Les entreprises du Gros-de-Vaud sont de plus en plus à l’étroit

EconomieLe manque de zones artisanales disponibles commence à se faire ressentir dans certaines régions du canton.

Le cas de la grue de Bottens, cet engin utilisé pour gérer le dépôt d'une entreprise de construction et que les riverains aimeraient voir disparaître, illustre la difficulté pour les entreprises du secteur secondaire de trouver des zones artisanales disponibles.

Le cas de la grue de Bottens, cet engin utilisé pour gérer le dépôt d'une entreprise de construction et que les riverains aimeraient voir disparaître, illustre la difficulté pour les entreprises du secteur secondaire de trouver des zones artisanales disponibles. Image: Odile Meylan - archives

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Qu’ont en commun un projet de centrale de production de biogaz à Poliez-le-Grand, une grue permanente surplombant le village de Bottens et le dépôt d’une entreprise de maçonnerie installé en bordure du Talent à Bretigny-sur-Morrens? Outre le fait que les deux premiers ont récemment fait l’objet d’articles dans ce journal, ils illustrent tous trois le manque de surfaces disponibles pour des activités artisanales dans certaines régions du canton.


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«J’aimerais bien aller ailleurs, mais je ne vois pas de solutions», ont confié à un moment ou un autre les trois promoteurs ou patrons, bien conscients des problèmes de nuisances ou de légalité rencontrés par leurs activités. «Nous avons un problème, confirme Alain Flückiger, le secrétaire général de l’Association de développement Région du Gros-de-Vaud (ARGdV). Depuis environ trois ans, nous sommes en train de nous bloquer économiquement.» Le problème est peu ou prou celui que connaît le domaine de l’habitat. Les nouvelles règles en matière d’aménagement du territoire ont entraîné des moratoires: tant qu’un système de gestion des zones d’activités, qui doit comprendre entre autres un inventaire des surfaces disponibles et la mise en place d’une gestion coordonnée de ces dernières, n’est pas validé, tout est bloqué.

Pas en adéquation

Dans le district du centre du canton, un des plus touchés par le manque, il reste pourtant près de cinq hectares de zones artisanales disponibles. «Le nombre peut sembler important, mais les parcelles sont rarement en adéquation avec les besoins des entreprises qui cherchent», constate Alain Flückiger. Il n’y en a par exemple plus du tout à Echallens depuis longtemps. «Et du coup, les propriétaires de parcelles encore disponibles ont compris qu’elles prenaient de la valeur et jouent la montre, ce qui tend à augmenter les prix.»

Moins de tolérance

Le phénomène est accentué par l’évolution de la société. En plus des nouvelles entreprises et de celles cherchant à s’agrandir, les parcelles disponibles sont convoitées par des entreprises ne cherchant initialement pas à déménager. C’est par exemple le cas de l’entreprise de construction basée à Bottens et dont la grue permanente utilisée pour gérer son dépôt dérange désormais ses voisins. Ou le cas d’une entreprise de maçonnerie ayant son dépôt à Bretigny-sur-Morrens, dans le cadre verdoyant des rives du Talent.

Malgré le fait que le Tribunal fédéral a accordé aux exploitants du dépôt un droit acquis, le syndic Markus Mooser estime que cette situation n’aurait dû, en principe, jamais exister. «L’état actuel est le résultat d’une évolution progressive, qui pendant longtemps ne gênait personne. Mais un jour, cela a changé et mis en route des procédures, dans un contexte de pression croissante en matière d’aménagement du territoire et de cadre légal de plus en plus compliqué.» Et l’élu de constater qu’au final, les seuls qui se frottent les mains sont les juristes et les avocats qui défendent les intérêts des différentes parties.

Un tiers des emplois

Pour pouvoir continuer à accueillir de nouvelles entreprises et, surtout, ne pas voir des entreprises contraintes de quitter la région, l’ARGdV met les bouchées doubles pour faire avancer ses dossiers. «Les emplois dans les zones d’activités constituent environ un tiers de tous les emplois dans le district, calcule Alain Flückiger. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur notre Plan directeur régional, qui a permis de déjà réaliser une grosse partie du travail d’inventaire. Mais bientôt nous n’aurons plus le choix: comme cela s’est fait pour les habitations, nous allons devoir aller rencontrer un par un les propriétaires de parcelles artisanales légalisées qui ne les utilisent pas.»

Créé: 04.06.2019, 13h22

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