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Patricia Delarive veut démocratiser la médecine esthétique

Médecin-chef à la tête des cinq Cliniques Matignon, elle voit un bel avenir dans ce type de soins «pour se sentir mieux».

Patricia Delarive est tout aussi passionnée par la gestion d’entreprise, les technologies médicales que la médecine esthétique
Patricia Delarive est tout aussi passionnée par la gestion d’entreprise, les technologies médicales que la médecine esthétique
Odile Meylan

Le domaine de la médecine esthétique est relativement jeune en Suisse, mais son essor est à la mesure des attentes des générations actuelles, soucieuses de leur corps et de leur apparence physique. Patricia Delarive, présidente et médecin-chef des Cliniques Matignon, qui comptent cinq établissements et se positionnent comme leader de ce marché en Suisse romande, veut démocratiser ce type de soins. Après une crise de croissance, la société lausannoise née il y a un peu plus de 10 ans est en pleine maturité: «Depuis trois ans, ditelle, nous sommes dans une situation de confort et de croissance saine.»

«Notre cœur de métier est la médecine esthétique non chirurgicale, précise-t-elle. On ne pratique pas des interventions spectaculaires. Aujourd’hui, les gens ne veulent plus de traitements lourds pour se transformer, mais prendre soin d’eux. Seules quelques personnes ont un désir de perfection que nous ne pouvons pas combler. Mais souvent, avec le temps, nous les amenons à davantage de sagesse par rapport à leur propre image.»

Les cliniques du groupe dispensent des conseils et des thérapies par des «techniques éprouvées» pour le visage, les lèvres, les yeux, la silhouette, le décolleté, la peau ou les cheveux. Elles sont dispensées au moyen de différents appareils de traitements laser et par injections (principalement le Botox et l’acide hyaluronique), ultrasons, radiofréquences, dispositifs de froid (cryothérapie), etc.

Gagner la confiance

Dans l’établissement lausannois, situé depuis un an dans un bâtiment tout rénové à côté du Beau-Rivage Palace, qui ressemble à un grand cabinet médical, on ne fait pas d’interventions sur les seins ni de chirurgie «invasive». Seules quelques petites opérations sont réalisées, mais uniquement dans cette clinique, notamment des paupières ainsi que pour des lipo-succions ou les microgreffes capillaires. La société Clinique Matignon possède des établissements à Lausanne, à Vevey (ouvert en 2007), à Nyon (2010), à Neuchâtel et à Sion, avec un total de 35 collaborateurs, dont huit médecins spécialisés, et une équipe d’une vingtaine de techniciennes esthéticiennes formées au sein de l’entreprise.

Le terme clinique ne reflète d’ailleurs pas tout à fait le type de soins légers fournis par le réseau. «Lorsque nous avons créé la société, il fallait rassurer les gens sur la qualité de nos services, montrer notre expertise professionnelle afin de créer la confiance», relève la directrice générale. Les fondateurs sont en effet trois médecins qui ont fait leurs études à Lausanne: Patricia Delarive, spécialiste FMH en dermatologie et vénérologie, ancienne chef de clinique au CHUV, et les Dr Sabri Derder, «ponte» de lachirurgie plastique, et Roland Ney, médecin esthétique réputé.

"Pour toutes les bourses"

Les soins s’adressent à tout un chacun, remarque la directrice générale. «Nous avons des traitements pour toutes les bourses.» Pourtant, l’an dernier, suite à une étude de la clientèle, elle fait le constat que, malgré son vœu de démocratiser la médecine esthétique, celle-ci touche encore essentiellement les gens favorisés. Selon elle, de nombreuses personnes, femmes et hommes de tous âges, ont le désir d’améliorer leur apparence et de ralentir leur vieillissement grâce à des solutions médicales professionnelles. D’autant que les tarifs, dit-elle, ont pu être réduits en raison des volumes de traitements réalisés dans les cliniques.

«Les gens ont envie de faire plein de choses, mais ils ont peur que cela soit trop lourd.» C’est pourquoi la société a lancé, à la fin de l’année dernière, une nouvelle stratégie afin de mieux faire connaître son activité et d’ouvrir les portes de ses cliniques à une clientèle plus large. Elle a trouvé un partenariat avec l’enseigne Manor et, depuis peu, Clinique Matignon dispose dans son magasin lausannois d’un «Pop Up Store» de démonstration et conseils consacré à la médecine esthétique. «Nos collaboratrices sont assaillies de demandes, relève-t-elle. Beaucoup de jeunes s’y intéressent.»

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Patricia Delarive, qui a arrêté toute activité de consultation depuis le début de l’année, a trouvé dans cette initiative une grande motivation et une satisfaction professionnelle. «C’est dans ma nature de toujours construire et développer quelque chose de nouveau.» Elle avait ainsi commencé une formation en médecine esthétique à la Clinique La Prairie, sur la Riviera, à côté de son activité médicale de cabinet, et elle s’est passionnée pour le côté technique de cette activité, notamment dans le domaine de la dermatologie avec les lasers. On ne savait alors rien, dit-elle, du vieillissement, en général, et de celui de la peau en particulier.

Cette passion pour les innovations technologiques de la médecine esthétique l’incite, à 38 ans, à créer avec son confrère chirurgien plasticien une entreprise de soins esthétiques. En 2007, ils ouvrent leur premier centre à l’avenue d’Ouchy, qui rapidement connaît le succès. Si bien, qu’aidés par la BCV et un troisième partenaire, Roland Ney, pionnier européen de la médecine esthétique, ils lancent cinq autres cliniques dans les trois années suivantes. L’investissement s’élève alors à près de 1,5 million de francs par clinique. Mais, en raison d’«erreurs de gestion de jeunesse», le groupe connaît des difficultés financières.

«Remise sur les rails»

En 2013, il ferme son centre zurichois, réorganise son management et nomme Patricia Delarive à la présidence de la société. Elle avoue être tout aussi passionnée par la gestion d’entreprise que la médecine esthétique. Au point qu’elle s’inscrit dans une haute école à Paris afin d’obtenir la maîtrise en management des affaires (MBA), spécialisée PME.

Le marché étant là, le redressement de la société est rapide: «On l’a facilement remise sur les rails», dit-elle. Au point qu’elle songe maintenant à ouvrir de nouvelles cliniques. Mais pas avant l’année prochaine. Être une femme à la tête d’une telle entreprise? Elle y voit autant d’avantages que d’inconvénients, mais dans une PME comprenant une majorité de collaboratrices, cette question ne l’émeut guère. On ne s’en étonne pas quand on comprend que le principal moteur qui anime cette maman de deux enfants aux études – une fille en droit et un fils… en médecine – est la passion, que ce soit pour la médecine, les technologies médicales ou la gestion d’entreprise et de projets.

Publié le: 04.06.2018

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