Facebook refuse à son tour de payer les éditeurs

EconomieEmboîtant le pas à Google, Facebook ne rémunérera pas les éditeurs français, comme le veut la loi.

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C’est un nouveau coup dur pour les éditeurs français: Facebook a fait savoir mardi qu’il ne les rémunérera pas lorsqu’ils publieront leurs contenus sur la plateforme, pas plus qu’il ne paiera lorsque ces contenus sont partagés par ses 2,4 milliards d’utilisateurs. Et ce, qu’il s’agisse d’extraits d’articles, d’images ou de vidéos. Les éditeurs n’auront plus d’autre choix que de céder ces contenus gratuitement, ou, s’ils refusent, ceux-ci seront affichés sous forme dégradée, c’est-à-dire juste un titre et un simple lien, sans aucune mise en valeur.

En revanche, le réseau social n’est pas opposé à étendre à la France son service Facebook News, qui vient d’être lancé aux États-Unis, et qui peut payer certains médias. Une proposition qui a fait bondir le directeur général du groupe Figaro, Marc Feuillée: «Cela n’a rien à voir avec le droit voisin et je ne vois pas comment ce partenariat pourrait valoir mise en conformité avec ce droit.» Et d’ajouter: «On sent que Facebook voudrait discuter avec nous, mais maintenant il y a une loi qui est votée et il faut d’abord respecter la loi.»

Directive européenne

La France est le premier pays européen à s’être doté d’une loi en la matière, laquelle vient d’entrer en vigueur ce 24 octobre. Elle vise la mise en application de la directive sur les droits d’auteur, votée en mars par le Parlement européen. Celle-ci devait permettre aux éditeurs de toucher une partie des revenus publicitaires, majoritairement captés par les géants du numérique, les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple), au détriment des médias qui voient leurs ressources s’amenuiser inexorablement. Cette directive stipule que, d’une part, les éditeurs peuvent autoriser ou bloquer la diffusion de leurs contenus sur ces plateformes, et donc négocier un tarif, ce qu’on appelle le «droit voisin», et que d’autre part celles-ci doivent s’engager à ne pas se réfugier derrière leurs utilisateurs qui publient eux-mêmes certains contenus de presse pour ne pas respecter les droits d’auteur.

Le cas français sert donc de laboratoire à la mise en œuvre de cette directive. Or les GAFA ont choisi la voie de la résistance. Il y a un mois, Google adoptait une posture semblable à celle choisie par Facebook. Soit les éditeurs acceptent que leur contenu soit repris sur Google News avec un titre, du texte et une illustration, mais gratuitement, soit ils n’entrent pas en matière, auquel cas la nouvelle ne sera affichée que de manière sommaire – un titre et rien d’autre.

Les éditeurs ont déposé une plainte devant l’Autorité de la concurrence pour «abus de position dominante». Il y a fort à parier qu’elle soit étendue au cas de Facebook.

Créé: 29.10.2019, 21h17

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