Nissan pourrait perdre 15'200 yellow cabs de New York

TaxisUn contrat d'un milliard de dollars entre Nissan et la ville de New York pour fournir 15'200 yellow cabs est remis en cause par la justice qui entend lutter contre le risque de monopole dans l'univers des taxis.

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Aux Etats-Unis, les taxis jaunes sont une institution. Nés de la Yellow Cab Company fondée par John Daniel Hertz en 1915 à Chicago (une étude de l'Université du Michigan indiquait que la couleur jaune serait la plus visible de loin), les taxis jaunes ont été généralisés par une loi votée en 1967.

Depuis, de New York à San Diego et de San Francisco à Vancouver en passant par Barcelone, les yellow cabs ont gagné de nombreuses villes à travers le monde. Mais c'est sans doute aux rues de Manhattan qu'elles sont le plus attachées, immortalisées par le cinéma, la télévision et le pop art. C'est aussi à New York qu'ils sont le plus nombreux: 13'237 étaient recensés cet été dans Big Apple par le magazine Capital New York.

Ancien bastion des constructeurs américains

Longtemps forteresse des constructeurs américains (Ford, GM et Chrysler), les yellow cabs ont vu d'autres marques automobiles prendre pied peu à peu dans la flotte. Ainsi, des Prius hybrides de Toyota avaient fait leur apparition depuis quelques années. Mais jamais la flotte n'avait été unifiée.

Or, la ville de New York avait décidé de provoquer un renouvellement de la flotte, avec des véhicules nouveaux: accessibles aux personnes handicapées, équipées de prise pour charger les téléphones, dotées d'un toit panoramique... L'objectif était de séduire aussi bien les touristes que les Newyorkais.

Nissan a remporté l'appel d'offres

Trois constructeurs avaient déposé un dossier: l'américain Ford, le turc Karsan et le japonais Nissan. Et c'est ce dernier qui a remporté la mise en septembre 2012, avec 15'200 yellow cabs à fournir. Le modèle choisi, le «NV 200 passagers», dérivé d'un petit utilitaire, a vu sa fabrication débuter fin août dans une usine au Mexique. Pour Nissan, ce contrat estimé à un milliard de dollars représentait un succès économique et surtout une victoire de prestige.

Mais un juge newyorkais a tout remis en cause cette semaine: saisi par un groupement d'entreprises de taxis qui s'indignait contre cette uniformisation des modèles à venir, Shlomo Hagler, juge de la cour suprême de Manhattan, a estimé que la Commission des taxis et limousines de New York (TLC) a outrepassé ses droits en imposant aux titulaires des licences de taxis le choix d’un véhicule spécifique.

Le risque du monopole

Pour lui, le risque avec un tel contrat serait d'aboutir à une série de monopoles: assurances, ravitaillement en carburant, entretien des véhicules... la TLC aurait le champ libre pour imposer ses choix et casser toute concurrence, avec le risque d'imposer des interlocuteurs et d'aller à l'encontre du libre choix des chauffeurs de taxi.

Déception du côté de la ville et du constructeur: les services municipaux ont décidé de faire appel de ce jugement, tandis que Nissan ne change pas ses plans pour le moment: «Nous sommes déçus de cette décision, mais celle-ci ne va pas bloquer notre plan de commencer à équiper New York des "taxis du futur" Nissan à la fin du mois», a déclaré un porte-parole du constructeur japonais.

Le jugement sonne toutefois comme un désaveu pour la ville de New York, alors que de nombreuses voix s'étaient élevées en 2012 pour dénoncer le risque d'uniformisation des yellow cabs, a fortiori au profit d'un constructeur étranger. Nissan avait pourtant mis toutes ses forces dans la balance pour obtenir ce contrat symbolique, faisant même appel au champion de Formule 1 Sebastian Vettel, venu promouvoir le «NV 200 passagers».

Créé: 10.10.2013, 13h56

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