La fin des intérêts négatifs se rapproche un peu

Politique monétaireUn retour d’inflation appréciable en janvier permet d’espérer un allégement de charges imposées notamment aux épargnants.

Thomas Jordan, président de la direction générale de la Banque Nationale Suisse (BNS).

Thomas Jordan, président de la direction générale de la Banque Nationale Suisse (BNS). Image: BNS

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La fin des taux d’intérêt négatifs se rapproche. Lentement, mais sûrement. Cette prévision tend à devenir plus fréquente chez de nombreux experts, du fait notamment d’un retour d’inflation appréciable en janvier. L’indice des prix à la consommation a ainsi progressé le mois dernier de 0,3%, sur un an. Le même rapport, en janvier 2016, était encore de moins 1,3%. Nous sommes certes encore loin de l’objectif d’inflation tant attendu, proche de 2%. Le début de cette année nous permet toutefois de repasser au-dessus de zéro pour la première fois depuis août 2014.

«A vrai dire, les conditions actuelles s’avèrent très bonnes. De sorte que, non seulement en Suisse, mais aussi en Europe on parlera d’une fin de la politique des taux d’intérêt négatifs», estime Felix Brill, directeur général du cabinet de conseil zurichois Wellershoff & Partners Ltd. De récents propos du président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS), favorisent en plus un tel optimisme.

«Cette politique (des taux d’intérêt négatifs, ndlr) a des effets secondaires indésirables. Comme celui d’une marge de manœuvre limitée en politique monétaire puisque cela inciterait des personnes à thésauriser de l’argent liquide. Cela peut d’autre part développer des conséquences néfastes sur la stabilité financière», évaluait Tomas Jordan déjà en octobre.

Remède si souvent décrié

Bref rappel sur la nature de ce remède contre le franc fort, si souvent décrié. Tout avait commencé avec moins 0,25% en décembre 2014, puis le triple dès le mois suivant. Ces taux d’intérêt négatifs sont perçus sur les comptes de virement des banques, hébergés à la BNS et contenant plus de 10 millions de francs. Des banques avaient d’ailleurs manifesté l’intention de répercuter cet «émolument» sur les comptes de leurs clients si la BNS prolongeait l’application d’une telle mesure.

A l’instar de la Banque Migros le 8 août dernier. Puis de la Banque Cantonale de Genève vingt-quatre heures plus tard. Sans donner toutefois de suite concrète à ce propos. L’établissement soleurois Banque alternative suisse avait pour sa part instauré un taux d’intérêt négatif de 0,125% sur les comptes-courants il y a un an. La Banque genevoise Pictet & Cie SA a commencé à prélever 0,75% sur les dépôts d’au moins 1 million de francs le 1er mars 2015.

Impossible d'y échapper

Mais quelle que soit la banque choisie, l’épargnant n’a à vrai dire aucune chance d’échapper complètement aux taux d’intérêt négatifs. Les caisses de pension, gérant actuellement environ 800 milliards de francs d’avoirs de prévoyance professionnelle (deuxième pilier) sont en effet directement touchées par cette mesure. De sorte que l’an dernier la rémunération minimale du deuxième pilier est passée de 1,75% à 1,25%. Décision prise par le Conseil fédéral.

Heureusement, un retour d’inflation renforce les chances d’abandon du traitement douloureux. Aux tendances réjouissantes observées en janvier en Suisse (plus 0,3%) s’ajoutent celles observées en zone euro (plus 1,8%) et aux Etats-Unis (plus 2.5%). Le site financier zurichois cash.ch évoque en outre les prévisions pour la Suisse de l’institut de recherche macroéconomique britannique Consensus Economics Inc: plus 0,3% cette année et plus 0,7% l’an prochain.

Avant de céder à quelque euphorie, les épargnants ne doivent cependant pas oublier que l’euro s’affaiblit régulièrement par rapport au franc depuis l’été dernier. Le 31 août, il coûtait encore presque 1,10 franc. En ce moment, il excède à peine 1,066 franc. Cette évolution n’accélère évidemment pas l’abandon des taux d’intérêt négatifs, encore moins en songeant aux incertitudes liées aux prochaines élections présidentielles françaises du printemps.

Créé: 20.02.2017, 16h30

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