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Navyboot, le pari raté de Philippe Gaydoul

Dix ans après l’avoir acquise, l'entrepreneur schwytzois revend la marque zurichoise de maroquinerie.

Dans le cadre de cette reprise de Navyboot, si le sort du personnel administratif reste incertain, les sites de vente ne semblent pas menacés.
Dans le cadre de cette reprise de Navyboot, si le sort du personnel administratif reste incertain, les sites de vente ne semblent pas menacés.
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Il y a dix ans, de grands espoirs étaient placés par le groupe de la famille Gaydoul dans Navyboot. Il faut dire que l’acquisition du maroquinier zurichois, au mois de juillet 2008, représentait le tout premier investissement de la société familiale (fondée par Philippe Gaydoul et sa mère suite à la vente de Denner à Migros pour près de 1 milliard de francs en 2007). Un pari finalement raté sur fond de crise de la branche textile et de pertes financières importantes, à en croire la «HandelsZeitung».

Une décennie plus tard, le groupe Gaydoul annonce en effet que, pour un montant resté secret, la marque passera dans le giron de Globus dès le 1er janvier 2019. En partie toutefois, puisque la filiale de Migros ne contrôlera que cinq boutiques sur treize et trois outlets sur huit. Pour les «boutiques Navyboot dites intégrées», par contre, Globus aura l’exclusivité.

Ambitions ruinées par la crise

Les ambitions de départ apparaissaient pourtant raisonnables. Au moment du rachat, le groupe Gaydoul veut accélérer l’internationalisation de Navyboot. Dans son collimateur, il a en vue la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Mais des quatre pays voisins, seule l’Allemagne voit vraiment arriver la marque (des points de vente qui seront pour l’instant toujours exploités par le groupe schwytzois).

À première vue juste sur le papier, la stratégie imaginée par l’entreprise familiale prend malheureusement du plomb dans l’aile au fur et à mesure que la branche textile sombre dans la crise. «Le marché a radicalement changé au cours des dernières années», regrette Philippe Gaydoul. Dans un communiqué, l’entrepreneur estime qu’il faut aujourd’hui «moins de surfaces de vente, mais un renforcement du secteur sur Internet et une augmentation des coopérations».

Confrontées à une suroffre généralisée, certaines des marques les plus prestigieuses du monde ont connu des difficultés similaires, à l’instar de Benetton, Abercrombie & Fitch, Gap ou encore de Ralph Lauren. La Suisse n’a pas échappé à cette crise, comme l’a montré le récent fiasco OVS. En juin, la chaîne italienne, qui avait repris les magasins Vögele en 2016, fermait ses boutiques et laissait 1150 salariés sur le carreau.

Réorganisation chez Globus

Globus a par ailleurs connu son lot de déboires. Il y a plus d’un an, Migros regroupait sous la marque faîtière Globus ses filiales Globus, Globus Hommes et Schild et licenciait quelque 80 salariés dans sa centrale argovienne de Spreitenbach.

Dans le cadre de cette reprise de Navyboot, si le sort du personnel administratif reste incertain, les sites de vente ne semblent pas menacés. Comme le groupe Gaydoul il y a dix ans, Globus veut croire au potentiel de Navyboot. «Nous souhaitons renforcer cette offre et créer une gamme complète de vêtements pour femmes et hommes, des chaussures de qualité ainsi que des accessoires élégants en cuir», explique Marcela Palek, responsable de la communication de Globus.

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