General Electric supprime un emploi sur quatre d’Alstom Suisse

Industrie lourdeL’industrie suisse est sous le choc: la multinationale américaine va rayer jusqu’à 1300 postes

Ces licenciements massifs s’ajoutent à 420postes transférés à l’italien Ansaldo en septembre.

Ces licenciements massifs s’ajoutent à 420postes transférés à l’italien Ansaldo en septembre. Image: Keystone

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Après deux mois d’angoisse, les 5500 collaborateurs d’Alstom Suisse, repris par General Electric (GE) le 2 novembre – date de la finalisation de leur fusion – savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. Et elle n’a pas bon goût: un employé sur quatre pourrait perdre son emploi.

La multinationale américaine a annoncé ce mercredi qu’elle allait biffer jusqu’à 1300 postes de travail répartis sur cinq des six anciens sites helvétiques de l’entreprise française, à Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden, tous regroupés dans le canton d’Argovie. Neuhausen n’est pas touché par cette importante restructuration. Le sixième site d’Alstom en Suisse, dans le canton de Schaffhouse, est resté dans le giron du groupe français, actif maintenant uniquement dans les trains.

Aucun site suisse fermé

Cette annonce de licenciements massifs en Suisse s’ajoute aux 420 postes dans les turbines à gaz de grande puissance qui ont été transférés à l’italien Ansaldo au début de septembre. La cession de cette activité était une des conditions qu’avait posées la Commission européenne en acceptant l’acquisition du pôle Energie d’Alstom – les activités liées aux centrales et réseaux électriques – par GE annoncée au début de 2014, pour un montant de 12,35 milliards d’euros. Alstom Suisse comptait alors 6500 employés, «dont 2300 ingénieurs», précisait à l’époque le groupe français.

General Electric a expliqué mercredi que la restructuration dévoilée permettra «d’aligner les différentes activités aux réalités actuelles du marché énergétique européen, notamment les énergies gaz et vapeur, en chute libre ces dernières années».

La multinationale confirme que Baden restera, comme elle l’a divulgué au début de novembre, le centre mondial de deux des six activités que compte le pôle Energie de GE, soit le centre de Power Services et de Steam Power Systems. Par ailleurs, «les propositions ne prévoient aucune fermeture de site en Suisse et la production de rotors et de pièces de reconditionnement à l’usine de Birr sera maintenue», une activité dont il était plutôt question qu’elle cesse. L’activité Energie de GE comptait jusqu’à présent 65 000 collaborateurs à travers le monde et réalise un chiffre d’affaires de 30 milliards de dollars.

Un «coup dur» selon Unia

Les syndicats français sont outrés par ce plan de restructuration qui correspond selon eux à la suppression de 10 000 emplois dans le monde, dont 6500 en Europe (et 1300 en Suisse).

En Suisse, Unia «condamne fermement cette annonce» et parle d’un «coup dur pour l’industrie suisse, ce qui montre clairement l’urgence de prendre enfin des mesures concrètes pour préserver et renforcer ce secteur». Syna est «consterné», tandis qu’Employés Suisse évoque un «séisme» qui «montre la nécessité d’un plan directeur fixant la voie à prendre dans l’industrie».

Cette annonce est aussi un fâcheux revers pour Johann Schneider-Ammann, fraîchement nommé président de la Confédération. En été 2014, au moment où l’acquisition prenait forme, le ministre de l’Economie déclarait encore à la radio SRF: «Je suis convaincu que les activités et les emplois d’Alstom seront maintenus en Suisse.»

Ce mercredi, il indiquait plus platement à Berne: «La situation est dramatique pour les employés concernés, mais on ne peut rien faire d’autre que montrer les avantages de la Suisse.»

Alstom comptait encore 6500 employés en Suisse en mai 2014 et faisait partie des plus grands groupes industriels du pays aux côtés d’ABB, Siemens, Bombardier et Stadler.

Créé: 13.01.2016, 18h04

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