La Fed sous pression pour augmenter ses taux

Politique monétaireUne banque centrale américaine moins généreuse offrirait un ballon d’oxygène à la Suisse.

Image: OECD 2015

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Après la Banque centrale européenne (BCE) au début du mois et la Banque nationale suisse (BNS) jeudi passé, c’est au tour de l’institut d’émission des Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed), de divulguer à son tour ses choix de politique monétaire aujourd’hui.

La messe est dite

L’événement aura une portée planétaire car tout le monde ou presque estime que cette fois, ça y est. Après huit ans d’une politique ultra-accommodante pour les investissements, en raison de la crise, la Fed pourrait bien, la première parmi les banques centrales qui comptent, commencer doucement à augmenter ses taux d’intérêt directeurs et faire un peu moins tourner la planche à billets.

«Même si les dernières données conjoncturelles venant des Etats-Unis sont un peu moins bonnes, cela ne devrait jouer aucun rôle» sur la décision de la Fed de rehausser tout de même ses taux, écrivent Claude Zehnder et Christian Brändli, spécialistes auprès de la Banque Cantonale de Zurich.

La messe semble aussi dite pour UBS: «Tous les signes aux Etats-Unis parlent en faveur d’une hausse des taux», soutient Dominik Studer, un de ses économistes.

Les entreprises suisses seront pendues aujourd’hui aux lèvres de Janet Yellen, la présidente de la Fed. De l’avis général, une hausse des taux américains permettra de lever la pression sur le franc suisse, en étant voué à perdre de sa valeur. Car le billet vert – le dollar – offrira alors un meilleur rendement. Les exportations suisses vers les Etats-Unis devraient ainsi en profiter.

Par ricochet, une dévaluation du franc est probable même par rapport à l’euro. L’effet positif pourrait alors aussi se faire ressentir du côté du commerce de détail avec un recul des achats hors de Suisse.

Marcher sur des œufs

Mais tout n’est de loin pas gagné. La Fed devra faire preuve d’un grand doigté. «Ce qui sera déterminant, c’est le nombre de hausses que la Fed mettra en perspective pour 2016, poursuit Dominik Studer. Un trop grand nombre de hausses pourrait couper les reins de la croissance américaine en valorisant trop fortement le dollar», indique-t-il.

La dévaluation du franc par rapport à l’euro devrait surtout venir d’une meilleure santé de l’économie européenne, prévue en hausse de 1,7% en 2016, contre un gain de 1,5% pour la Suisse, selon la BNS.

Malgré cela, la poursuite du programme européen de soutien économique en tout cas jusqu’en septembre 2017 implique que les «taux négatifs suisses ne pourront pas reculer avant cette date», poursuit le spécialiste d’UBS. Nannette Hechler-Fayd’herbe, cheffe de la stratégie d’investissement de Credit Suisse, prévoit aussi «des taux longtemps négatifs en Suisse», eux qui pèsent beaucoup, par exemple, sur la prévoyance suisse.

Créé: 16.12.2015, 09h34

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