Ventes et bénéfice en baisse pour ABB au 3e trimestre

ElectrotechniqueLe géant zurichois de l'électrotechnique annonce une baisse de son bénéfice net de 2% à 568 millions de dollars.

ABB a souffert des incertitudes économiques liées au Brexit et à la campagne pour l'élection présidentielle américaine.

ABB a souffert des incertitudes économiques liées au Brexit et à la campagne pour l'élection présidentielle américaine. Image: Keystone

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Continuant d'affronter des vents contraires un environnement économique incertain, ABB affiche une performance en repli au 3e trimestre 2016. Face à des commandes et des revenus en baisse, le géant zurichois de l'électrotechnique a vu son bénéfice net se tasser en un an de 2% à 568 millions de dollars.

Entre juillet et fin septembre, le chiffre d'affaires s'est contracté 3% à 8,25 milliards de dollars (8,19 milliards de francs), a précisé jeudi le groupe établi à Zurich. A périmètre de consolidation et taux de change comparables, les revenus sont restés stables.

Les commandes ont quant à elles présenté un repli nettement plus marqué, chutant en l'espace d'un an de 14% à 7,53 milliards de dollars. A fin septembre, le carnet d'ordres s'établissait à 24,56 milliards de dollars, un montant inférieur de 3% à celui présenté un an auparavant.

Le résultat opérationnel avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA) s'est pour sa part contracté de 3% à 1,05 milliard de dollars. En termes comparables, la baisse s'est limitée à 2%. ABB a cependant continué d'améliorer sa marge EBITA, celle-ci grappillant 0,1 point de pourcentage à 12,6%.

Action chahutée à la Bourse

A l'exception du bénéfice net, les chiffres se sont révélés inférieurs aux attentes des analystes. Sondés par l'agence awp, les experts anticipaient des commandes et des revenus de 8,36 milliards de dollars chacun, un EBITA de 1,096 milliard de dollars et un bénéfice net de 551 millions de dollars.

A l'image des analystes, les investisseurs ont sanctionné une performance jugée décevante, après une évolution plutôt favorable trois mois auparavant. Vers 10h00 à la Bourse suisse, le titre ABB, sous l'assaut de prises de bénéfices, plongeait de 6,41% par rapport à la clôture de la veille à 20,59 francs. Dans le même temps, l'indice SMI des valeurs vedettes s'appréciait imperceptiblement de 0,09%.

Sur la période sous revue, ABB a souffert des incertitudes économiques liées au Brexit et à la campagne pour l'élection présidentielle américaine, a expliqué son patron Ulrich Spiesshofer, lors d'une conférence téléphonique. Frein aux investissements, ce climat difficile n'est pas resté sans impact sur les commandes.

Le vote des Britanniques en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE) a généré de grosses incertitudes, non seulement dans le pays, mais dans toute l'Europe, selon M. Spiesshofer. Et le phénomène ne devrait d'ailleurs pas s'estomper de sitôt.

Commandes en chute libre en Grande-Bretagne

L'Allemand a estimé la chute des ordres en Grande-Bretagne durant le trimestre sous revue à plus de 50%. Certes l'an passé, ABB y avait décroché un gros contrat, mais les commandes de base ont elles aussi fortement diminué, soit de 20%.

La course à la Maison Blanche à Washington va elle continuer de représenter un motif de retenue de la part des clients. M. Spiesshofer a aussi attribué le plongeon des commandes à l'attentisme de ces derniers face au sort que réservait ABB à sa division des Réseaux électriques (Power Grids), laquelle génère le tiers des revenus du groupe.

Pour mémoire, en début de mois, la multinationale zurichoise a renoncé à céder cette unité, refusant de céder aux souhaits de certains actionnaires de référence, dont le fonds d'investissements suédois Cevian Capital. ABB a jugé plus opportun de poursuivre le processus de transformation de Power Grids.

Pour le patron d'ABB, la clarification de la situation de cette division suscite des attentes significatives en termes de commandes. Pour l'heure, nul ne sait cependant quand interviendra le retour à la croissance en la matière, a noté M. Spiesshofer.

Perspectives incertaines

Reste que le groupe ne ménage pas ses efforts pour retrouver le chemin de la croissance. La transformation de Power Grids se poursuit comme prévu, ABB ayant annoncé en septembre la cession des activités dans les câbles à haute tension à l'allemand NKT Cables pour 904 millions de francs.

Idem pour le programme de réduction des coûts visant en particulier l'administration du groupe et qui doit se solder par des économies de 1,3 milliard de dollars. Le montant des charges qui lui sont liées devrait d'ailleurs être inférieur de 100 millions de dollars à celui initialement prévu.

Evoquant la suite de l'exercice, ABB fait preuve de prudence, les récents développements au niveau macroéconomique et géopolitique livrant une image mitigée dans un climat marqué par l'incertitude. Toutefois, l'économie américaine continue d'évoluer favorablement. La croissance de la Chine devrait se poursuivre, mais un rythme plus modéré que celui de l'an passé. (ats/nxp)

Créé: 27.10.2016, 07h00

Nouveau chef des finances dès avril 2017

Un changement se profile au sein de la direction générale d'ABB. A compter du 1er avril 2017, le Finlandais Timo Ihamuotila assumera la fonction de chef des finances du géant zurichois de l'électrotechnique. Il succédera à Eric Elzvik, en poste depuis février 2013.

Actuel responsable des finances de l'équipementier en télécommunications finlandais Nokia, M. Ihamuotila occupe cette fonction depuis 2009, annonce jeudi ABB, en parallèle à la publication de ses résultats trimestriels. Né en 1966 à Helsinki et docteur en économie, Timo Ihamuotila a étudié les sciences économiques à la Helsinki School of Economics, avant d'entamer sa carrière dans la finance.

Le futur chef des finances viendra renforcer la direction d'ABB et son nouveau directeur numérique (Chief Digital Officer) Guido Jouret, un pionnier de l'internet des objets. Double national belge et américain, M. Jouret a aussi oeuvré pour Nokia, plus précisément sa filiale californienne Nokia Technologies.

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