Tesa mesure son énorme potentiel dans l’industrie 4.0

Secteur secondaireTesa a investi ces dernières années à Renens pour moderniser ses ateliers où sont fabriqués ses nouveaux produits.

Ses produits connectés lui permettront de renforcer sa positio, notamment dans les secteurs de la mécanique et de la micromécanique.

Ses produits connectés lui permettront de renforcer sa positio, notamment dans les secteurs de la mécanique et de la micromécanique. Image: Florian Cella

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Née pendant la Seconde Guerre mondiale, la marque Tesa est depuis longtemps associée aux instruments de mesure de précision de pointe tels les micromètres, pieds à coulisse, trusquins (outils de traçage) et rapporteurs d’angle. Mais l’entreprise de Renens, qui célèbre son 75e anniversaire, n’a pas été épargnée par les cycles conjoncturels et industriels. Aujourd’hui pourtant, après avoir négocié une nouvelle restructuration douloureuse en 2015, elle est prête à entrer de plain-pied dans l’ère nouvelle appelée «industrie 4.0», la quatrième révolution industrielle.

Ses produits connectés lui permettront de renforcer sa position dans les secteurs de la mécanique, micromécanique, horlogerie, automobile, aéronautique et médical, où les processus de production sont de plus en plus automatisés et interactifs. Tesa compte sur sa nouvelle gamme de mesureurs verticaux Micro-Hite, lancée en novembre, qui servent à mesurer des pièces complexes sous toutes les coutures. C’est la ligne de production phare de la société dans laquelle elle est leader mondial, qui représente environ 20% de son chiffre d’affaires.

«Nous sommes un peu les cobayes de cette révolution»

L’instrument est désormais équipé d’éléments interactifs et d’un écran tactile qui facilitent l’utilisation et améliore la productivité. Selon la direction, il enregistre déjà une forte demande en Europe, comme en atteste ces jours la fièvre dans les ateliers de certification et d’expédition à Renens. Plusieurs personnes viennent d’ailleurs d’être engagées pour assurer les livraisons dans les délais.

Les appareils de mesure sophistiqués fabriqués ici s’intègrent notamment dans les solutions de production industrielle fournies par Hexagon Manufacturing Intelligence, l’une des divisions du groupe suédois qui a repris Tesa en 2001. Selon ses dirigeants, l’entreprise vaudoise profite ainsi «à fond» de l’avènement de cette industrie 4.0, puisque Hexagon fait partie des grands fournisseurs mondiaux de technologies de l’information dans les applications industrielles. Stefan Ruh, directeur général du groupe Tesa, arrivé en 2014, explique l’importance des instruments de mesures dans la chaîne de production digitale, qui permettent par exemple d’appliquer automatiquement des corrections de fabrication, mais aussi de personnaliser les procédés pour chaque entreprise. «Nous sommes un peu les cobayes de cette révolution», dit-il amusé.

Le millième de millimètre

L’usine vaudoise se concentre dès lors sur ces appareils de haute précision à forte valeur ajoutée, produits souvent en petites séries. «Dans nos pièces, nous cherchons le millième de millimètre» remarque Blaise Vuille, directeur des ventes, convaincu de l’«avance énorme» de Tesa sur la concurrence. Malgré les difficultés de 2015, le groupe a investi à Renens sur de nouvelles machines permettant de réduire drastiquement le temps de fabrication des pièces tout en améliorant la qualité, selon Jean-Daniel Gobalet, responsable de production. D’autres acquisitions sont prévues en 2017.

Le groupe investit en moyenne 4 à 5 millions de francs par an dans cette usine, précise Stefan Ruh «et cela va continuer». Suite à la crise de 2008-2009, les ateliers ont été réorganisés par étapes, par ligne de produits, pour l’assemblage des instruments, et pour automatiser la fabrication. L’entreprise a construit une tour de stockage automatisée, un nouveau laboratoire de recherche et développement ainsi qu’une salle blanche high-tech pour produire des senseurs tactiles et optiques destinés à d’autres unités du groupe Hexagon Metrology.

10% de frontaliers

Tesa emploie maintenant près de 300 collaborateurs à Renens, dont 170 à la production et logistique, sur près de 850 dans le groupe. Une part importante de la main-d’œuvre de ce site est de nationalité étrangère, mais habite en Suisse. Mais cette proportion ne date pas d’aujourd’hui explique la direction. Les frontaliers représentant environ 10% du personnel. Ce type d’engagement répond aussi à la difficulté à trouver des polymécaniciens.

Début 2015, alors que le franc s’envolait face à l’euro, Renens a perdu plusieurs dizaines d’employés. Mais cette restructuration avait commencé bien avant, relève le directeur général, même s’il admet que ce nouvel épisode du franc fort l’a accélérée. Il la justifie car certains produits étaient en concurrence avec d’autres au sein du groupe Hexagon et n’atteignaient pas la masse critique. Contrairement à l’horlogerie, dit-on chez Tesa, plus qu’au Swiss made, ses clients s’intéressent avant tout à la performance des instruments et à leur prix.

A l’image de Bobst ou Rüeger, Tesa fabrique dès lors lui aussi en Chine ses instruments historiques et basiques, tels les pieds à coulisse ou les micromètres. Plus de 400 employés travaillent dans l’usine du site industriel de Suzhou où le groupe a inauguré sa filiale chinoise en 2014. Après le recul de 2015, le chiffre d’affaires du groupe – 80% réalisés hors de Suisse – est en croissance cette année, indique Stefan Ruh, qui ne donne pas de détails. Il prévoit également que 2017 sera positif grâce à une bonne ventilation des affaires dans un marché global. (24 heures)

Créé: 11.12.2016, 21h06

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