La Suisse gagne une place au classement de l'IMD

CompétitivitéAlors que le WEF a dégradé la Suisse du 1er au 4e rang, l’International Institute for Management Development lui octroie à son tour une 4e place, soit un rang de mieux que l'an dernier.

L'institution Lausannoise fait gagner une place à la Suisse dans son classement, s'alignant avec celui du WEF.

L'institution Lausannoise fait gagner une place à la Suisse dans son classement, s'alignant avec celui du WEF. Image: Maeder

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D’année en année, en Suisse, les classements sur la compétitivité s’enchaînent. Suivant l’évolution des méthodes de calcul ou l’ajout de nouveaux critères d’analyse, ils parviennent le plus souvent à redistribuer légèrement les cartes et ainsi à conserver l’attention des médias et du public.

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Prenez celui du World Economic Forum (WEF) en fin d’année dernière. Depuis que les experts de cette institution ont revu en profondeur leur méthode de travail, la Suisse a chuté, notamment sur le plan de l’innovation. «Les brevets déposés par les grandes industries ne suffisent plus à évaluer le dynamisme d’un pays. La qualité de la recherche académique, mais également la culture du risque sont des éléments déterminants. Or, en Suisse, on voit encore l’échec comme stigmatisant, en comparaison avec les États-Unis ou Israël, où il fait partie intégrante du parcours d’un entrepreneur», expliquait Thierry Geiger, l’économiste du WEF, dans les pages du magazine «Bilan».

Au pied du podium

Longtemps en tête du podium du classement du WEF, la petite nation positionnée au cœur de l’Europe doit désormais se contenter de la médaille en chocolat. «Complaisance; illisibilité des tarifs douaniers; adoption faible d’idées disruptives; manque de risques entrepreneuriaux ou encore de visions des pouvoirs publics…» L’institution à l’origine du sommet de Davos présentait, il y a quelques mois, ce résultat comme une «mise en garde, un avertissement à l’égard de la Suisse».

L’indice publié mardi et établi cette fois par l’IMD débouche pourtant sur une conclusion un peu différente, puisque la Suisse y gagne un rang. Entre les deux dernières évaluations réalisées par l’institution lausannoise, elle est passée de la 5e à la 4e place. À en croire José Caballero, économiste senior au Centre de compétitivité mondiale de l’IMD, «cette évolution favorable s’explique notamment du fait que la Suisse, dans un contexte de tensions internationales défavorables (ndlr: marqué par la guerre commerciale sino-américaine), a su conserver une économie solide». Naturellement, la stabilité du franc est également soulignée par les experts de l’institution basée à Lausanne.

Méthodologie différente

Pour la première fois, les deux classements sur la compétitivité placent donc la Suisse à la même position. «Un pur hasard», assure José Caballero. Selon l’économiste de l’IMD, il ne serait pas correct de les comparer puisqu’ils se basent sur une liste de critères et une méthodologie différentes. «Or, le diable se cache dans les détails», explique-t-il en rappelant que leur indice est le résultat de l’analyse de 235 indicateurs divers et variés.

Pour prendre un exemple concret et particulièrement parlant à quelques jours de la grève des femmes (14 juin), l’IMD a pénalisé la Suisse de quelques places en raison d’une présence féminine en recul au parlement. Moins surprenant, en comparaison internationale, la Suisse reste très pénalisée en termes de coûts du logement ou de la vie de manière plus large.

L’enjeu politique

Sur certains points par contre, l’IMD et le WEF dévoilent des résultats très similaires, notamment pour ce qui est des compétences gouvernementales. Les deux pointent du doigt de nombreuses faiblesses, à l’exemple des barrières administratives. Le manque d’ouverture aux idées venues de l’étranger constituerait un frein à la compétitivité du pays.

À cela s’ajoute encore un manque de vision pour l’avenir, à en croire le WEF. En particulier par rapport à Singapour, pays très doué pour élaborer en avance ses axes futurs de développement, les politiciens suisses ne seraient pas très enclins à anticiper les enjeux et défis à venir. «Un cadre institutionnel solide offre aux entreprises la stabilité nécessaire pour investir et innover. De quoi assurer une meilleure qualité de vie aux citoyens», rappelle Arturo Bris, directeur du Centre de compétitivité mondiale de l’IMD.

Créé: 28.05.2019, 20h43

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