La pharma sauve les exportations suisses

CommerceLe seul site de Novartis à Stein (AG) réalise 14% de la valeur des produits vendus hors des frontières du pays.

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En comparaison internationale, il n’y en a point comme nous, pourrait-on dire. La Suisse a en effet réussi la performance inégalée de traverser la pire crise financière et économique des dernières décennies, celle de 2007-2008, sans y laisser trop de plumes.

Contrairement à d’autres pays, la Confédération n’a pas dû se surendetter pour relancer son économie, qui a connu, depuis le krach financier, une certaine croissance. Certes, le franc fort pèse sur certaines entreprises exportatrices, alors que les taux négatifs ainsi que l’apathie des marchés ont fait reculer la performance des caisses de pension. Mais il faut savoir que ces développements négatifs sont principalement importés en Suisse par les difficultés que connaît l’Union européenne, notamment la perte de valeur de sa monnaie, l’euro.

Diversité moindre

Malgré tout, ces apparences positives sont sur le fond trompeuses. Le pays est en fait touché par une évolution profonde et néfaste à long terme de son économie. Quelques voix viennent de s’élever pour montrer de quoi il s’agit. Elles disent en substance: «Attention, la diversité de l’économie suisse est en train de se réduire. C’est un grand problème car cette diversité assurait jusqu’à présent à la Suisse une très grande souplesse et une grande capacité d’absorption des risques, les différentes branches la composant ne réagissant pas de la même manière aux chocs.»

A la fin d’avril, Lukas Gähwiler indiquait en effet «que ces dernières années, la croissance économique suisse a surtout été générée par l’immigration et par une forte demande domestique, ainsi que par des dépenses plus élevées dans l’administration et la santé.» Le directeur d’UBS en Suisse lançait alors un cri d’alarme: «Le passage d’une croissance axée sur les exportations à une telle croissance fondée sur l’économie domestique n’est pas durable.»

Martin Neff, économiste en chef du groupe Raiffeisen, lui emboîtait il y a quelques jours le pas et affinait l’analyse: «Il y a vingt-cinq ans, la branche pharmaceutique comptait pour 10% des exportations suisses, une part qui atteint maintenant plus de 35%. Sans la pharma, la balance commerciale suisse (le rapport entre les exportations et les importations) serait déficitaire depuis des années.»

Ce fort développement de la pharma est à mettre en regard avec la réduction de l’importance de la chimie, qui est passée de 13% à 7% de 1990 à 2015, et de l’industrie suisse des machines et de l’électrotechnique. En 1990, celle-ci comptait pour 32% des exportations suisses, une part qui a fondu actuellement de moitié à 15%. La part de l’horlogerie a connu une légère augmentation, en passant de 8% à 11%.

Stein, leader mondial

Ce poids toujours plus fort de la pharma dans l’économie suisse saute aux yeux quand on visite le centre de production de Novartis à Stein, dans le canton d’Argovie, ce que nous avons pu faire la semaine passée suite à une table ronde. C’est depuis Stein, au bord du Rhin, face à l’Allemagne, que l’ensemble de la production réalisée en Suisse par la multinationale est réuni avant de partir à 99% pour l’étranger.

La valeur que cela représente est impressionnante, puisque Stein exporte chaque année des médicaments pour une valeur de 29 milliards de francs, ce qui correspond à 14,3% du total des exportations annuelles suisses (de 203 milliards). Ce qui fait de ce centre de production le plus important parmi tous les groupes pharmas à travers le monde en terme de volume.

Pour se limiter au rôle de cet éminent acteur de l’économie suisse, il faut encore rappeler que Novartis a investi l’an passé 3,6 milliards de francs en Suisse dans la recherche et le développement, largement plus du tiers du total de son budget annuel dans ce domaine. De plus, le groupe, qui compte 13 000 employés en Suisse, a acheté des services et des produits pour 169 millions de francs dans le canton de Vaud, et pour 75 millions dans celui de Genève l’an passé, sur un total de 2,8 milliards réalisés en Suisse. Les risques économiques suisses ont ainsi tendance à se concentrer.

Créé: 19.05.2016, 10h48

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