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Six avions sur dix restent au sol au 4e jour de la grève à Air France

Le bras de fer se poursuit entre les pilotes d'Air France et leur direction autour du développement de la filiale à bas coût de la compagnie Transavia.

De nombreux avions d'Air France restent cloués au sol sur le tarmac de l'aéroport de Roissy.
De nombreux avions d'Air France restent cloués au sol sur le tarmac de l'aéroport de Roissy.
AFP

La tension était encore vive ce jeudi 18 septembre autour du litige développement de la filiale à bas coût de la compagnie, Transavia, Au 4e jour de la grève des pilotes d'Air France, six avions sur dix devaient rester bloqués sur le tarmac, comme les jours précédents.

Depuis lundi, le mouvement est massivement suivi, par 60% des pilotes selon la direction (75% d'après le SNPL AF Alpa, syndicat majoritaire). Autant de grévistes se sont déclarés pour ce jeudi 18 septembre , selon la compagnie, malgré un appel du Premier ministre Manuel Valls à «arrêter cette grève».

En conséquence, seuls quatre avions sur dix (42%) doivent décoller dans la journée, une proportion similaire à celle de la veille.

Et les pilotes ont l'air déterminés à continuer. «La profession est derrière nous, la mobilisation est forte, cela montre que notre combat est juste», a déclaré mercredi Jean-Louis Barber, président du SNPL AF Alpa (syndicat majoritaire), à l'issue de la première assemblée générale organisée depuis le début du conflit. Le syndicat estime d'ailleurs que la direction minore le taux de vols annulés.

Jusqu'à présent, Air France n'a pas réussi à rassurer les pilotes sur ses projets. Pour réagir à la concurrence toujours plus vive de transporteurs à bas coût, le groupe AF-KLM veut développer la flotte de Transavia en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Contrat unique

Les pilotes ne se disent pas hostiles à la croissance de la low cost, mais conditionnent leur soutien à la mise en place d'un contrat de pilote unique pour toutes les compagnies du groupe Air France (Air France, Transavia, Hop!), qui préserve leurs conditions de travail, plutôt avantageuses.

La future Transavia Europe attise davantage leurs craintes encore: les syndicats redoutent du «dumping social» au sein du groupe et des transferts à terme de lignes vers la low cost européenne.

Air France juge la demande des pilotes, d'un contrat unique, irréaliste, car trop chère. La compagnie a tenté une ouverture en proposant de limiter l'augmentation de la flotte de Transavia France à 30 avions d'ici à 2019, contre 37 prévus, mais les pilotes n'ont pas été convaincus.

Mercredi soir, le groupe a fait un nouveau geste dans un courrier adressé aux 3900 pilotes de la compagnie, en proposant de conclure avec les syndicats un accord sur le partage des activités de Transavia France, Hollande et Europe. Un porte-parole de la compagnie a estimé que ces avancées étaient «de nature à rassurer les pilotes quant aux craintes infondées de délocalisation».

Le SNPL n'avait pas réagi dans l'immédiat, le Spaf (deuxième syndicat) jugeant l'offre «pas acceptable». Les négociations doivent reprendre jeudi à 10h00.

Un mouvement d'une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d'Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998. La direction évalue son coût de 10 à 15 millions d'euros par jour, hors dédommagements.

(ats)

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