Retour à Wall Street pour Dell

InformatiqueRetombé entre les mains de son fondateur, le géant américain s’est beaucoup diversifié, mais aussi fortement endetté.

Michael Dell prévoit désormais pour son groupe un retour en Bourse d’ici à la fin de l’année.

Michael Dell prévoit désormais pour son groupe un retour en Bourse d’ici à la fin de l’année. Image: Keystone

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Dans le secteur des nouvelles technologies – en particulier l’informatique –, les erreurs stratégiques sont souvent lourdes de conséquences, parfois même mortelles. Yahoo!, eBay, Groupon ou encore Nokia, Gopro et Kodak… Les exemples de sociétés peinant à sortir de la tourmente sont nombreux. Certaines y parviennent toutefois. Prenez Logitech: après une longue traversée du désert, l’entreprise d’origine vaudoise ne s’est jamais aussi bien portée.

Une autre société emblématique est en train de vivre une telle renaissance: le groupe Dell, dont le fondateur et grand patron, Michael Dell, prévoit désormais un retour en Bourse d’ici à la fin de l’année. Car depuis cinq ans, l’entreprise américaine n’est en effet plus cotée à Wall Street.

Grâce à certains soutiens financiers, tels que celui du fonds d’investissement Silver Lake, Michael Dell avait alors pu poser 25 milliards sur la table pour reprendre en mains la destinée de sa société et ne plus subir la logique «court-termiste» des présentations trimestrielles. Un moyen pour l’Américain de rebâtir, loin des regards, un empire fortement fragilisé.

Un empire en déclin

Après avoir connu le succès suite au lancement du premier PC en 1985, le fabricant américain, qui est même devenu en 1999 le premier vendeur d’ordinateurs au monde, a effectivement accumulé les déconvenues durant la première décennie du XXIe siècle.

La première a trait à son modèle d’affaires, basé sur des ordinateurs robustes, produits sur commande (ce qui permet d’éviter des stocks avides en superficie) et surtout particulièrement bon marché. Face à la concurrence asiatique menée tambour battant par Lenovo, Acer ou encore Asus, l’aspect «prix avantageux» n’a très vite plus fonctionné. Le rappel de 4 millions de machines en raison de batterie défectueuse finit par ailleurs de plomber un groupe dont la réputation reposait aussi sur la fiabilité des produits. Tout cela avant même l’arrivée des tablettes, qui accélère encore le déclin du fabricant de PC. Cette situation se répercute sur le cours en Bourse: après un pic à 100 milliards de dollars de valorisation boursière à la fin du siècle dernier, l’action Dell plonge.

Conscient que son groupe est malade, le fondateur en reprend le contrôle, dès 2007, des mains de Kevin Rollins, son ancien bras droit, à qui il avait confié les rênes trois ans plus tôt. Il faudra toutefois attendre la décennie suivante pour voir la célèbre marque sortir d’une longue traversée du désert.

Acquisition d’EMC

La recette pour renouer avec le succès, Michael Dell la trouve dans les solutions informatiques. Le big data, le cloud, la sécurité informatique, la réalité virtuelle… Dans l’esprit de l’entrepreneur américain, ces nouveaux champs d’action compenseront le déclin irréversible des ventes de PC. À coups de milliards de dollars, il rachète pléthore de petites sociétés, telles que Virtustream (hébergement d’applications critiques), Pivotal (cloud), SecureWorks (cybersécurité) ou encore VMware (virtualisation de serveurs). Cette dernière constitue même la plus grosse acquisition de l’histoire informatique mondiale.

En 2016, pour 67 milliards de dollars, Dell reprend en effet EMC, le leader mondial en matière de stockage de données. «En combinant les produits et technologies de nos deux entreprises, nous devenons le leader mondial d’un marché de quelque 2000 milliards de dollars», s’enthousiasmait alors le patron, persuadé que cette fusion permettrait à Dell de tirer parti de la prochaine révolution technologique: celle de l’Internet of Things (ndlr: Internet des objets en français).

Selon Achim Freyer, directeur commercial en Suisse, Dell estime aujourd’hui qu’il est crucial de poursuivre sur cette voie et de continuer à faire avancer l’innovation. «Dans cette optique, nous avons dépensé plus de 12,8 milliards de dollars en recherche et développement au cours des trois dernières années», dévoile-t-il.

Si l’entreprise américaine semble désormais mieux armée, elle n’est pas totalement tirée d’affaire. En plus d’être fortement endetté, Dell navigue dans des secteurs très concurrentiels et fait face à des acteurs de poids. Dans le domaine du cloud, par exemple, le groupe doit compter avec des géants qui, comme Amazon ou Microsoft, n’hésitent pas à casser les prix.

À Genève et Zurich

Rebaptisé depuis Dell Technologies, le groupe dépasse désormais les 80 milliards de revenus et emploie 140 000 personnes dans le monde. Pour ce qui est de la Suisse, si le géant informatique ne souhaite pas détailler le nombre de salariés qu’il emploie, il assure y «grandir actuellement (…) et y étendre (sa) surface de bureaux». Pour le moment, Dell exploite toujours deux sièges en Suisse: à Genève (Dell SA) et à Zurich (EMC Computer Systems AG).

(24 heures)

Créé: 11.07.2018, 19h33

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