Un rapport de la FINMA éclabousse encore Raiffeisen

Place financièreAprès le conseil d’administration, les autorités visent la direction de la 3e banque suisse.

L’ex-président de la direction du groupe, Pierin Vincenz (à gauche). Patrik Gisel, successeur de Pierin Vincenz (à droite).

L’ex-président de la direction du groupe, Pierin Vincenz (à gauche). Patrik Gisel, successeur de Pierin Vincenz (à droite). Image: G.Bailly / D. Agosta

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Décidément! Que reste-t-il de l’image du groupe Raiffeisen Suisse? Le mois dernier, le directeur de la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), Mark Branson, pointait du doigt des manquements du conseil d’administration de la troisième banque du pays. Maintenant, l’étau semble se resserrer autour de Patrik Gisel, l’actuel président de la direction du groupe saint-gallois.

Le conseil d’administration s’est ainsi vu reprocher d’avoir gravement négligé son devoir de surveillance à l’égard de l’ex-directeur général, Pierin Vincenz, aujourd’hui accusé de gestion déloyale par le Ministère public de Zurich. Ce manquement des administrateurs aurait permis au suspect, au moins potentiellement, de «bénéficier d’avantages financiers aux dépens de la banque», selon la FINMA.

Prise de risque

La direction ne se serait évidemment pas non plus révélée irréprochable, comme le confirme un rapport de la FINMA, dont la SonntagsZeitung a eu connaissance. Entre des crédits à la firme Leonteq AG, un as zurichois de la fintech et des produits structurés, des crédits privés à son patron, Jan Schoch, et des prises de participation dans le capital de cette société, Raiffeisen se trouverait exposé à un risque portant sur plus d’un demi-milliard de francs.

Au cours de ce processus, le conseil d’administration n’aurait pas été informé par le management, conformément aux prescriptions. La prise de risque sur Leonteq AG n’aurait en plus pas été correctement comptabilisée. Ces faits se seraient produits entre les printemps 2013 et 2015. Pierin Vincenz se trouvait aux commandes de Raiffeisen jusqu’en septembre 2015. La FINMA indiquait encore le mois dernier qu’elle ne disposait pas d’indices justifiant l’ouverture d’une procédure contre la direction.

Le contexte paraît néanmoins un brin embarrassant pour l’établissement. Le successeur de Pierin Vincenz, Patrik Gisel, est en effet membre de la direction du groupe depuis déjà dix-huit ans. À tout cela s’ajoute la démission immédiate, en mars, d’un président du conseil d’administration en fonction depuis sept ans, Johannes Rüegg-Stürm, alors qu’il prévoyait d’assumer ses fonctions jusqu’en 2020.

Un statut inapproprié

Au-delà des personnalités, Raiffeisen Suisse, fondée en 1899, se trouve confrontée à une remise en cause imminente de son identité originelle, une structure regroupant 255 banques coopératives autonomes. «Raiffeisen Suisse est tenue de procéder à un examen approfondi des avantages et des inconvénients de sa transformation en société anonyme», a ainsi ordonné la FINMA le mois dernier.

Peter V. Kunz, professeur de droit économique à l’Université de Berne, estime que l’actuel statut juridique de Raiffeisen n’est plus approprié aux activités d’une banque devenue, en quelques années, le troisième groupe bancaire suisse: «Il constitue un risque systémique avec deux défauts majeurs: un morcellement de l’actionnariat, posant le problème de la dissolution de la banque en cas de crise, et le contrôle dysfonctionnel des instances dirigeantes, du fait d’une dispersion des propriétaires et de l’absence d’une discipline boursière.» (24 heures)

Créé: 09.07.2018, 09h15

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 24 septembre 2018.
(Image: Bénédicte?) Plus...