Lendora a trouvé les fonds pour bousculer le marché du crédit

Crédits à la consommation Avec l’entrée dans son capital de la famille Frey, qui détient Firstcaution, la start-up de Nyon vise désormais aussi les prêts aux PME

Simon Pelletier, CEO et co-fondateur de Lendora, relève qu'en matière de crédits à la consommation:

Simon Pelletier, CEO et co-fondateur de Lendora, relève qu'en matière de crédits à la consommation: "Nous faisons une sélection stricte pour éviter le surdendettement. Mais nous avons aussi la responsabilité d’éviter que les investisseurs se retrouvent face à des défauts de paiement". Image: DR

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Lendora, plateforme de prêts entre particuliers (ou crédits participatifs), lancée en 2017 par cinq anciens étudiants du gymnase de Nyon, a désormais les pleins moyens de ses ambitions: s’attaquer au puissant marché du crédit à la consommation. La start-up a levé un montant de 1,2 million de francs pour développer ses services financiers en ouvrant son capital à la famille Frey qui détient la société d’assurances des garanties de loyer Firstcaution. Fort de ce partenariat, Lendora compte même entrer à terme, sans doute mi-2020, sur le marché du crédit aux entreprises.

Depuis le 1er juin, la jeune société est détenue en majorité par la holding familiale Compagnie du Mont-Cervin présidée par Céline Frey, directrice de Firstcaution à Nyon, et fondée par son père Jean-Jacques. Le groupe possède plusieurs domaines viticoles de prestige: Billecart-Salmon en Champagne, Château La Lagune dans le Bordelais, Château de Corton-André en Bourgogne et les Domaines Paul Jaboulet Aîné dans la vallée du Rhône, ainsi qu’un domaine à Fully. Avant de racheter la société de garanties de loyers, Jean-Jacques Frey avait bâti un parc immobilier commercial en France qui a été vendu.

Installée dans la région de Nyon, la famille a vu en Lendora une belle opportunité de synergies avec Firstcaution dans les services financiers (fintech) en plein développement. Simon Pelletier, cofondateur et CEO de la plateforme de crédits participatifs, va dans le même sens: «Ce sont des partenaires de choix qui partagent nos valeurs et notre vision d’entreprise sur le long terme.» Il a d’ailleurs gardé une part minoritaire, comme ses quatre acolytes des débuts, non salariés dans la société. Installée à l’Innovation Park de l’EPFL, celle-ci a profité de la transaction pour déménager près de la gare de Nyon au même étage que Firstcaution.

Grâce aux fonds levés, Lendora a engagé deux nouveaux employés. Et l’équipe doit s’étoffer encore pour compter une douzaine de collaborateurs d’ici à l’an prochain, les uns actifs dans le marketing et la vente, d’autres dans la programmation de la plateforme. Sur le plan des affaires, cette dernière est en train d’accélérer sa croissance, selon son directeur. Permettant à des privés d’obtenir un crédit à la consommation en se finançant directement auprès d’autres particuliers, qui se positionnent comme investisseurs dans un produit alternatif, elle accorde actuellement quelque 300 000 francs de crédits par mois, avec l’objectif d’atteindre 1,5 à 2 millions cette année sur un marché suisse de 11 milliards par an.

Mais attention: Lendora, qui fonctionne dans le très strict cadre de la loi et des autorités financières, n’a pas pour vocation d’ouvrir grand les portes du crédit et de laisser croître le surendettement des particuliers. Elle donne en effet son feu vert à moins de 2% des demandes de crédits. Sur la base des multiples données personnelles et financières requises (salaire, charges principales, historique de paiement, structure familiale, etc.), la plateforme jauge le risque par intelligence artificielle et octroie ou non le prêt. «Nous faisons une sélection stricte pour éviter le surendettement, indique Simon Pelletier. Mais nous avons aussi la responsabilité d’éviter que les investisseurs ne se retrouvent face à des défauts de paiement.»

Dans ce cadre, les deux parties y trouvent avantage: les emprunteurs, pour qui les coûts sont de 25% à 30% inférieurs à ceux pratiqués par les acteurs traditionnels, relève-t-il, et les investisseurs qui profitent, eux, en moyenne d’un rendement net de 5%!

Créé: 09.09.2019, 10h29

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