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Directrice d’une école de cirque, Nolvenn Dufay éduque au sport qui a du sens

Les ateliers éducatifs et sportifs de Kids Up, à Écublens, font un tabac chez les enfants et leurs parents. Il y a 900 inscrits.

Nolvenn Dufay réalise son rêve depuis qu’elle a retrouvé la salle et les valeurs du «vrai sport» et du cirque.
Nolvenn Dufay réalise son rêve depuis qu’elle a retrouvé la salle et les valeurs du «vrai sport» et du cirque.
Vanessa Cardoso

C’est quoi ce cirque du nom de Kids Up? À peine entré, on est saisi par la main dans un tourbillon de vies enfantines, de jeux et d’activités ludiques et sportives qui mettent en scène des mères et des pères avec leurs bambins âgés de 1 à 4 ans. En action, on les voit courir, grimper, sauter, voltiger, se balancer sur un trapèze, se rouler comme une boule, rebondir sur un trampoline… Bienvenue aux cours du matin de baby-gym et de cirque, organisés sur un parcours de trois ateliers par une équipe de moniteurs professionnels, sous le regard bienveillant de la fondatrice et directrice, Nolvenn Dufay!

L’après-midi ont lieu les séances d’initiation au cirque prévues pour les enfants scolarisés, dès la première enfantine. Eux ne sont pas accompagnés d’un parent. Ces cours d’une heure et demie mélangent les exercices de gymnastique aux acrobaties dans les disciplines aériennes (trapèze, tissu), trampoline, équilibre sur objets (fil de fer, boule, rolla-bolla, pédalier) et jonglerie.

Favoriser la «circomotricité»

L’objectif est de favoriser la psychomotricité, la «circomotricité», selon le mot de la directrice. Ni garderie ni cours de gym, le modèle Kids Up est un espace familial et convivial conçu pour des activités d’éveil sur une période relativement courte (50 minutes pour les plus petits) mais très intense et riche en émotions. «On est vraiment une école de cirque et un centre de baby-gym, dit-elle. Mais mon but n’est pas de former des artistes de cirque. J’espère que les enfants auront envie de devenir cosmonaute ou président. Nous voulons leur apporter la confiance et l’estime de soi, les aider à être à l’aise avec leur corps et leur donner envie de faire quelque chose.» Il s’agit pour les moniteurs de faire éclore les talents de chaque enfant. Ainsi Nolvenn Dufay se réjouit lorsqu’un enfant brimé à l’école peut se dire: je suis capable de marcher sur une boule! Ces séances visent aussi à développer la coordination, la souplesse et la force physique ainsi que la concentration et l’écoute des consignes.

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Kids Up est né en 2012 à Chavannes-près-Renens, en démarrant avec une cinquantaine d’enfants. Au printemps dernier, elle a déménagé dans un nouvel espace de 650 m2 – avec une salle de plus de 6 m de haut – le long de la route Cantonale à Écublens. La structure tourne très bien, à en croire sa fondatrice, qui en partage la propriété avec son mari. Lui s’occupe de la partie informatique. Kids Up accueille aujourd’hui quelque 900 enfants inscrits à l’année, avec une longue liste d’attente, selon la directrice, qui précise qu’elle ne reçoit aucune subvention!

Installée dans une ancienne usine joliment réaménagée avec du bois et des couleurs, la nouvelle structure est comme l’avait rêvée sa conceptrice: «J’ai vécu dans un autre monde, celui de la gymnastique, mais j’avais une idée très claire de ce que je voulais pour un cours de baby-gym.» Sur le plan des équipements comme du personnel d’encadrement.

Expérience avec sa fille

Sa propre expérience, en 2010, de recherche de cours pour sa fille, qui a aujourd’hui 10 ans, l’a déçue mais lui a été très utile. Rien ne correspondait à ses attentes: soit c’était l’infrastructure qui clochait – cadre peu sympathique, étriqué, absence de table à langer, etc. –, soit le personnel qui n’était pas toujours avenant ou manquait de compétences. Avouant qu’elle est perfectionniste, Nolvenn Dufay a donc travaillé l’aménagement, la sécurité et le confort des familles jusque dans les détails.

Les instructeurs ont tous une formation spécialisée, en particulier pour les cours de cirque. Une partie d’entre eux sont passés par des écoles en France ou en Belgique. Ceux formés en Suisse ont généralement suivi les sciences du sport à l’université, complétées par une formation supervisée par la Fédération suisse des écoles de cirque. Pour le baby-gym, la directrice emploie des psychomotriciennes, qui travaillent aussi en milieu thérapeutique, ou des éducatrices spécialisées avec un profil de cirque ou de moniteur de gym.

Quinze employés travaillent chez Kids Up Lausanne pour l’équivalent de dix plein-temps. L’infrastructure est ouverte tous les jours et accueille aussi, le soir, les adultes qui veulent s’initier au cirque. Les week-ends, il y a les anniversaires et on peut suivre des stages de vacances. À noter que Kids Up est présent à Genève (Meyrin) sous forme de franchise. Nolvenn Dufay y supervise les embauches, la pédagogie et le contenu des cours.

"Du vrai sport"

Bien que son modèle original attire des gens de toute la Suisse romande, elle ne compte pas multiplier les centres à son enseigne. C’est l’esprit Kids Up qui lui tient à cœur: participer à des activités ludiques pour l’épanouissement de l’enfant dans un environnement sécurisé, accueillant et non compétitif. Pour elle, il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources «du vrai sport, où cela a du sens…» Car elle a longtemps côtoyé le monde du sport de haut niveau et n’en garde pas que de bons souvenirs.

Nolvenn Dufay a passé son enfance à Grenoble, où elle a suivi des cours dans une des premières écoles de cirque tout en pratiquant la gym. Plus tard, elle se forme comme entraîneuse de gymnastique et entre au Centre national de Marseille à la fin des années 1990, alors que les gymnastes français se préparent aux JO de Sydney. Mais elle ne goûte guère à ce milieu où l’on prescrit la souffrance physique et psychologique pour aller au-delà de ses limites. Reprenant des études universitaires de sport, elle rejoint le Ministère français des sports puis décroche un poste au Comité international olympique. Elle y passe plus de sept ans à différentes fonctions de management. En 2009, elle est engagée dans l’Association mondiale des fédérations internationales de sport, à Lausanne. Mais après deux ans elle comprend qu’elle s’éloigne du sport de terrain et rêve de retrouver la salle. C’est ce qu’elle vit depuis qu’elle a lancé son baby-gym.

Publié le: 26.11.2018

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