«Chez Nestlé, la direction n'avait pas de contrat»

EconomieLe président du Conseil d'administration explique que l'initiative Minder s'est traduite par une hausse de la bureaucratie chez Nestlé.

Peter Brabeck a pu surmonter un cancer grâce à un traitement expérimental qui n'a pas encore été homologué.

Peter Brabeck a pu surmonter un cancer grâce à un traitement expérimental qui n'a pas encore été homologué. Image: Keystone

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Peter Brabeck verra son dernier mandat comme président du Conseil d'administration de Nestlé se terminer en avril 2017. Et il révèle que longtemps les membres de la direction générale n'ont pas eu de contrats.

«C'est vrai. Tout se réglait en une poignée de mains et aujourd'hui, nous sommes contraints d'avoir des contrats, toujours plus. Auparavant c'était une question d'honneur de ne pas aller à la concurrence, sauf si le groupe le permettait», a-t-il expliqué dans une interview parue dans l'édition du 2 juin du Blick. Un changement qui a fait suite à l'acceptation par le peuple suisse de l'initiative Minder.

Le président ne cache pas son hostilité envers un texte qui «a provoqué beaucoup de dégâts en Suisse, fait partir des entreprises et augmenté la bureaucratie, bien plus que l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse». Mais il loue également la démocratie directe «dont les décisions sont justes dans 99,9% des cas».

Le refus des 35 heures en Suisse

Peter Brabeck revient sur une votation capitale pour Nestlé et la Suisse. «Nous nous sommes posés des questions à l'époque où la France adoptait les 35 heures. Et le sujet est venu en Suisse avec un référendum qui a été rejeté par le peuple suisse. Ce vote nous a encouragés à faire de la Suisse un site de production. Notre force en Suisse est donc à mettre au compte du peuple qui s'est exprimé à l'époque contre une certaine politique.»

Il rappelle aussi que les capsules de café Nespresso sont fabriquées en Suisse et vendues dans le monde entier «en dépit du franc fort et de toutes les barrières que nous avons ici».

Les résultats des dernières votations ont également rassuré le groupe. «Nous sommes toujours satisfaits de notre production et continuons à investir. En 2015, il s'agissait de 320 millions de francs suisses.»

Qui sera son successeur?

Il s'est refusé à donner des indices sur son successeur, alors que des rumeurs avancent toujours plus le nom Patrick Aebischer, le futur ex-président de l'EPFL et désormais membre du Conseil d'administration de Nestlé. «Nous avons toujours deux ou trois candidats pour chaque poste à la direction générale ou au conseil d'administration. C'est le cas actuellement et Paul Bulcke (le directeur général de Nestlé, ndlr) en fait partie.»

Peter Brabeck, qui est également vice-président du World Economic Forum, s'apprête à remettre ses mandats dans les conseils d'administration d'Exxon et de L'Oreal avec la fin de son poste chez Nestlé. Mais il pourrait également quitter le groupe basé à Vevey et ne pas devenir président d'honneur. «J'ai toujours dit qu'il ne pouvait y avoir qu'un président d'honneur et Helmut Maucher remplit déjà ce poste à merveille.»

Créé: 02.06.2016, 10h07

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