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Nestlé taille aussi dans les effectifs de Galderma à Paris

Le groupe a décidé de concentrer des activités de sa filiale à Lausanne: 90 postes sont menacés dans la capitale française.

Jusqu'à 190 postes sont menacés à la suite de la fermeture de l'usine d'Egerkigen (SO), annoncée à la fin du mois d'août.
Jusqu'à 190 postes sont menacés à la suite de la fermeture de l'usine d'Egerkigen (SO), annoncée à la fin du mois d'août.
Keystone

Les mesures de restructuration se succèdent chez Galderma dans le cadre d’un «programme global de transformation» amorcé par Nestlé. Cette filiale de la multinationale vaudoise va regrouper au cours des trois prochaines années ses fonctions «corporate» à Lausanne, où se trouve son siège mondial.

La décision aura un impact sur le site de Paris. «Nous l’avons annoncé mardi aux collaborateurs: 90 emplois sont concernés», informe Sébastien Cros, porte-parole. Ces postes seront-ils supprimés ou transférés dans la capitale vaudoise et dans quelle ampleur? Nestlé ne répond pas à cette heure.

Spécialisée dans les soins médicaux de la peau, Galderma compte quelque 6000 employés dans le monde. Cinq cents se trouvent en Suisse, dont plus de 200 à Lausanne. En France, la société emploie 1200 personnes, dont 250 sur son site de Paris La Défense. La société suisse produit des crèmes contre l’herpès labial, les champignons de peau ou encore les dermatoses inflammatoires.

La Suisse déjà touchée

Le regroupement a été annoncé le même jour qu’un autre plan conséquent rendu public par Nice Matinet La Tribune Bulletin Côte d’Azur. Galderma va fermer son centre de recherche et développement de Sophia Antipolis, dans le sud de la France. Près de 400 postes sur un effectif de 550 personnes sont menacés. A la fin du mois d’août, Nestlé décidait aussi de fermer le siège de Galderma Suisse, basé à Egerkingen, dans le canton de Soleure. Jusqu’à 190 emplois risquent de passer à la trappe sur 268 au total.

Ces mesures sont le fruit d’une volonté du groupe basé à Vevey de stimuler les affaires de sa filiale en difficulté. En juillet, les mauvaises performances semestrielles publiées par la multinationale étaient attribuées principalement à deux divisions, Nestlé Health Science et Nestlé Skin Health, le pole de soins dermatologiques.

Dans le canton de Soleure, c’est le faible volume de production et la pression sur les coûts qui ont conduit au dégraissage. Les activités de fabrication de l’ex-usine du groupe Spirig, rachetée en 2012 par Galderma, seront délocalisées progressivement à l’étranger. Le siège de Galderma Suisse doit être transféré à Zurich et les activités de développement dans le canton de Vaud. Jeudi, Nestlé ne pouvait encore informer où.

En France, la fermeture du laboratoire de Sophia Antipolis traduit la volonté de Nestlé de mettre l’accent sur de nouveaux soins dermatologiques. Le site se concentre sur les produits topiques, soit ceux sous forme de crème à appliquer sur la peau. Il cédera la place à un futur centre de compétences pour les médicaments biologiques et systémiques, c’est-à-dire ceux qui sont administrés par voie orale ou par injection. Son emplacement n’est pas encore connu.

«Le changement technologique initié il y a quelques années a eu un fort impact sur le marché de la dermatologie de prescription, explique Sébastien Cros. L’arrivée de nouvelles classes thérapeutiques, en particulier celles des médicaments biologiques, a pour conséquence une pression accrue sur le modèle économique des traitements qui ne sont plus vus comme innovants, les produits de prescription topiques traditionnels notamment.» A cela s’ajoute une prise massive de parts de marché par les génériques, poursuit le porte-parole.

Croissance décevante

Il y a trois ans encore, le géant alimentaire nourrissait de grandes ambitions en se diversifiant dans les traitements pour la peau. En plein boom mondial, le marché était identifié comme offrant un fort potentiel. C’est ce qui a poussé Nestlé, en 2014, à prendre contrôle à 100% de la société Galderma, en rachetant les 50% détenus par le groupe français L’Oréal. Leader mondial de la dermatologie, Galderma était alors présentée comme une poule aux œufs d’or, un potentiel nouveau Nespresso.

Nestlé s’est encore renforcé dans le secteur en acquérant la même année, pour 1,25 milliard de francs, certains produits de dermatologie esthétique aux Etats-Unis et au Canada auprès de la société canadienne Valeant.

Les performances attendues n’ont pas suivi. «La croissance est faible depuis deux ans, commente Andreas von Arx, analyste chez Helvea. Une des raisons tient au ralentissement en Chine, marché très important dans ce domaine.» La semaine prochaine, Nestlé devrait présenter à ses investisseurs ses priorités stratégiques futures. Le groupe aura sûrement à répondre aux interrogations des actionnaires sur les résultats décevants de ses traitements dermatologiques.

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