Les entreprises vaudoises ont le moral au beau fixe

ConjonctureSelon le dernier sondage de la CVCI, rien n’affecte leur optimisme. Mais elles ne lâcheront que de faibles hausses de salaires.

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Les invectives de Trump, l’hystérie électorale au Brésil, la Bourse chahutée, la reprise en Europe peu convaincante: rien n’y fait! Le moral des entreprises vaudoises est comme le long été indien que nous venons de vivre: imperturbablement au beau fixe. C’est la conclusion de la dernière enquête conjoncturelle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) auprès de ses membres entre fin août et début octobre. Près d’un quart a répondu à son sondage semestriel, soit plus de 800 entreprises de l’industrie et des services représentant plus de 63 000 emplois. Il n’empêche, celles-ci ne semblent pas pour autant vouloir accorder de sensibles hausses de salaires!

Près de 41% des sociétés vaudoises participantes affirment que la marche de leurs affaires est «bonne ou excellente». Ce pourcentage monte même à 85% si on y ajoute ceux qui la perçoivent comme satisfaisante. Ainsi, seuls 14% la jugent mauvaise ou médiocre. À relever qu’après les temps ardus de la fin du taux plancher de l’euro face au franc – décidée par la BNS début 2015 –, les industriels et les exportateurs sont les plus contents de la situation actuelle.

«Ce qui nous a beaucoup marqués à la lecture de ces résultats, c’est ce renouveau industriel après la période assez dure qui a suivi cet événement qui a entraîné des pertes d’emplois, remarque Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint de la CVCI. Désormais, on sent que même les exportateurs voient positivement la marche de leurs affaires.» De plus, l’ensemble des entreprises s’exprime de façon encore plus optimiste sur les six prochains mois: plus de 90% ont une vision positive de la marche de leurs affaires à venir. Les entreprises ne mettent pas pour autant les gaz sur les investissements, ni dans la pierre ni en ressources humaines: «On sent un souffle léger, mais pas un élan», estime Guy-Philippe Bolay.

Du côté des salaires, les retombées d’une économie vaudoise en pleine santé ne se font pas sentir pour tout le monde. Pas loin de la moitié des sociétés n’accorderont rien de plus en 2019 sur les revenus (46%), alors que, cette année déjà, 47% n’ont rien lâché tandis que l’inflation est de 1% en moyenne annuelle. À peine plus de 20% des entreprises prévoient des augmentations de salaires de 2% et plus en 2019. La CVCI justifie cette politique par la hausse des charges des employeurs pour financer les mesures sociales liées à la RIE III, qui signifient une augmentation globale de 0,5% des cotisations sociales.

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Dans certains secteurs, cela sera toutefois compliqué. Car, bien que la tendance à la création de places de travail reste peu prononcée, surtout dans les services, les difficultés à recruter deviennent plus frappantes. La CVCI s’y est intéressée en faisant une comparaison avec 2014. Il ressort qu’il est aujourd’hui sensiblement plus difficile de trouver du personnel que 4 ans plus tôt.

Et cela ne concerne pas uniquement les postes qualifiés mais aussi les profils de cadres, les postes moins qualifiés et même les apprentis. Cette difficulté à recruter touche principalement l’industrie (42% ont plus de problèmes qu’en 2014) et les boîtes de plus de 100 employés. Quelles mesures prendre pour résoudre la situation? «Améliorer l’orientation professionnelle et revaloriser certaines filières», et «augmenter la formation continue», selon la majorité. L’idée de revaloriser financièrement certaines professions ne vient à l’esprit que d’un quart des entreprises…

Créé: 05.11.2018, 21h58

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