La pharma veut croire au «Made in Switzerland»

EconomieUCB Farchim vendredi dernier, Merck Serono lundi prochain, l'actuel sursaut industriel de la branche démontre que les rêves d'une «Health Valley» romande perdurent.

Roland Doliveux (2e depuis la droite) coupe le ruban lors de l'inauguration de la nouvelle unité de production de Bulle.

Roland Doliveux (2e depuis la droite) coupe le ruban lors de l'inauguration de la nouvelle unité de production de Bulle. Image: Gérald Bosshard

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L’ambiance était à la fête vendredi du côté de Bulle (FR). Le groupe UCB Farchim inaugurait sa toute nouvelle unité de production. Après trente mois de travaux et un investissement de près de 300 millions de francs, ce nouveau centre de production de biotechnologie bactérienne sera dédié essentiellement au Cimzia, le dernier produit phare du groupe qui traite des symptômes de la Polyarthrite et de la maladie de Crohn (650 millions de chiffre d’affaires en 2013).

Hasard de calendrier, cet événement sera suivi lundi par une autre inauguration: celle des nouveaux bureaux de Merck Serono à Aubonne, là où le groupe a conservé un site de production depuis son départ de Genève. Du coup la question se pose, assiste-t-on à un ultime sursaut industriel de la pharma en Suisse romande, ou entre-t-on dans cette ère nouvelle qui devrait donner naissance à la fameuse «Health Valley» romande dont beaucoup rêvent? Roche Doliveux, le directeur général à l’origine de l’extension d’UCB dans le canton de Fribourg amène quelques éléments de réponses à cette vaste problématique. Interview. – Pourquoi avoir choisi d’étendre votre centre de production en Suisse plutôt qu’ailleurs?
– Deux arguments principaux nous ont convaincus que la Suisse était le bon pays. D’abord il faut comprendre qu’une usine de biotechnologie nécessite un savoir-faire de pointe. Or l’une des forces de la Suisse est d’être parvenu à construire son économie durant les cent dernières années sur un tel savoir-faire. – Avez-vous un exemple concret l’illustrant?
– Prenez le fonctionnement impeccable de notre nouvelle usine à Bulle. Je vous assure qu’arriver à mettre en marche une machine réclamant une technologie de pointe si complexe sans couac et sans un certain temps d’adaptation, d’ajustement, c’est exceptionnel! – Vous évoquiez un second argument expliquant votre choix de vous étendre en Suisse…
– A cette qualité du savoir-faire suisse s’ajoute la stabilité de vos institutions tant politique, économique que fiscales. – Justement la donne est en train de changer, prendriez-vous la même décision aujourd’hui?
– Je ne peux vous cacher que nous sommes un peu inquiets des dernières évolutions et des réformes en cours. Mais ce qui est fait et fait et je pense que j’aurais adopté la même stratégie. – En produisant en Suisse, est-il vraiment possible d’être concurrentiel?
– En termes de coûts de production, juste après notre usine en Inde, le site de Bulle est celui qui nous coûte le moins cher au monde. Malgré les salaires suisses élevés, nous nous démarquons par notre capacité à faire du «right in the first time» (en français de «faire bien du premier coup», ndlr) et d’éviter ainsi des frais de retraitement qui dans notre métier peuvent être extrêmement onéreux. – Croyez-vous en une «Health Valley» Suisse romande?
– J’y crois fortement. Car les grands centres d’innovation naissent dans des endroits où vous trouvez des universités très performantes et des entreprises innovantes. La transformation depuis dix ans de l’EPFL et sa capacité à attirer des projets comme le Humain Brain Project montre que nous sommes dans la bonne direction.

Lire l'intégralité de l'interview dans notre édition de ce samedi

Créé: 18.10.2014, 15h21

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