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L'ex-patron d'Audi va être jugé pour «fraude»

L'ancien patron d'Audi et trois de ses cadres sont poursuivis par la justice allemande pour «fraude», dans le cadre de l'affaire du Dieselgate.

Les résultats 2019 du groupe Daimler ont été plombés par le scandale du Dieselgate. (Mardi 11 février 2020)
Les résultats 2019 du groupe Daimler ont été plombés par le scandale du Dieselgate. (Mardi 11 février 2020)
Keystone
Le gouvernement canadien a accusé lundi Volkswagen d'avoir sciemment importé au Canada des voitures qui ne respectaient pas les normes sur les émissions polluantes. (9 décembre 2019)
Le gouvernement canadien a accusé lundi Volkswagen d'avoir sciemment importé au Canada des voitures qui ne respectaient pas les normes sur les émissions polluantes. (9 décembre 2019)
AFP
Une plainte collective a été déposée jeudi pour les clients suisses lésés par la tromperie des moteurs truqués de Volkswagen. La Fondation alémanique des consommateurs (SKS) intente cette action inédite contre le groupe allemand et Amag, l'importateur de VW en Suisse. (Jeudi 7 septembre)
Une plainte collective a été déposée jeudi pour les clients suisses lésés par la tromperie des moteurs truqués de Volkswagen. La Fondation alémanique des consommateurs (SKS) intente cette action inédite contre le groupe allemand et Amag, l'importateur de VW en Suisse. (Jeudi 7 septembre)
Keystone
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L'ancien patron d'Audi Rupert Stadler a été renvoyé à son tour devant la justice allemande au sujet du scandale des moteurs diesel truqués, comme celui de Volkswagen mi-avril, quatre ans après l'éclatement de cette affaire tentaculaire.

Rupert Stadler et trois autres cadres ou ex-cadres d'Audi devront répondre de «fraude», «émission de faux certificats» et «publicité mensongère» devant des magistrats spécialisés dans les infractions économiques, qui boucleront la phase d'instruction, a annoncé le parquet de Munich.

Bientôt le procès

Les quatre hommes se trouvent ainsi dans l'antichambre d'un procès, au même stade que l'ex-patron du groupe Volkswagen, Martin Winterkorn, renvoyé en avril pour «fraude aggravée», «abus de confiance» et «violation de la loi contre la concurrence déloyale» par le parquet de Brunswick aux côtés de quatre autres prévenus.

Occasion très attendue d'établir des responsabilités individuelles, la tenue du premier procès pénal du dieselgate dépend désormais des juges de Munich et Brunswick, dans ce scandale à tiroirs né en 2015 chez Volkswagen, la maison-mère d'Audi.

Le parquet reproche à M. Stadler, 56 ans, d'avoir continué à écouler quelque 434'000 voitures diesel équipées de logiciels truquant leurs émissions de dioxyde d'azote, alors qu'il a eu connaissance «au plus tard fin septembre 2015» de cette manipulation.

Audi déjà condamné

De tels systèmes permettent de déjouer les tests antipollution en masquant des émissions dépassant parfois, en conditions réelles, jusqu'à 40 fois les normes autorisées.

Dans le détail, l'enquête concernant M. Stadler et les trois responsables non identifiés d'Audi vise «250.712 voitures de marque Audi, 71.577 de marque VW et 112.131 de marque Porsche», vendues principalement en Europe et aux Etats-Unis, précise le parquet.

Entré chez Audi en 1990 et PDG depuis 2007, M. Stadler avait déjà été en juin 2018 le premier dirigeant de l'automobile placé en détention provisoire dans ce dossier, soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins ou d'autres suspects.

Il avait été remplacé dans la foulée par le Néerlandais Bram Schot, un transfuge du rival Daimler arrivé chez VW en 2011, avant d'être remis en liberté à l'automne dernier. «Sous sa direction, Audi est devenue une entreprise couronnée de succès à l'international», plaide le constructeur dans un communiqué, appelant à respecter la présomption d'innocence «jusqu'à ce que les accusations soient clarifiées» par la justice.

Audi avait pour sa part consenti en octobre 2018 à payer une amende de 800 millions d'euros décidée par le parquet de Munich, en raison de «manquements» à son «devoir de surveillance» concernant l'homologation de voitures diesel.

Actionnaires et clients

Deux amendes sur cette même base juridique, la seule permettant de condamner pénalement une entreprise en Allemagne, avaient été infligées aux marques Volkswagen en juin 2018 puis Porsche en mai dernier.

Mais ces décisions laissent subsister les multiples enquêtes visant à clarifier les responsabilités individuelles en Allemagne. Celle du parquet de Brunswick, compétent pour la région où Volkswagen a son siège, concerne ainsi près de 40 personnes.

L'ancien patron du géant automobile nommé à l'automne 2015, Matthias Müller, est directement visé par ces investigations, de même que l'actuel PDG du groupe Herbert Diess, et le président du conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch.

Depuis septembre 2015

Le dieselgate, qui entache la réputation de l'industrie allemande et précipite le déclin de cette motorisation, avait éclaté en septembre 2015 chez Volkswagen avant d'éclabousser une grande partie du secteur.

L'agence américaine de l'environnement avait accusé le premier constructeur mondial d'avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel d'un logiciel truqueur. Le scandale a depuis coûté quelque 30 milliards d'euros à Volkswagen en amendes, rappels de véhicules et dédommagements.

Et le mastodonte de l'automobile affronte actuellement un grand procès d'actionnaires, qui réclament au total quelque 9 milliards d'euros d'indemnités, tandis qu'un autre se profile après une requête groupée rassemblant plus de 410.000 clients.

(AFP)

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