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Le satellite chasseur de déchets dans l’espace reste dans le timing de sa mission

Le développement de l’engin spatial conçu sous la direction de la start-up de l’EPFL Clearspace n’est pas remis en question.

Ce satellite araignée robotisé, à quatre membres, est capable de capturer en douceur les satellites hors d’usage et débris de fusées avant de les réorienter vers l'atmosphère terrestre où ils se désintègrent.
Ce satellite araignée robotisé, à quatre membres, est capable de capturer en douceur les satellites hors d’usage et débris de fusées avant de les réorienter vers l'atmosphère terrestre où ils se désintègrent.
Clearspace

Issu du centre spatial de l’EPFL, eSpace, le projet de satellite chasseur des débris de l’espace se poursuit sans être directement affecté par la pandémie. La société Clearspace, qui vient de recevoir un prêt de 100'000 francs de la Fondation vaudoise pour l’innovation technologique (FIT), dirige un important programme de l’Agence spatiale européenne (ESA) au sein d’un consortium dont le budget dépassera les 100 millions d’euros. Selon le CEO, Luc Piguet, le lancement du satellite chasseur est toujours prévu fin 2024 ou début 2025.

La jeune entreprise, fondée en début 2018 mais qui travaille depuis 2010 dans l’eSpace à ce projet, a pour mission de développer un système d’élimination des satellites en panne en orbite basse et de capture robotisée des déchets spatiaux. Son engin se présente sous la forme d’un satellite araignée de la taille d’une grande machine à laver pesant environ 400 kg. Doté de quatre membres robotisés, il pourra capturer en douceur les satellites hors d’usage et débris de fusées pour les expédier vers l’atmosphère terrestre, où ils se désintégreront.

28'000 km/h.

Clearspace relève que près de 2000 satellites sont opérationnels actuellement dans l’espace et plus de 3000 hors d’usage: «Avec l’usure, à l’occasion de collisions ou lors d’explosions, ces objets se désagrègent en morceaux de différentes tailles. L’ESA estime qu’il y en a actuellement plus de 34'000 mesurant plus de 10 cm. Circulant autour de la Terre à une vitesse de 28'000 km/h, tous ces objets se transforment en de dangereux projectiles représentant une vraie menace pour les activités spatiales et les astronautes.»

«À ce stade, le projet maintient son agenda, indique Luc Piguet. Nous allons nous adapter pour pouvoir démarrer les premières phases de collaboration avec les partenaires industriels européens en travail virtuel.» L’équipe, qui comprend 12 collaborateurs sur le site du Parc de l’innovation de l’EPFL et trois autres en Europe, travaille à plein temps à domicile. Des ingénieurs et doctorants à l’EPFL et à la HEIG-VD participent aussi au concept dans le cadre d’un projet Innosuisse.

Le budget des États membres de l’ESA (86 millions d’euros), formalisé en novembre dernier pour les trois prochaines années, n’est pas remis en question, précise le CEO. Et l’Agence spatiale continue ses activités en limitant les impacts sur ses programmes. «Notre projet est dans ses premières phases durant lesquelles les études et simulations se font principalement sur des systèmes informatiques. À ce stade, nous avons encore peu de risques d’impacts sur des chaînes d’approvisionnement.»

Besoin d'investisseurs

Son inquiétude face aux retombées du coronavirus pour sa société tient à la part de financement à laquelle elle s’est engagée – un quart de la mission initiale – avec des partenaires sponsors. Elle a besoin d’investisseurs pour le développement de l’infrastructure et du service commercial. Des discussions sont en cours avec de potentiels partenaires, relève Luc Piguet.

Ce dernier reste toutefois optimiste: «Nous sommes en phase d’engagement et passons une partie de nos journées à procéder à des interviews avec des candidats expérimentés qui nous rejoindront au début de notre mission ESA. D’ici à la fin de cette année, Clearspace devrait atteindre 25 employés.» Par ailleurs, il est probable – selon lui – que la société «crée des entités locales dans d’autres pays durant la mission»

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