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EmploiDes firmes de retour en Suisse grâce au numérique

Des petites sociétés ayant délocalisé reviennent sur le territoire en raison de l'automatisation des activités. Du personnel qualifié est recherché pour faire fonctionner ces machines.

Depuis 2001, entre 15 et 23% des sociétés ont transféré des emplois à l'étranger.
Depuis 2001, entre 15 et 23% des sociétés ont transféré des emplois à l'étranger.
Keystone

Les bas salaires et les coûts moindres à l'étranger poussent les entreprises suisses à délocaliser. Peu d'entre elles reviennent. Grâce à l'automatisation, la production sur le territoire helvétique pourrait, néanmoins, redevenir rentable.

Quelque 150 emplois chez ABB à Genève, 235 chez Roche à Kaiseraugst (AG) et 180 chez Meyer Burger à Thoune (BE): ce ne sont là que trois exemples récents de délocalisations à l'étranger. Plus d'une entreprise suisse sur six a déplacé tout ou partie de sa production hors des frontières helvétiques entre 2012 et 2015.

Ces chiffres émanent de l'enquête sur l'industrie manufacturière européenne. Pour la Suisse, la Haute école spécialisée de Lucerne a interrogé 770 entreprises de plus de 20 collaborateurs. Depuis le début des sondages en 2001, entre 15 et 23% des sociétés ont transféré des emplois à l'étranger.

Automatisation favorable à la Suisse

Un retournement de tendance n'est, certes, pas encore perceptible, mais une perspective positive se dessine. L'automatisation permet de produire moins cher en Suisse. Dans l'ensemble, moins d'employés sont nécessaires, car les opérations de routine peuvent être effectuées par les machines. Pour programmer et faire fonctionner celles-ci, du personnel qualifié est, en outre, recherché.

Sur ce point, les experts estiment que la Suisse est bien placée face à la concurrence. L'un de ses avantages: son haut niveau de formation, relève Stefan Pfister, directeur de KPMG Suisse. Selon une étude du cabinet d'audit et de conseil, le travail numérique pourrait coûter un tiers de ce qu'il vaut actuellement dans les pays à bas salaires. Et ce, avec une qualité et une productivité accrues.

Matthias Ehrat de la Haute école spécialisée de Zurich «observe une nette tendance à la reprise de la production en Europe et en Suisse grâce aux nouvelles technologies». Selon lui, les entreprises réalisent actuellement des investissements importants en Suisse et rapatrient la production. A l'instar de l'entreprise bernoise Wander, qui appartient depuis 2002 à Associated British Foods.

Depuis 2017, la société concocte à nouveau entièrement sa pâte à tartiner Ovo à Neuenegg (BE). Auparavant, la matière première était livrée en Belgique, où elle était transformée en produit fini.

Selon l'enquête précitée, 4% des entreprises procèdent à des relocalisations. «Les petites sociétés qui ont délocalisé leurs activités principalement pour des raisons de coûts reviennent», souligne Bruno Waser, professeur à la Haute école spécialisée de Lucerne et responsable de l'étude en question. Les multinationales produisent, elles, à l'étranger pour se rapprocher le plus possible de leurs marchés de vente.

Les coûts demeurent, néanmoins, le principal motif de délocalisation, relève Bruno Waser. Le franc fort a accru les écarts et favorisé le phénomène. Depuis 2012, les délocalisations ont augmenté, tandis que les relocalisations ont diminué. «La vigueur du franc a entraîné la suppression de nombreux emplois.»

Meilleure logistique

Les entreprises qui sont revenues n'ont pas réalisé les économies de coûts escomptées à l'étranger, explique Bruno Waser. Les pays d'Europe de l'Est et d'Asie ont rattrapé leur retard en termes de salaires et de coût de la vie. «Surtout, les sociétés sont souvent confrontées à des problèmes de qualité et disposent de moins de flexibilité après une délocalisation», indique le professeur.

L'économie tire les leçons des délocalisations. Les entreprises entendent désormais contrôler toutes les étapes de la production. Les avantages: une meilleure coordination ainsi qu'une simplification du transport et de la logistique, note Matthias Ehrat. Autres points forts, selon Stefan Pfister: la fidélité du personnel, la sécurité juridique et la protection des données.

Les relocalisations ne vont, toutefois, pas s'effectuer du jour au lendemain, prévient Stefan Pfister. Même en cas de difficultés à l'étranger, les entreprises hésitent à revenir. «Beaucoup veulent donner une chance à leurs investissements à l'étranger.»

Les experts contactés s'accordent sur un point: les relocalisations ne généreront pas la création de nombreux emplois. L'automatisation réduit les besoins en personnel. La relocalisation a, du reste, des retombées positives sur l'économie. «Les entreprises achètent leurs équipements et font appel à des prestations de services en Suisse», fait remarquer Bruno Waser. Grâce au numérique, les sites de production existants sont conservés et de nouvelles entreprises peuvent être séduites.

ats

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