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Un réseau de soins à domicile privé pour des patients, pas des clients

Stéphanie Cornu-Santos a la fibre entrepreneuriale. Un ADN familial qu’elle met au service des personnes «fragilisées».

Stéphanie Cornu-Santos dans la salle de formation de son réseau de soins, met la priorité dans l’opérationnel.
Stéphanie Cornu-Santos dans la salle de formation de son réseau de soins, met la priorité dans l’opérationnel.
Jean-Paul Guinnard

Au départ, il y a dix ans, La-solution.ch fournissait toutes sortes de services privés à domicile, en particulier le ménage, mais pas de soins. Très rapidement, toutefois, explique sa directrice, Stéphanie Cornu-Santos, elle a senti, avec son mari – ils ont fondé la société ensemble –, qu’il y avait un très important besoin de telles prestations pour les personnes fragilisées. La jeune entreprise privée basée à Montagny-près-Yverdon se lance dès 2011 dans les soins à domicile, après avoir entrepris les démarches auprès des autorités concernées.

Après moins d’une année, les soins – du registre de l’assurance-maladie – représentaient 80% de son activité, ce qui révèle l’ampleur des besoins. La-solution.ch est devenue le pendant privé du réseau des CMS. Elle va s’occuper cette année de quelque 1200 personnes, avec un effectif de près de 300 collaborateurs (à taux d’activité moyen de 70%), dont une majorité de femmes. Un personnel qui va de la dame de compagnie à l’infirmière, en passant par l’auxiliaire de santé ou l’assistante de soins. «Nous avons fait un important virage en décidant d’être une entreprise médicale», relève Stéphanie Cornu-Santos. Les prestations sont fournies aux personnes disposant d’une ordonnance prescrite par un médecin, généralement de famille. Mais, précise-t-elle avec insistance, «ce sont des patients, pas des clients».

Aider suscite la méfiance

L’idée de cette entreprise, raconte Stéphanie Cornu-Santos, vient de son mari, Junior Santos, ancien footballeur pro brésilien devenu entraîneur, dont elle a fait la connaissance dans le cadre du FC Yverdon Sport. Son père, Paul-André Cornu, présidait le club et elle était responsable du marketing. Au Brésil, il est courant, pour les personnes fragilisées, malades ou handicapées, de rester au domicile familial, mais d’être prises en charge – jour et nuit en cas de besoin – par une aide-soignante qui vit au sein de la famille. Junior Santos, qui vivait en Suisse depuis plus de cinq ans, a été choqué de découvrir comment ces personnes étaient traitées dans notre pays. Quand il a lui-même cherché à aider une dame très âgée dans un magasin, il a suscité sa méfiance et a pris conscience, dit-il, du fossé culturel.

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La-solution.ch veut développer une relation personnalisée entre le patient et les soignants qui s’occupent de lui, relève la directrice. Il s’agit de réduire au maximum le nombre d’intervenants par patient, de prévoir un horaire à leur meilleure convenance, de les informer des changements. Cette planification de l’équipe de soins est la tâche la plus importante de la di-zaine d’employés des bureaux de Montagny-près-Yverdon (situés dans la zone commerciale). Près de 100 véhicules circulent chaque jour dans tout le canton de Vaud et la Broye fribourgeoise. Bien que nord-vaudoise, l’entreprise compte 60% de ses patients autour du Léman. Concentrée sur cette organisation des soins à domicile, la société sous-traite la comptabilité des fournisseurs ainsi que toute l’administration des ressources humaines.

Coût horaire moindre

Stéphanie Cornu-Santos assure cependant que cette qualité de prise en charge ne se paie pas par une facture plus élevée. Au contraire, affirme-t-elle, le coût à l’heure des services de son entreprise serait nettement inférieur à celui de son grand concurrent public. La cheffe d’entreprise vise en effet l’efficacité maximale en simplifiant le réseau selon les lieux d’habitation des collaborateurs et en allégeant l’organisation des colloques au strict nécessaire. «Ma priorité, c’est l’opérationnel.» L’entreprise privée, qui a conclu une convention avec l’État pour la part de financement non couverte par l’assurance-maladie, tout en proposant des prestations aux personnes qui en ont les moyens, a grandi vite, mais sans le chercher, affirme-t-elle. Le bouche à oreille, ainsi que les conseils de médecins et d’hôpitaux, fonctionnent bien.

Fondation d’utilité publique

Au-delà de cette activité de base, Stéphanie Cornu-Santos pilote également la Fondation La-solution.ch, reconnue d’utilité publique, créée en 2016. Elle s’adresse aux bénéficiaires de subsides des prestations complémentaires AVS/ AI et fournit une aide à domicile pour le ménage et les repas à travers deux fonds alimentés par des dons privés. L’un, dit de «fin de vie», permet aux personnes âgées de vivre leurs derniers jours à la maison, entourées de la famille. Un fond d’urgence permet à des personnes fragilisées d’éviter l’hospitalisation grâce à quelques nuits de garde et une aide aux repas.

À 46 ans, Stéphanie Cornu-Santos, partage la direction avec son mari. Celui-ci n’a pas toujours été à ses côtés dans l’entreprise, puisqu’il a entraîné, avec succès, un club de foot à Dubaï entre 2010 et 2012. Elle s’occupait de leurs trois enfants, âgés aujourd’hui de 9, 11 et 14 ans. «Le dernier est né en même temps que l’entreprise. Ils ont tous trois grandi avec elle.»

Elle a pu compter sur l’aide de son entourage. Passionnée par ce qu’elle fait, dit-elle, le travail ne lui fait pas peur. Et elle a de qui tenir. Son grand-père était le fondateur de la fabrique de flûtes et boulangerie fine Cornu SA, à Champagne, reprise par son père et maintenant dirigée par son frère, Marc-André Cornu, qui ont beaucoup développé la société. Stéphanie, qui a grandi dans ce village, a fait une formation dans le marketing et longtemps (quatorze ans) travaillé avec son agence Saraï, à la fois pour l’entreprise familiale et le club Yverdon Sport. C’est d’ailleurs dans les locaux du stade municipal qu’est née La-solution.ch! «Comme mon père, je suis incisive et je prends les décisions rapidement, même si j’ai une fibre sociale en plus et, selon lui, un côté plus léger. On peut faire tous les cours qu’on veut, chef d’entreprise, c’est quand même dans l’ADN. Chez nous c’est une vocation.»

Publié le: 10.09.2018

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