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Un patron exceptionnel prend la tête de Nestlé

A l’instar de la multinationale vaudoise, l’économie suisse se prépare à un exercice riche en événements. Tour d’horizon.

Ulf Mark Schneider: c’est le premier CEO de Nestlé recruté en dehors de la firme, depuis nonante-cinq ans.
Ulf Mark Schneider: c’est le premier CEO de Nestlé recruté en dehors de la firme, depuis nonante-cinq ans.
Reuters

En Suisse, l’agenda économique 2017 recèle des dates cruciales. Cette nouvelle année a ainsi commencé avec un président du directoire exceptionnel à la tête de Nestlé: Ulf Mark Schneider, présenté comme le «meilleur manager allemand de l’année» en 2012 par le quotidien Handelsblattet l’année suivante par le mensuel Manager Magazin.

La nomination de l’ex-PDG de Fresenius SE & Co. (société spécialisée dans les techniques médicales et la santé, cotée au DAX depuis près de huit ans) change d’emblée les habitudes de la multinationale veveysanne. Il s’agit en effet du premier CEO de Nestlé recruté en dehors de la firme, depuis nonante-cinq ans.

Le 2 mars, une transaction repoussée à quatre reprises devrait se réaliser, à savoir l’absorption de l’agrochimiste bâlois Syngenta par l’entreprise d’Etat ChemChina (China National Chemical Corporation). Cette opération donnera naissance à l’un des plus grands producteurs de pesticides et de semences agricoles dans le monde.

Coup de colère inoubliable

Toujours en mars, le nouveau président du directoire de Lindt & Sprüngli, Dieter Weisskopf, présentera les résultats du chocolatier, après avoir géré la trésorerie de l’entreprise pendant vingt et un ans. Ernst Tanner se contente, depuis l’automne dernier, de présider le conseil d’administration après avoir dirigé en plus le directoire pendant vingt-deux ans.

Vers la fin de l’été, Novartis devrait vendre à Roche une partie des 53 millions d’actions au porteur de son concurrent bâlois qu’il détient. Cette vente générera un bénéfice comptable de 5 milliards de francs. Le leader suisse de la pharma gardera 9% des titres de Roche existants, soit un tiers des droits de vote, selon le quotidien financier zurichois Cash.

Telle sera l’issue du coup de colère d’un gros actionnaire de Roche, Martin Ebner, visant les dirigeants de l’entreprise en 2001. Profitant de l’ire de ce banquier schwytzois, celui qui était à l’époque le patron de Novartis, Daniel Vasella, s’était tout de suite montré transparent: «Cet achat d’actions de Roche constitue un investissement à long terme, obéissant à une orientation stratégique.»

Evidemment, l’agenda 2017 nous promet encore des amendes à l’encontre de banques suisses, portant en tout sur plusieurs milliards de francs. Au printemps, la Banque Cantonale de Zurich devrait ainsi arriver à un accord avec le Department of Justice et résoudre son conflit fiscal avec les Etats-Unis. Ils portent sur des faits remontant parfois à plus de quinze ans.

La prochaine amende dont écopera UBS, probablement d’ici à l’automne prochain, fera en revanche beaucoup plus de bruit. Et dans les médias de toute l’Europe! La sanction sera en effet précédée d’un procès retentissant. Les deux personnes morales, UBS France et UBS AG, ainsi que six anciens managers de ces établissements seront vraisemblablement cités à comparaître au Tribunal correctionnel de Paris. Les prévenus sont accusés de démarchage illicite et de blanchiment aggravé de fraude fiscale.

Emplois menacés

Autre événement, nettement plus réjouissant, prévu en octobre: la plus importante entrée à la Bourse suisse depuis au moins dix ans. Il s’agira de l’IPO («initial public offering») d’environ 30% du capital de Credit Suisse (Schweiz) AG, société constituée en novembre. Cette opération aboutira à la cotation de deux titres Credit Suisse différents à la corbeille helvétique.

L’agenda 2017 nous réservera aussi des nouvelles sur le sort de l’entreprise pharmaceutique bâloise Actelion Ltd et du leader mondial des matériaux de construction, le groupe saint-gallois LafargeHolcim. A cela s’ajoutera bien sûr une multitude de surprises, imprévisibles et empêchant toute prétention d’exhaustivité. Analyste financier indépendant, Jérôme Schupp estime néanmoins que le «cas Syngenta» justifie une attention toute particulière.

«Plus les incertitudes se prolongent au sujet de l’avenir de l’agrochimiste bâlois, plus les emplois me paraissent menacés dans cette entreprise», prévient Jérôme Schupp. L’analyste rappelle en outre que les doutes ne sauraient être propices aux affaires de Syngenta: «Les décisions vouées au long terme occupent en effet une place prépondérante dans la vie quotidienne d’une telle firme. Elles portent souvent sur le développement de produits hautement stratégiques. Un ralentissement accroît vite le risque d’être dépassé par ses concurrents.»

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