La marque vaudoise Movement Skis slalome sur un nuage

Série: «des entreprises multiculturelles»Reprise par la société d’investissement Airesis, Wild Duck SA, à Puidoux, affiche de nouvelles ambitions.

Dans les locaux à Puidoux, les collections de la marque Movement vont rapidement prendre le chemin des pistes. Image: Patrick Martin

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En scrutant le ciel au dessus des Préalpes vaudoises, ces derniers jours, les gens de la marque Movement Skis avaient le sourire aussi large qu’un grand écart de saut freestyle. Après trois années de disette, les premières neiges abondantes de ce mois de novembre laissent présager un hiver radieux pour la société Wild Duck SA propriétaire de la marque, basée à Puidoux.

Wild Duck est un nom de légende pour toute une génération d’ados en sweat à capuche et «frocs XXL» qui ont découvert la glisse sur un snowboard. La marque s’est imposée au début des années 90 comme l’une des plus grandes au monde face au rollois Nidecker. «On a produit jusqu’à 30 000 planches la meilleure année», raconte Serge Baud, directeur général de l’entreprise fondée en 1981. Au départ, ce passionné de sport de glisse les fabriquait avec deux amis dans une ferme à Bussigny. Il n’avait pas 20 ans. L’aventure du «canard sauvage» dans le snowboard a duré 18 ans. Sentant le vent tourner dans ce marché qui comptait plus de 400 fabricants en période d’euphorie, Serge Baud et son investisseur de longue date, qu’il appelle «mon business angel», Richard Cattanéo, se tournent vers le ski.

La pomme de Guillaume Tell

La nouvelle gamme de skis, issue de trois ans de développement, est lancée en 2001 sous le nom de Movement. Son symbole: une pomme, en référence à Guillaume Tell, avec une croix suisse. Inspiré par les planches à neige, le design des skis rompt avec les canons traditionnels. Il permet au skieur un nouveau pilotage des lattes en courbes plus chaloupé. Après un essai infructueux de production en France, la société s’installe au Nord de l’Italie chez un fabricant traditionnel. Mais un incendie la contraint à s’exiler en Tunisie où ce dernier possède une seconde usine en zone franche, où elle retrouve... Nidecker!.

L’entreprise vit un nouveau tournant depuis l’an dernier. Elle a été rachetée par la société d’investissement Airesis, basée à Montreux, qui possède la marque Le Coq Sportif. et qui a déjà fait une expérience dans le domaine du windsurf et kitesurf. Actionnaire minoritaire, Serge Baud est resté à la tête du fabricant de skis avec de nouvelles ambitions.

Chaussures de ski

Sans vouloir s’engouffrer dans la piste des géants mondiaux, il ambitionne d’accroître les ventes à 40 000 paires de skis par année contre 25 000 à 30 000 ces dernières années. Le marché de Movement Skis est européen avec une quinzaine de pays. Mais la Suisse représente encore près de 40% des ventes. Depuis 3 ans, la société se développe également dans les chaussures de ski ainsi que les «produits satellites», casques et fixations. Elle compte aussi lancer un produit outdoor estival.

Wild Duck SA s’est allié dans les chaussures de ski à un petit fabricant italien indépendant, à qui elle fournit les moules, explique Serge Baud qui relève qu’il n’y a que huit entreprises au monde maîtrisant la fabrication des plastiques dans ce domaine.

En matière de skis, le fabricant veut aujourd’hui redynamiser le secteur freeski après s’être beaucoup développé dans le freerando (montagne). Il vient ainsi d’engager un nouvel ambassadeur de la marque, le double champion du monde de ski freeride Aurélien Ducroz, multiple vainqueur de l’Xtreme de Verbier, qui est aussi navigateur de voile. Le sportif originaire de Chamonix rejoint d’autres champions au sein du team Movement Skis et de l’équipe recherche et développement.

Si elle ne fait pas de ski pour enfants, la société - qui réalise près de neuf millions de chiffre d’affaires - dit couvrir 95% des pratiques du ski, de la piste à la randonnée, avec des modèles de course ultralégers. Un ski qui a gagné la Patrouille des Glaciers pèse 600 grammes pièce sans fixation (949 francs la paire) et le modèle des dévaleurs de pente de l’Xtreme (899.-) 2,2 kg par ski!

Les prix de l’ensemble de la collection - que l’on trouve uniquement dans des magasins spécialisés - se situent dans une fourchette de 499.- à 1100 francs pour un ski «customisé» de série limitée. Des prix que le directeur de la société veut maintenir accessibles dans une période marquée par plusieurs hiver sans neige, l’arrivée de nouveaux acteurs ainsi que les achats par internet qui attisent la concurrence et la guerre des prix. Un environnement qui a conduit la société a baisser ses prix débuts 2015 de 18% à 30% à la suite du nouvel envol du franc.

Materiel de Authier

Wild Duck SA conçoit ses nouveaux produits dans ses ateliers de Puidoux, où se situe également son centre logistique pour la Suisse. 23 personnes y travaillent, partagées entre une entité de vente (également d’autres marques) et l’unité de développement produits. L’usine de production en périphérie de Tunis, rachetée en 2004, emploie 80 à 100 employés selon la saison, avec un management local et italien. A noter qu’une partie des machines proviennent de l’ancienne usine Authier à Bière, qui, à l’époque, voulait reprendre Wild Duck et son activité snowboard. Une société suisse lui fournit les variétés de bois - d’essences multiples - pour les noyaux des lattes. La production s’est automatisée grâce à de nouveaux équipements, mais certaines tâches, telles que les contrôles de qualité et de cambrure des lattes se font encore sous l’oeil d’ employés... qui n’ont généralement jamais vu de neige. Sur les bords du Léman, leur collègues ne pourraient s’en passer. (24 heures)

Créé: 12.02.2018, 12h16

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