Facebook propulse la Suisse au rang de «Crypto Nation»

Monnaie numériqueGenève et plus largement la Suisse ont été choisies pour lancer la «libra» grâce à leur neutralité et au know-how financier.

Le Genevois David Marcus

Le Genevois David Marcus Image: DR

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La nouvelle avait fuité il y a trois semaines déjà, après que Facebook eut inscrit une société au Registre du commerce genevois, baptisée Libra Networks. Depuis lors, on savait que le géant des réseaux sociaux allait lancer sa propre cryptomonnaie, du nom de libra, un mode de paiement digital qu’il veut mettre au service de ses 2,7 milliards d’utilisateurs dans le monde. Mardi matin, Facebook a détaillé ce mégaprojet qui devrait voir le jour l’an prochain. L’objectif de la Libra Association, elle aussi basée à Genève et comptant déjà vingt-huit partenaires tels Visa, MasterCard, Vodafone, Iliad, Uber ou l’ONG Mercy qui ont chacun fourni 10 millions de francs de réserves, est de transférer de l’argent à l’autre bout de la planète en un clin d’œil et pour le prix d’un SMS, ou de régler ses achats d’un simple clic sur son smartphone.

«Il existe une anomalie. Internet a changé le monde dans nombre de secteurs, sauf celui de l’argent!» affirme le Genevois David Marcus sur son site Facebook, qui gère ce projet depuis la Californie aux côtés de Mark Zuckerberg. Essayez d’envoyer 5 francs en Australie: dans la plupart des cas, les gens ne savent pas comment faire et, pour ceux qui connaissent la procédure, il leur en coûtera une commission de 7% et plusieurs jours pour que le transfert arrive à destination.

Porte-monnaie universel

De plus, explique David Marcus, on dénombre 1,7 milliard de personnes sur Terre qui n’ont aucune relation bancaire et tout autant qui sont mal desservies. «Cela doit changer», conclut-il. La libra – qui a failli s’appeler GlobalCoin – se veut une nouvelle cryptomonnaie mondiale, fondée sur une chaîne de blocs, censée apporter un niveau de sécurité inédit, afin de gagner la confiance des utilisateurs dans ces nouvelles monnaies virtuelles et, surtout, envers Facebook, gravement mis en cause ces derniers mois en matière de confidentialité. Pour y parvenir, la libra n’est pas une cryptomonnaie décorrélée des devises existantes comme la plupart de ses consœurs, mais, au contraire, sa valeur sera fixée en fonction d’un panier de devises où devraient figurer le franc suisse, le dollar, la livre sterling et l’euro.

Facebook rêve ainsi de créer le véritable premier porte-monnaie numérique universel. Mais comment Genève, où seront les réserves financières de 1 milliard de francs fin 2019 qui serviront de garantie à la libra, s’est-elle retrouvée au centre de ce projet, aux côtés de Tel-Aviv et de la Californie? David Marcus reconnaît que ses origines ont joué un rôle dans ce choix. Celui que l’on surnomme le «serial entrepreneur», qui a fait du système PayPal le leader mondial du paiement sécurisé sur internet, a fait ses classes sur les bancs de l’Université de Genève, avant de s’envoler, au bout de deux ans d’études, pour les États-Unis et sa dynamique innovatrice.

L’ONU redessine internet

Mais ce que la Libra Association tient avant tout à mettre en avant, c’est véritablement l’écosystème helvétique. Dans son communiqué, cette dernière explique que «la Suisse dispose d’une longue tradition de neutralité et une expertise reconnue dans la technologie des blockains». Genève, de surcroît, est le siège des Nations Unies, où se discutent en ce moment les contours d’un nouvel internet, sécurisé et respectueux de la protection des données et des individus. Ainsi, grâce également à la présence de l’EPFL, l’arc lémanique est aujourd’hui propulsé par Facebook au rang de «crypto-nation».

Créé: 18.06.2019, 21h39

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