Passer au contenu principal

Les salades hors-sol 2.0 de Combagroup bientôt sur les étals

La première serre de production automatisée de batavias de la jeune société de Molondin (VD) est en construction en France.

Dans la serre laboratoire de Combagroup à Molondin, près d'Yvonand, Stéphane Carrichon, chef des cultures, assure que les salades ne sont pas boostées artificiellement.
Dans la serre laboratoire de Combagroup à Molondin, près d'Yvonand, Stéphane Carrichon, chef des cultures, assure que les salades ne sont pas boostées artificiellement.
Olivier Allenspach

Les salades de nos magasins d’alimentation et du marché, hiver comme été, seront-elles bientôt toutes de production locale? On peut le croire en visitant la serre prototype de Combagroup à Molondin, village non loin d’Yvonand. Après plusieurs années de recherche et de mise au point, la jeune société a vendu sa première installation robotisée de culture de salade hors-sol au deuxième plus grand transformateur français. En construction près d’Orléans, celle-ci fournira ses premières batavias, pommées et feuilles de chêne au printemps prochain. Ces serres d’un nouveau type devraient aussi bientôt voir le jour sur nos terres.

Chez Combagroup, l’idée d’automatiser la culture de verdure sous serre a germé dans la tête de ses fondateurs – dont Benoit de Combaud – après avoir fait le constat du bilan accablant de cet aliment entre le producteur et le consommateur: «Je me demandais comment on peut avoir une production de meilleure qualité grâce à la technologie, en profitant de la demande pour des produits frais sans pesticides ni fongicides», remarque le Français, fils d’agriculteurs, qui a fait une école d’ingénieurs.

Plus en avion

«Nous voulons produire une salade fraîche toute l’année qui ne fait pas 3000 km de transport, parfois même en avion, pour arriver dans notre assiette, relève Serge Gander, directeur général. Pour cela, il a fallu revoir toute la chaîne de valeur et développer une nouvelle technologie. On appelle cela une smart salade.»

Cette serre laboratoire produit les légumes verts à feuilles: salades, choux (dont le kale ou le pakchoï) et herbes aromatiques (menthe, coriandre, basilic). Toutefois, la variété de salade laitue (pommée, batavia, feuille de chêne) représente 90% à 95% du marché. L’innovation développée par la start-up installée dans l’Agropôle du Nord vaudois est l’aéroponie mobile conjuguée à un espacement évolutif et automatique selon la taille de la plante, explique Serge Gander.

Une technique testée par la Nasa

Dans cette culture hors-sol, l’approvisionnement en eau et en éléments nutritifs naturels se fait sous forme de brumisation par pulvérisation continue d’une solution maison préparée sur place. La technique d’aéroponie a été expérimentée par la Nasa pour cultiver des légumes dans ses stations spatiales. Issues de recherches en agronomie sur les semences et le climat, les recettes sont adaptées selon les variétés et les saisons. Elles comprennent une quinzaine d’oligo-éléments (azote, potassium, phosphore, etc.) nécessaires à la pousse d’une salade, explique Stéphane Carrichon, maraîcher et chef des cultures. Mais pas plus, dit-il. «On ne force pas artificiellement la croissance et l’éclairage fonctionne au maximum quatorze heures par jour».

Afin d’améliorer la productivité, les jeunes plants sont posés sur rails. Ils se déplacent et s’écartent par un ingénieux système au rythme de leur croissance. Grâce à de nombreux capteurs connectés au système informatique, qui mesurent les conditions climatiques (température, humidité, ensoleillement), la gestion de la serre est automatisée. Et elle est surveillée à distance par smartphone. Ce qui fait dire à Serge Gander qu’avec cette nouvelle installation à espacement dynamique automatique, sa société est passée d’une culture en aéroponie 1.0 à un système 2.0.

Besoin en eau réduit de 90%

Selon Combagroup, son système de brumisateur breveté permet de réduire de 90% la consommation d’eau utilisée pour une même culture en champs. Et selon des tests de consommateurs, il n’y aurait pas de différences de goût. Les salades cultivées hors-sol sont lourdes, avec des feuilles épaisses, car cette méthode laisse les racines pousser de façon spectaculaire à l’air libre, contrairement à l’hydroculture, note avec satisfaction le dirigeant de Combagroup, qui se qualifie de «serial entrepreneur». Il est arrivé à la fin l’année dernière à la tête de la start-up pour lui faire passer un nouveau palier commercial, après trente ans passés en Asie dans l’industrie du packaging.

Actuellement, il est en «discussion avancée» avec plusieurs partenaires – des distributeurs et des chaînes de restauration – en France, en Grande-Bretagne, en Chine et au Moyen-Orient. En Suisse également, certains veulent implanter une telle production près de leurs centrales de distribution. Pour le secteur alimentaire, il s’agit aussi de sécuriser l’approvisionnement, soumis l’hiver aux aléas du transport. Une serre normale représente un investissement de 4 à 5 millions de francs, précise Serge Gander. Avec une surface de culture de végétaux d’environ un hectare, elle produit trois millions de têtes de salades par an, soit environ 800 tonnes. «Cela n’est pas réalisable avec les autres technologies actuelles, estime-t-il. C’est dix à quinze fois plus qu’en plein champ.»

Près de Dubaï

Premier client de Combagroup, la marque française Les Crudettes compte construire une surface totale de serres de 10 hectares, celle-ci étant placée au début de sa chaîne de coupe, nettoyage et emballage. Un autre partenaire, près de Dubaï, veut s’équiper d’un complexe de 40 ha et de toute la chaîne de production de salades – «de la graine au sachet» – qui serait fournie par la petite start-up vaudoise. Les installations étant fabriquées dans une entreprise spécialisée italienne.

Combagroup, qui emploie douze personnes, espère ainsi vendre dans les trois ans 25 à 30 ha de serres high-tech, conçues et développées entre Y-Parc, où la société Agrotech est née en 2012, et Molondin. Ce qui pourrait l’amener à tripler ses effectifs.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.