Les fronts bougent entre syndicats et entreprises

Franc fortLes trains Stadler et Unia montrent qu’il est possible de trouver des compromis.

Le syndicat Unia veut éviter que le franc fort serve d’alibi pour faire travailler à moindres frais les employés.

Le syndicat Unia veut éviter que le franc fort serve d’alibi pour faire travailler à moindres frais les employés. Image: KEYSTONE

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Après plusieurs semaines de guerre des tranchées entre patronats et syndicats, les partenaires sociaux semblent prêts à faire un pas l’un vers l’autre et à trouver des solutions pragmatiques pour lutter contre les effets négatifs du franc fort. Preuve en est l’accord signé avant-hier entre l’entreprise suisse Stadler Rail et Unia.

Les 3000 employés en Suisse du fabricant de trains et de trams voient leur durée de travail hebdomadaire passer de 42 à 45 heures, sans compensation. «En contrepartie, Stadler Rail s’engage à ne pas baisser les salaires ni à procéder à des licenciements pendant toute la durée de la mesure, dont la pertinence est évaluée tous les trois mois», selon Corrado Pardini, syndicaliste chez Unia.

«Un moindre mal»
Cette solution représente-elle la panacée pour l’industrie exportatrice suisse? Non mais elle est un moindre mal, selon Unia. «Nous sommes opposés aux mesures qui frappent de façon unilatérale les salariés», précise Pierluigi Fedele, responsable Industrie auprès d’Unia en Suisse romande. «Une augmentation du temps de travail constitue une exception qui peut être acceptée au cas par cas et doit répondre à des garanties sollicitées par le syndicat», ajoute-t-il.

Unia veut éviter que le franc fort «serve d’alibi pour faire travailler à moindres frais les employés», selon Pierluigi Fedele. Le seul moyen de l’éviter, c’est qu’un organe indépendant financièrement, comme un syndicat, puisse vérifier dans les comptes des entreprises l’impact du franc fort, a expliqué Unia. Pour beaucoup d’entreprises, cette idée est insupportable.

En plus de tourner autour du manque d’indépendance des représentants du personnel, qui entérinent trop facilement les décisions des patrons, étant des employés, le conflit entre les entreprises et les syndicats s’exprime à travers l’application sans contrepartie d’un article de la Convention collective de travail (CCT) de l’industrie des machines, de l’électronique et des métaux. Cet article permet de déroger aux conditions de travail, par exemple quand des paramètres économiques se modifient de façon rapide et substantielle.

D’autres exemples
Le groupe industriel schaffhousois Georg Fischer, connu à Genève sous le nom d’Agie Charmilles, se base sur cet article pour faire passer l’horaire de travail des 2600 collaborateurs suisses de 40 à 44 heures. La mesure permettra d’augmenter sa rentabilité en 2015, a-t-il dit ce mardi en présentant ses résultats annuels. L’entreprise d’électroménager V-Zug a aussi décidé avec les représentants du personnel d’augmenter le temps de travail de 40 à 44 heures.

Unia a distribué, quelques jours après la levée du taux de change plancher par la Banque nationale suisse, une feuille de route à ses délégués les informant du catalogue de mesures qu’ils peuvent solliciter pour s’opposer à des décisions disproportionnées. En fait partie la grève, normalement interdite quand une CCT est signée.

Créé: 24.02.2015, 22h32

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