Rien ne devrait empêcher le mariage de Peugeot et Fiat

AutomobileL’union qui se profile entre PSA et Fiat-Chrysler ne devrait pas donner lieu à un veto de l’État français, comme ce fut le cas ce printemps avec Renault.

Carlos Tavares, PDG du groupe PSA, pourrait prendre la tête de la nouvelle entité issue de la fusion envisagée entre Peugeot et Fiat.

Carlos Tavares, PDG du groupe PSA, pourrait prendre la tête de la nouvelle entité issue de la fusion envisagée entre Peugeot et Fiat. Image: GERARD UFERAS

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On se souvient que ce printemps, en plein Salon de l’auto de Genève, les rumeurs concernant un rapprochement entre FCA (Fiat -Chrysler) et l’Alliance Renault - Nissan - Mitsubishi avaient fait long feu. Le scénario ne risque pas de se répéter aujourd’hui entre PSA et Fiat-Chrysler, qui confirment tous deux que des discussions sont engagées en vue d’une fusion. «Ce qui a fait avorter le mariage entre FCA et Renault, est clairement un veto politique, explique Xavier de Buhren, responsable des actions françaises chez Mirabaud Asset Management. En effet, l’Etat français est l’actionnaire de référence du groupe Renault, mais a une simple participation financière chez PSA».

Logique géographique

Les trois principaux actionnaires, la famille Peugeot (12,23%), Dongfeng (12,23%) et la France (12,23%), ont en effet tous les mêmes droits de votes (19,5%), et il est peu probable que le conglomérat chinois, qui a laissé faire lors du rachat d’Opel, s’oppose à ce rapprochement. «Dongfeng est entré au capital lors du sauvetage de Peugeot en 2013, et il n’a aucune raison d’entraver cette fusion industrielle».

Le rapprochement répond en outre à une bonne complémentarité géographique: le groupe PSA n’est pas présent en Amérique du Nord, là où Fiat Chrysler réalise la quasi-totalité de ses revenus, notamment via la marque de pick-up Dodge RAM. Pour FCA, cette fusion le repositionnerait sur le marché européen. «Fiat a perdu beaucoup de parts de marché en Europe ces dix dernières années, par manque d’innovation et d’offre produits, hormis la Fiat 500 qui fait exception», poursuit Xavier de Buhren. D’autre part, les deux entités sont toujours détenues en partie par les deux familles fondatrices, les Peugeot et le clan Agnelli, très attachées à leur entreprise. «Ces dynasties industrielles européennes se connaissent, se croisent, ont même déjà collaboré par le passé. Leurs intérêts seraient désormais alignés».

Augmenter le budget R&D

Une fusion créerait une nouvelle entité valorisée quelque 40 milliards d’euros (44 milliards de francs), ce qui en ferait le quatrième constructeur mondial, derrière Volkswagen, Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota. À eux deux, cela représenterait 8,7 millions d’unités (Volkswagen en produit près de 10 millions par an).

D’un point de vue industriel, la fusion présente des possibilités de synergie évidentes. Cela permettrait à la nouvelle entité de faire des économies de coûts, en particulier sur les achats. «C’est moins que les économies qui auraient été réalisées avec Renault, mais cela reste considérable. De plus, la fusion des budgets de R&D permettrait de combler une partie du retard pris sur le développement des voitures électriques et hybrides». Si le mariage devait avoir lieu, la bonne complémentarité géographique devrait limiter les fermetures de sites. «Lors de la dernière crise le secteur automobile s’est fortement restructuré pour survivre, ce qui lui a permis de gagner en compétitivité.»

Créé: 30.10.2019, 19h33

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