Pfizer veut fusionner avec son concurrent AstraZeneca

PharmaLe géant américain de la pharmacie Pfizer a annoncé lundi être toujours intéressé par une fusion avec son concurrent britannique AstraZeneca, qui continue de refuser la transaction. Une première offre avait été faite en janvier.

Le siège social de Pfizer, à New-York.

Le siège social de Pfizer, à New-York. Image: Reuters

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En pleine fièvre des fusions dans la pharmacie, le géant américain Pfizer veut racheter son concurrent anglo-suédois AstraZeneca. La transaction, susceptible de représenter plus de 100 milliards de dollars, donnerait naissance à un nouveau mastodonte dans ce secteur.

Après des jours de spéculations qui avaient fait bondir AstraZeneca en Bourse, le numéro un mondial a confirmé noir sur blanc qu'il voulait racheter le groupe anglo-suédois. Une première offre a été soumise au début du mois de janvier et une deuxième approche a été faite le 26 avril, a déclaré Pfizer lundi. Jusqu'ici AstraZeneca a décliné ces propositions.

Pfizer examine «ses options» face au refus d'AstraZeneca d'engager de nouvelles discussions au cours du week-end, selon le communiqué. Conformément au code boursier britannique, le géant américain devra indiquer au plus tard le 26 mai s'il compte faire une offre formelle sur AstraZeneca ou s'il y renonce.

Silence radio chez AstraZeneca

Pfizer avait soumis le 5 janvier une offre indicative au conseil d'administration d'AstraZeneca à 46,61 livres, qui valorisait AstraZeneca à environ 58,8 milliards de livres (87 milliards de francs), soit une prime d'environ 30% par rapport au cours d'AstraZeneca du 3 janvier, mais les discussions entre les deux groupes avaient pris fin le 14 janvier.

Une porte-parole d'AstraZeneca a déclaré que l'entreprise n'avait aucun commentaire à faire après les déclarations de Pfizer, ajoutant que la société allait réfléchir à sa réponse. Cet éventuel rachat serait l'une des plus importantes opérations de croissance externe dans l'histoire de la pharmacie.

Attrait pour Pfizer

«La combinaison de Pfizer et d'AstraZeneca pourrait accroître encore la capacité à créer de la valeur pour les actionnaires des deux groupes et amener un portefeuille étendu de traitements importants aux patients», relève le PDG de Pfizer, Ian Read, cité dans le communiqué.

Pfizer mettrait la main sur un portefeuille prometteur d'immunothérapies, des traitements expérimentaux du cancer qui renforcent le système immunitaire pour mieux lutter contre les tumeurs. Pfizer est confronté à une perte des brevets sur ses «blockbusters» dont son anti-cholestérol vedette Lipitor.

Selon certains observateurs, la volonté de Pfizer d'utiliser d'énormes liquidités engrangées à l'étranger qu'il ne veut pas rapatrier aux Etats-Unis pour des raisons fiscales explique aussi son intérêt pour une cible en pleine restructuration qui reste fragile. Mais à moins de se lancer dans une opération hostile, il va lui falloir convaincre AstraZeneca.

Son patron, le Français Pascal Soriot n'avait pas manqué d'afficher jeudi sa perplexité face aux «grandes fusions-acquisitions» qui «peuvent parfois fonctionner mais sont souvent très perturbantes» pour les entreprises.

Novartis comme modèle

AstraZeneca préférerait des accords comme celui annoncé mardi dernier par le britannique GSK et le géant bâlois Novartis dans le cadre duquel le premier a vendu sa division oncologie au second et lui a racheté sa branche vaccins. Dans la foulée, Novartis a cédé sa division de santé animale à Eli Lilly.

Le canadien Valeant, associé au milliardaire Bill Ackman, vient de lancer une OPA hostile à plus de 45 milliards de dollars sur le fabricant californien du Botox, Allergan, tandis que l'américain Merck cherche à céder son activité de médicaments en vente libre. (ats/nxp)

Créé: 28.04.2014, 11h37

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