Les grandes enseignes résistent tant bien que mal

Commerce de détailComme la plupart de la branche, Globus et Manor bouclent 2015 sur un chiffre d’affaires en baisse.

Pierre Brunschwig et Anne-Marie de Picciotto, deux des quatre associés du groupe Bon Génie Grieder. (Archives)

Pierre Brunschwig et Anne-Marie de Picciotto, deux des quatre associés du groupe Bon Génie Grieder. (Archives) Image: P. Abensur

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Les grands détaillants du pays continuent d’aligner des résultats peu réjouissants. Globus, filiale de la Fédération des coopératives Migros, a ainsi reconnu mardi un chiffre d’affaires en baisse de 3,3%, à 928,7 millions de francs. Celui de son confrère Manor a reculé de 2,9%, à 2,64 milliards.

Après le choc de l’abandon du cours plancher de l’euro par rapport au franc, le 15 janvier 2015, les grands magasins zurichois et bâlois réussissent donc une performance honorable. Depuis cette décision prise par la Banque nationale suisse, la devise helvétique s’est parfois renchérie d’un peu plus de 20% par rapport à la monnaie unique.

Milliers de postes supprimés

A titre de comparaison, le groupe BonGénie Grieder, dont l’assortiment se concentre il est vrai dans du textile haut de gamme, a annoncé une baisse de 10% de ses recettes par rapport à celle de 2014.

Le leader de la branche, Migros, a réussi un véritable tour de force en préservant un chiffre d’affaires à 27,4 milliards de francs. Il a probablement bénéficié du poids énorme de ses parts de marché dans le domaine alimentaire. Son principal rival, Coop, n’est toutefois pas parvenu à éviter un recul de ses ventes de 1,1%. A proximité des frontières, l’adversité s’est révélée encore plus impitoyable. Migros Genève a révélé une baisse de 4,3%. Un peu moins exposée, Migros Vaud a tout de même avoué un fléchissement de ses résultats de 3,5%.

La faiblesse de l’euro et le tourisme d’achat développent cependant leurs effets depuis une bonne demi-douzaine d’années. En cinq ans, 10000 emplois auraient été biffés dans la grande distribution suisse. Et 50000 depuis 1990. Cette tendance est en plus vouée à persister.

A ce sujet, le président de la direction générale de la Fédération des coopératives Migros, Herbert Bolliger, se montre relativement transparent dans la presse: «Il est clair que si le chiffre d’affaires baisse, certains postes qui se libèrent ne seront pas repourvus. En règle générale, on estime que 1 milliard de chiffre d’affaires en moins implique 3300 postes en moins.»

L’avenir et les doutes

Dans ce contexte pénible, des entreprises se félicitent de leurs performances online. La voie de l’avenir! Les ventes en ligne de Globus ont ainsi progressé de 70% l’an dernier par rapport à 2014. Celles de Manor ont plus que doublé. «Migros profite du fait d’avoir misé très tôt sur la vente online», se réjouit Herbert Bolliger. Les ventes de la filiale webienne du géant orange, LeShop SA, ont ainsi crû de 6,6% l’an dernier.

Ces scores s’avèrent réjouissants et d’une importance cruciale, certes. Rappelons néanmoins que les ventes en ligne ne constituent que 1 à 2,5% des chiffres d’affaires des principaux distributeurs helvétiques. Cette situation inspire parfois même des doutes. «Les affaires online restent marginales pour nous avec seulement 1% du volume global de nos ventes. Contrairement à ce que les gens peuvent croire, la vente online n’est pas la panacée. Elle nécessite une logistique très complexe et coûteuse», nous confiait le président du groupe BonGénie Grieder, Pierre Brunschwig, dans nos éditions du 12 octobre.

Créé: 20.01.2016, 08h27

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Le fossé entre salaires suisses et européens se creuse

Au cours de l’année écoulée, la presse et les médias suisses ont tous dû aborder au moins une fois par semaine les problématiques du franc fort et du tourisme d’achat. Les recherches de banques et de cabinets d’audit ont apporté de l’eau au moulin et enrichi les analyses sur ces sujets. Le poids d’un troisième facteur semble toutefois rester tabou: les écarts de salaires observés entre les détaillants suisses et européens.

Le président du directoire de Denner AG, Mario Irminger, a voulu lever le voile sur la réalité de cette donnée déterminante. Il a comparé l’évolution des salaires moyens de son entreprise et ceux du hard discounter allemand Aldi Süd, au cours des sept dernières années. Le fruit de cette étude, révélée dimanche dernier par l’hebdomadaire zurichois NZZ am Son ntag, offre de riches enseignements.

Il en ressort notamment qu’en 2008, alors que la monnaie unique était encore forte, les employés de la filiale de la Fédération des coopératives Migros touchaient un salaire mensuel (converti en euros) excédant de 6% seulement celui de leurs confrères d’Aldi Süd.

En 2012, alors que le cours plancher de l’euro par rapport au franc, à 1,20 franc, développait ses effets, le différentiel Denner/Aldi Süd atteignait 41%. Au terme de l’exercice écoulé, il s’élevait à 59%. «Et si nos capacités concurrentielles diminuent de 50% en sept ans, aucun programme d’efficience nous permet de le compenser», rappelle Mario Irminger.

Il est vrai que les salaires ont en moyenne augmenté de moins de 6% chez Aldi Süd et de 60% chez Denner AG entre 2008 et 2015. Cette inflation du côté suisse découle d’un intense travail entre partenaires sociaux, initié en 1998 par l’Union syndicale suisse.

Dans ce contexte, une baisse des salaires chez les détaillants helvétiques paraît peu pertinente. Les espoirs de concurrence face aux rivaux européens résident davantage dans la qualité des produits et le niveau de formation des collaborateurs.

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