Asia Pacific, laquelle regroupe les activités de gestion de fortune et de banque d'affaires dans la région, est parvenu à accroître ses revenus l'an passé. Credit Suisse a tout particulièrement souffert en 2e partie d'année, quatre unités sur cinq ayant subi une contraction de leur bénéfice avant impôt depuis le 3e trimestre.

Depuis sa réorganisation, Credit Suisse se compose de cinq divisions. Il s'agit outre Asia Pacific, d'International Wealth Management (IWM), soit la gestion de fortune internationale, Swiss Univeral Bank (SUB), les activités helvétiques, Global Markets (GM), le négoce d'actions et de titres à revenus fixes, ainsi que Investment Banking & Capital Markets (IBCM), la banque d'affaires.

Credit Suisse a en revanche enregistré une évolution plus favorable en matière d'afflux de nouveaux fonds. Ceux-ci ont bondi de 27,9 milliards de francs en 2014 à 49,1 milliards l'an passé. Le bond reflète notamment les coopérations engagées dans les marchés émergents, en particulier en Chine.

«Les conditions de marché en janvier 2016 sont demeurées exigeantes et nous nous attendons à ce que les marchés restent volatils tout au long du premier trimestre 2016 étant donné que les problèmes macro-économiques persistent», a prévenu le directeur général.

L'action plonge

Les investisseurs sanctionnent la performance de la banque, dont le titre plongeait de plus de 10% jeudi à mi-journée pour atteindre son plus bas depuis 1992.

De manière générale, les analystes ont mis en exergue la faiblesse de la performance de l'établissement au 4e trimestre. Les experts de la banque Vontobel estiment qu'au vu de l'environnement économique actuel, il sera encore plus difficile pour Credit Suisse d'atteindre les objectifs visés pour 2018. Ils ont également relevé un niveau décevant des fonds propres, malgré l'augmentation de capital intervenue en fin d'année.

(ats)

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