Grosse levée de fonds pour deux entreprises basées à Lausanne

Start-upAvec 40 millions de dollars pour Nexthink et 36 millions d’euros pour G-Therapeutics, les vents sont en faveur des sociétés vaudoises.

Les 2 créateurs de l'entreprise Nexthink, Pedro Bados et Vincent Biéri à droite. (Photo de 2010)

Les 2 créateurs de l'entreprise Nexthink, Pedro Bados et Vincent Biéri à droite. (Photo de 2010) Image: Michel Perret

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Ce mois d’avril s’est avéré prolifique pour les sociétés lausannoises. Coup sur coup, à quelques jours d’intervalle, deux d’entre elles viennent de boucler deux importantes levées de fonds. L’éditeur de logiciels Nexthink, en premier, est parvenu à récolter 40 millions de dollars (38,23 millions de francs) auprès de divers partenaires: le fonds d’investissement de la famille Bertarelli Waypoint, les fonds de capital-risque Highland Europe et Auriga Partners ainsi que Galeo Ventures.

En tout, cette société – dont la technologie permet aux départements informatiques de ses nombreux clients (Migros, HUG, PwC, etc.) d’identifier toutes anomalies sur les postes de travail ou les boîtes e-mail des employés – aura levé pour 65 millions de dollars depuis son lancement, il y a une douzaine d’années.

En début de semaine dernière, G-Therapeutics, une start-up à l’origine d’une nouvelle approche pour traiter les personnes paraplégiques, annonçait à son tour le bouclement d’un premier tour de table. Montant encaissé: 36 millions d’euros (39,6 millions de francs) auprès de plusieurs partenaires, dont Inkef Capital (une caisse de pension hollandaise).

Nexthink et les Etats-Unis

Pour Nexthink, ces millions de dollars serviront à accélérer son expansion et cela essentiellement aux Etats-Unis, où la société vient d’ouvrir un siège social, à Boston. Une stratégie audacieuse, étant donné que l’édition de logiciels y est dominée par des grands groupes tels que Microsoft, IBM ou encore HP.

«Il faut d’abord être conscient que ces concurrents sont également présents en Europe et que le marché est énorme. Ensuite, l’avantage des Etats-Unis pour une société comme la nôtre qui nécessite de croître le plus rapidement possible est de s’adresser à plus de 300 millions de consommateurs parlant une seule et même langue», explique Pedro Bados, cofondateur et directeur de Nexthink.

Comptant déjà dix antennes dans le monde, pour une présence dans une vingtaine de pays, cette société fondée au début de 2005 à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ne remet toutefois pas en cause son ancrage suisse. Son CEO assure que son siège mondial restera dans la capitale olympique. «Le fait que nos récents investisseurs ne soient pas d’origine suisse ne remet pas en cause notre présence», tient à rassurer le patron, qui emploie actuellement 220 personnes, dont 120 installées depuis un peu plus d’un an au Centre Malley Lumières.

«La Suisse a plusieurs avantages, dont une culture de la qualité, ainsi qu’une facilité à convaincre des talents étrangers à venir s’y installer»

«La Suisse a plusieurs avantages, dont une culture de la qualité, ainsi qu’une facilité à convaincre des talents étrangers à venir s’y installer», détaille Pedro Bados. Ce dernier préfère ne pas penser aux potentielles conséquences de la votation du 9 février 2014, soit ce jour où le peuple acceptait l’initiative populaire «Contre l’immigration de masse». Selon lui, «les Suisses seraient bien trop pragmatiques pour limiter l’accès de leur pays aux talents du reste du monde».

Après Sophia Genetics, AC Immune, Abionic ou encore MindMaze, la start-up G-Therapeutics a remis sous les feux de la rampe le dynamisme de l’arc lémanique dans le domaine des sciences de la vie. Pour le moment en tout cas, car faute d’investisseurs locaux, son développement risque de prendre une tournure de plus en plus européenne, voire américaine.

Ecueil suisse de taille

«Faire de la recherche en Suisse, c’est une chose qui fonctionne. Mais y mettre sur le marché des technologies, c’est autre chose. Il faut en être conscient. La Suisse n’a pas l’écosystème pour le faire et elle pâtit du manque de financement», regrettait en début de semaine dans Le Temps Grégoire Courtine, son fondateur. Il a depuis cédé les rênes de G-Therapeutics à Vincent Delattre (directeur opérationnel) et à Sjaak Deckers (CEO).

Ainsi, si la recherche sera maintenue en Suisse (en collaboration notamment avec le CHUV), le développement commercial de cette spin-off de l’EPFL se fera hors des frontières helvétiques, très certainement depuis les Pays-Bas ou les Etats-Unis.

Créé: 24.04.2016, 17h47

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