Quand Genève part en quête de la meilleure start-up au monde

CompétitionJeudi, 54 patrons de start-up venus du monde entier assisteront à la finale de la la 3e édition de la Seedstars World. A la clé, un investissement de 500 000 dollars.

Salarium avait remporté la seconde édition et les 500 000 dollars d'investissement en prix.

Salarium avait remporté la seconde édition et les 500 000 dollars d'investissement en prix. Image: DR

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Pour la troisième année consécutive, les équipes de Seedstars World (SSW), une compétition genevoise pour start-up issues des pays émergents et dont l’enjeu est un investissement de 500 000 dollars, sont parties sillonner le monde à la recherche des jeunes pousses les plus prometteuses. «C’était un travail de longue haleine, puisque nous avons étendu nos recherches sur 54 villes, contre 32 l’année précédente», explique sa fondatrice et actuelle CEO Alisée de Tonnac.

Durant neuf mois en moyenne, cette dernière a ainsi mobilisé quatre binômes pour l’édition 2015, dont la finale aura lieu jeudi à l’EPFL. Avec le soutien d’experts locaux, ils ont analysé quelque 3000 candidatures et assisté à plus de 800 pitchs. «Nous nous sommes rendus dans quatorze pays», donne pour l’exemple Gregory Pepper en charge de l’Afrique avec Marcello Schermer.

En moyenne les équipes restaient ainsi dans un pays entre 10 jours et deux semaines. «Cette quête implique un train de vie relativement harassant, concède Alisée de Tonnac, mais elle est remplie d’expériences de terrain inoubliables».

Expériences de terrain

Gregory Pepper se souvient notamment de Frank, un entrepreneur ivoirien qui l’a hébergé lors de son séjour dans ce pays. «Il a dédié sa vie à sa passion du codage et à sa start-up. Et s’il y a six ans, il vivait dans un appart complètement vide et ne pouvait s’offrir qu’une seule baguette de pain par semaine, aujourd’hui sa société fait un million de chiffre d’affaires et emploie une douzaine de personnes», raconte-il. Persistance et sacrifice, deux leitmotivs qui ressortent de leurs rencontres et cela quelles que soient les régions du monde passées sous la loupe des envoyés de Seedstars World. «Ils ont une vraie volonté à imaginer des solutions qui transformeront leur avenir», complète Gregory Pepper.

Le parcours des envoyés de l’organisation genevoise n’est toutefois pas toujours un long fleuve tranquille. «Chaque pays à sa propre manière de faire du business, ce qui nécessite une certaine capacité d’adaptation», explique Enrique Alvarado Hablutzel, en charge de l’Amérique latine avec Lorena Edejer. Il vaut par exemple mieux savoir faire preuve de patience dans certains pays latins où la notion de ponctualité est approximative. «J’ai aussi constaté une tendance très forte à vous dire oui à tout. Mais il s’agit d’une pure formalité et non d’un réel accord», précise l’envoyé de Seedstars World. Quant à la frontière entre business et amitié, elle apparaît beaucoup plus tenue. «Il y a un véritable besoin à approfondir et personnaliser les relations», assure Enrique Alvarado Hablutzel

Consolider les bases

Depuis plus de trois ans, la jeune CEO de SSW se bat en tout cas pour briser l’image négative qui circule sur ces régions du monde et tenter d'y faire des affaires. «La plupart des gens ne voient pas les milliards d’opportunités qui se présentent dans les pays émergents. Nous sommes là pour leur montrer que ces marchés sont déjà en train de se transformer en centres d’innovation, où des entrepreneurs talentueux et des agents du changement sont actifs», raconte-t-elle. Au fil des éditions, la sauce commence à prendre selon ses dires: «Nous sommes parvenus à créer une communauté mondiale d’entrepreneur».

D’ici avril, les envoyés de SSW repartiront sur les routes pour la 4e édition. Le nombre de pays visités ne devrait plus augmenter avec la même cadence toutefois. «Nous voulons maintenant consolider nos bases en ouvrant une douzaine de seedspace (sorte d'espace de travail en commun dont le premier est basé à Genève, ndlr) dans le monde», explique Alisée de Tonnac.

Créé: 01.03.2016, 14h32

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