Novartis se restructure drastiquement et supprime 2000 emplois en Suisse

LicenciementLe géant bâlois de la pharma va réorganiser ses activités en Suisse, et cela tant dans la production que dans les services.

Le Campus Novartis à Bâle. «Nous sommes fiers d’y maintenir notre siège mondial, notre principal centre de R & D et des moyens de fabrication avancés.»

Le Campus Novartis à Bâle. «Nous sommes fiers d’y maintenir notre siège mondial, notre principal centre de R & D et des moyens de fabrication avancés.» Image: Keystone

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«Alors que nous investissons dans de nouvelles technologies hautement spécialisées, l’importance de certains domaines traditionnels va diminuer.» En relisant la déclaration de Matthias Leuenberger, responsable pour la Suisse de Novartis, on se rend compte que le diable se cache souvent dans les détails. Alors que le groupe évoquait alors (à la fin d’août) la création de 450 emplois sur son site de Stein, en Argovie, et l’investissement de 90 millions de francs, il préparait visiblement déjà le terrain pour l’annonce survenue en ce début de semaine.

Et la claque est plutôt violente. Dans le cadre d’une réorganisation dont le plan a été élaboré en 2015 et dont les conséquences se sont déjà fait ressentir aux États-Unis, au Japon ainsi que dans d’autres pays, Novartis prévoit désormais de supprimer plus de 2000 postes en Suisse au cours des quatre prochaines années. «Nous poursuivons nos efforts en vue de transformer Novartis dans le monde entier en une organisation plus efficace et plus agile, capable d’innover de façon pérenne et d’offrir aux patients des médicaments révolutionnaires», expliquait par communiqué Vas Narasimhan, CEO de Novartis. Cette déclaration oublie par ailleurs un aspect fondamental: celui des coûts moins élevés.

Double réorganisation

Quoi qu’il en soit, cette réorganisation se résume en deux axes stratégiques. D’un côté, l’on assiste au regroupement par Novaris de ses forces sur cinq centres de services mondiaux: Dublin en Irlande, Hyderabad en Inde, Kuala Lumpur en Malaisie, Mexico au Mexique et Prague en République tchèque. Pour la Suisse, ce sont quelque 700 postes qui seront transférés à l’étranger.

Quant à l’appareil industriel, Novartis veut le faire évoluer pour répondre aux dernières mutations de la branche. Dans une époque où ce secteur joue une grande partie de son avenir dans la médecine personnalisée, le groupe bâlois veut anticiper la diminution envisagée du nombre de solutions médicamenteuses de grandes séries, soit les fameux blockbusters (traitements au milliard de revenus, si ce n’est plus). «Dans la production, les mesures visent cette fois une réduction nette des effectifs d’environ 1000 postes d’ici 2022», indique Novartis.

Syndicats mécontents

Dans la foulée de son annonce, l’entreprise a assuré mardi vouloir tout faire pour limiter la casse sociale. «Nous ferons tout notre possible pour aider nos collaborateurs susceptibles d’être affectés à surmonter cette transition difficile», assure Novartis. Le géant bâlois de la pharma confirme par ailleurs «avoir déjà invité les représentants du personnel et les cadres en Suisse au dialogue et à la consultation».

Cet appel au dialogue et à la paix sociale n’a pas empêché les syndicats de sortir du bois. Employés Suisse parlait ainsi mardi de «coup dur», de «suppressions d’emplois irresponsables» ainsi que de «tort massif» infligé tant aux employés que, plus globalement, à l’économie suisse. «Nous ne permettrons pas à Novartis de démanteler la place industrielle bâloise» a réagi Christophe Burkard, responsable du partenariat social au sein du syndicat.

La Suisse reste attractive

Intervenant dans une période où l’industrie pharmaceutique se porte bien (BAK Economics envisage une croissance de la branche de 5% en 2019), cette restructuration ne manque pas d’inquiéter au sujet de l’avenir des multinationales en Suisse. Elle fait en effet écho à la récente annonce de licenciements par Nestlé. D’après Michael Grass, économiste chez BAK Basel, cette double actu ne représente toutefois pas une tendance de fonds et la Suisse continue de «représenter un site très bien positionné et compétitif sur le plan international pour les multinationales».

Novartis allait dans ce sens, mardi, en affirmant que son engagement à l’égard de la Suisse n’est nullement remis en cause. «Nous sommes fiers d’y maintenir notre siège mondial, notre principal centre de R & D et des moyens de fabrication avancés qui ne cessent de s’étendre», assure le géant de la pharma.

Créé: 25.09.2018, 19h29

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Soit, en pour-cent, la croissance en 2019 pour la branche de la pharma estimée par BAK Economics.

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